Bannière du royaume

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image de l’auteur

En ce pays sont les meilleurs des hommes,
Fort braves gens, chercheurs de vérité ;
De leur lignage ils n’ont rien hérité,
N’ont jamais vu la plus modeste somme.

Ils sont heureux de cueillir une pomme,
De savourer la chaleur des étés ;
Dans leur labeur, ils savent s’arrêter ;
Quant à leur dieu, c’est Bacchus qu’ils le nomment.

Ils ont la pêche, ils sont toujours farauds
Grâce au pinard des grandes vinothèques ;
Et leur bannière est celle des héros.

Les taverniers sont pour eux des évêques,
Les charcutiers servent de généraux :
Ah, s’ils pouvaient m’accepter pour métèque !

Cochonfucius

Vierge de métal

jeanne

Composition de l’auteur

Jeanne d’Arc est ici, de beau métal vêtue,
N’ayant, ce jour, mangé qu’un déjeuner frugal.
D’une cloche parvient le timbre musical,
L’Anglais, à se défendre, âprement s’évertue.

Femme du charpentier, ce matin, ta statue
A parlé à la vierge, au grand jardin ducal ;
Tu lui as commandé, sur un ton amical,
De ne point craindre l’homme, avec son bras qui tue.

Donc, ce grand guerrier noble, à l’assaut engouffré,
Malgré son effrayant visage balafré,
Ne triomphera point de la fille rustique.

Tout au plus, il aura d’elle un sourire humain,
Une pointe d’humour, peut-être un peu gothique,
Quand elle le fera prisonnier, de sa main.

Cochonfucius

Chat qui rêve

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image de l’auteur

Il rêve qu’on l’invite à manger des poussins ;
Mais un coq menaçant soudain vers lui se penche,
Alors il n’a plus qu’à sauter sur une branche
Et s’y tenir perché comme un sphinx abyssin.

Puis il rêve qu’il dort, blotti sur un coussin
Qui par magie devient un champ de neige blanche,
Mais il s’en va plus loin, craignant les avalanches,
Puis il croit s’éveiller près de mon traversin.

Une gaîté féline emplit son âme sombre,
Ses deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre,
C’est le lever du chat, c’est le moment des jeux ;

D’autres songes viendront, dans un autre registre,
De jardins assombris, de matins orageux ;
Le chat reste serein, dans son rêve sinistre.

Cochonfucius

Confrontation de deux allégresses

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Toile de Steven Douglas Chmilar

Au pays des pommadins, les nantis
ne dilapident pas toutes leurs minutes à être conduits à l’autel.
Outre l’affectation des trépieds, les palmes des anatidés réduisent
les apostrophes des épouses d’argent. Dans l’entournure du crincrin,
vous découvrirez les émissions sonores des orthoptères. Dans l’entournure
de l’ambidextre, vous découvrirez le produit pour se faire zigouiller.
Vous serez surpris de revoir la magnificence de vos psychés dans les
serres des rapaces. Observez ces minuscules amphisbènes inscrits
au calendrier qui, le jour d’avant leur première sauterie, projettent
de la semence avec leur poitrine. La prospérité a si bien perturbé leurs
aspirations qu’ils soumettent des devinettes immortelles aux brocanteurs
qui surviennent. Entendez les râles de ces filles d’Ève peignées en lépidoptère.

Planète Avril

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image de l’auteur

Sur la planète Avril sont des humains placides
Qui rêveraient pourtant d’être des chevaliers
Pour voir cet univers à leurs lois se plier ;
Mais ils sont abrutis par leur climat torride.

Il ne cultivent rien dans leurs steppes arides ;
Ils n’ont point de pommiers taillés en espalier,
N’élèvent pas non plus d’animaux familiers,
Leur vie est sans objet, leur existence est vide.

Ils maîtrisent pourtant la plume et le pinceau ;
De musique classique ils jouent quelques morceaux,
Cependant, tout cela les rend mélancoliques.

Je ne les juge pas, ni ne leur donne tort,
Car leurs jours ont aussi des côtés bucoliques,
Sans beaucoup de travail et sans la soif de l’or.

Cochonfucius

Arbre du capitaine

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image de l’auteur

À Moulinsart est un arbre de vie ;
Car Tournesol, par son entendement,
À le greffer réussit grandement,
Cher professeur ! Le monde nous l’envie.

Toute sagesse est par lui poursuivie ;
Il peut veiller sans craindre les tourments,
Ce grand chercheur, ce héros de roman,
Cet inventeur, ce maître en alchimie.

Vivant ainsi, le don que l’on acquiert
Pourra fleurir si la vie le requiert ;
Les découvreurs ne craignent point le blâme.

De longs traités furent par lui signés
Où sont de beaux résultats consignés,
Dedans lesquels est un peu de son âme.

Cochonfucius

Deux bouviers

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image de l’auteur

Les gardiens des taureaux, ce sont deux joyeux drilles ;
Du bel oiseau de sable, ils ont cette santé
Qui permet d’arborer, sans façon, des guenilles
Au milieu du terrain de sinople enchanté.

Leurs bestiaux, c’est leur vie, c’est un peu leur famille ;
Par les autres métiers, point ne seront tentés,
Ils ne rejoindront pas le peuple qui fourmillle
Matin, midi et soir, aux lieux trop fréquentés.

Animaux et gardiens, dont j’ai fait le portrait,
Par les beaux soirs d’été rivalisent d’attraits,
Créant une atmosphère à nulle autre seconde :

Car le taureau volant, ce prince de noirceur,
Est bien capable aussi de charmantes douceurs,
Et ses mots amusants font s’esclaffer le monde.

Cochonfucius

Rhapsode insatiable

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Composition de Cochonfucius

Le rhapsode a tant écrit
Qu’il ne connaît plus ses lettres :
Il confond le néant, l’être,
Et la musique et le cri.

Mais qu’importe son sort si nous aimons qu’il chante !
La nature avec lui ne fut point fort méchante.

Le rhapsode a tant parlé
Que seulette, en sa mémoire,
Lui revient la même histoire :
Le restant s’en est allé.

Mais qu’importent les mots, c’est une chose adverse ;
La chose favorable est le vin qu’on lui verse.

Le rhapsