Sainte Florence

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Dieu se souvient de toi, Florence au teint de rose,
Toi qui si fréquemment as surmonté le mal ;
Il peut voir que ton âme est une fleur éclose
Malgré le ciel obscur et le froid hivernal.

Tu connais l’Écriture et les savantes gloses,
Celles que mit en oeuvre un esprit monacal ;
Tu connais l’Adversaire et ses métamorphoses
Et les moindres recoins du domaine infernal.

Tu n’as jamais commis le péché de luxure,
Ni laissé triompher le diable tentateur ;
Nous reconnaissons là ta vaillante nature.

Lorsque redescendra le Fils consolateur,
Il t’accompagnera, sans te laisser seulette,
Vers un jardin magique où les anges volettent.

Cochonfucius

Reflets d’inframonde

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Plus d’un démon fut ange, en sa prime jeunesse ;
Et ce fut une vie d’espérance et d’amour ;
Que leur en reste-t-il ? trop lointains sont ces jours,
Ils n’en savent plus rien, ces maîtres de tristesse.

Les enfers sont peuplés de ces corps en détresse
Qui pensent que le mal dominera toujours ;
Leur âme se morfond et leur coeur reste sourd,
Ne leur en parle point, la vérité les blesse.

L’antichapelle est là, dans la fosse profonde,
Où l’on entend chanter les prêtres d’inframonde,
De leur Pater Noster se souvenant parfois.

Or, ces anges perdus n’ont jamais eu de mère :
Un Salve Regina ne serait pas sincère
Si l’un d’entre eux voulait le dire à pleine voix.

Cochonfucius

La Reine Avette

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Une ruche va bourdonnant
Sans craindre le froid de l’automne,
Le miel du trèfle provenant
Nourrira quelques faims gloutonnes.

La reine songe maintenant,
Parmi ses filles qui chantonnent,
Aux jours sans rien de surprenant
Que suivent des nuits monotones.

Car son envol, c’est du passé
Dont fut son amant fracassé ;
En l’évoquant, son coeur se serre.

Plus question d’aller dans le ciel,
Car nous sommes, sur cette terre,
Le troupeau d’un marchand de miel.

Cochonfucius

Flamme d’inframonde

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Bien trop chaude est pour moi cette flamme qui danse,
Même Dieu ne pourra l’éteindre désormais ;
Il vaudrait certes mieux n’en approcher jamais,
Je ne commettrai point cette grande imprudence.

Pour combustible elle eut un bois de transcendance,
Un démon pour gardien qui sur elle soufflait ;
Ne la regarde point, ni même son reflet,
Car tu serais sa proie, et c’est une évidence.

Au long des jours d’enfer la flamme brûlera,
Au long des jours terriens le Diable en parlera ;
Feu de l’éternité, grand bûcher du mystère.

Restons près du jardin, à l’ombre de la Croix ;
En cette fin d’hiver, le temps est un peu froid,
Elle nous chaufferait, mais nous n’en voulons guère.

Cochonfucius

Planète Arc-en-ciel

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Sur cet astre, toujours, il règne un temps d’automne,
Ses habitants sont lents, ils sont graves et doux ;
Sur leurs continents règne un maître aux cheveux roux,
Roi sans nul courtisan, monarque sans couronne.

Ils prisent les bienfaits de Flore et de Pomone,
Ainsi que de Bacchus, étant hommes de goût ;
La nuit, dans la forêt où chantent les hiboux,
Les meilleurs sont instruits par des muses friponnes.

Ils ne sont pas à plaindre, il ne leur manque rien,
Jamais ils ne voudraient devenir des Terriens ;
Ayant de meilleurs fruits, de meilleures bouteilles,

Aimant leur Créateur et son cousin Logos,
Étant même parfois favorisés d’Éros,
Ils s’endorment sans crainte, et sur leurs deux oreilles.

Cochonfucius

Roseau méditant

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Ce roseau pousse auprès d’une mare ignorée,
Il aimerait s’instruire et ne sait pas comment ;
Un Bouddha pourra-t-il l’éclairer brusquement ?
Verra-t-on sur ces bords une muse inspirée ?

Roseau, la connaissance est source de tourments,
La mémoire faiblit quand elle est encombrée :
Écoute simplement ta grenouille adorée
Dans l’éclat du soleil qui baisse lentement,

Puis, vois cette clarté par la brume effacée,
Reste, autant que possible, un roseau sans pensée,
Tu n’as pas à chercher la clé de l’Univers.

La soif d’érudition brûle comme une une fièvre,
Évite de porter cette coupe à tes lèvres :
Le savoir donne froid, c’est comme un vent d’hiver.

Cochonfucius

Lion d’azur insouciant

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Il ne croit pas au Dieu de l’Ancien Testament,
N’en pense même rien, mais honore quand même
Le fils du charpentier, on peut dire qu’il l’aime,
Lui dont le petit livre est plus beau qu’un roman.

C’est un fauve sans haine et sans rugissements,
Amateur de boisson, savourant des poèmes
Sous le soleil ardent et sous la lune blême ;
Le désert est pour lui un parfait logement.

Il n’a jamais souffert d’une ardeur militante,
Ni jamais prononcé de phrases éclatantes,
Ni jamais massacré la gazelle aux beaux yeux ;

Il aime se baigner dans une eau rafraîchie ;
Il aime aussi peigner sa crinière blanchie
Et rire de sa vie à la face des cieux.

Cochonfucius

Grandeur de Victor et des moineaux

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Toile de François Chifflard

Victor Hugo ressemble aux Pères du désert :
Son crâne où la pensée forme un vaste concert
Abrite aussi des mots qui de très haut lui tombent,
Ou qu’il vient d’exhumer d’une archaïque tombe.

Son trait peut aussi bien développer l’instant
Infinitésimal, ou s’en aller, sautant
De siècle en siècle, ainsi que le font les comètes
Allant, de loin en loin, prévenir les prophètes.

Grand comme il est, Hugo respecte les moineaux,
Même celui qui l’a traité de vieux fourneau :
Poètes, nous savons que nos frères à plume
Tout le jour, comme nous, ont leurs mots sur l’enclume.

*****

moine-de-sinople

Hugo la pagaille

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Mon père, ce vieux moine aux manières de fou
Suivi d’un glabougnot qui buvait comme un trou
Et qu’on voyait toujours muni d’une futaille
Priait en traversant la plaine sans entrailles
Que le Bouddha tirait de son coeur assoupi ;

Soudain, les dimensions permutèrent leurs plis
À cause d’un trou noir qui les mit en déroute
Et qu’Aurélien Barrau avait décrit, sans doute.
Alors il s’embarqua dans la nef de papier
Car c’était une mare où l’on n’avait pas pied.

La sirène promit de lui rester fidèle
S’il voulait réparer sa paire de bretelles,
Il la portait en lui comme un oiseau blessé,
Mangeant, sans le savoir, quelques marrons glacés.
Le trou noir lui semblait un présage de mort
Sur lequel il voulait rédiger un rapport.

Il plongea son stylo dans le point Oméga,
Lequel devint Alpha au prix de grands dégâts ;
Car la sirène était une enfant de sorcière,
Mais ne refusa point de boire de la bière.

Cochonfucius

Ressource inépuisable

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La corne d’abondance est fertile en hiver,
Donnant plus de produits que n’en connaît ma plume,
La gourmandise aux yeux des commensaux s’allume,
En la cheminée brûle une flamme d’enfer.

D’autres pour se nourrir préfèrent payer cher,
À chacun son budget, à chacun sa coutume,
D’autres cultiveront le goût de l’amertume
(Ces derniers sont un peu masochistes, c’est clair).

Au jardin les oiseaux dans une grande allée,
Picorent à loisir et prennent leur volée,
Ces modestes petits, ces enfants de l’azur ;

La corne d’abondance a fourni toutes choses,
Du fromage et du pain, des livres et des roses,
Du bon vin d’Aquitaine avec quelques fruits mûrs.

Cochonfucius

Arbre ténébreux

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Ce bel arbre naquit dans une forêt sombre ;
D’un inframonde obscur on y franchit le seuil
Sur lequel maint guerrier a perdu son orgueil,
Qui plutôt vainement de ses armes s’encombre.

C’est un arbre parmi les végétaux sans nombre,
Il connaît le grand ours, il connaît l’écureuil,
Aux petits des corbeaux il fait un bon accueil,
Il est calme et serein, ce citoyen de l’ombre.

Le bûcheron le tranche, il exerce son droit,
Puis il boit du vin rouge en soufflant sur ses doigts,
Et nos meubles sont faits de ramures défuntes.

Auprès du clair foyer, nous aimons nous asseoir,
Le tabouret de bois ne porte nulle empreinte
De ceux qui ont vécu près du tronc, dans le noir.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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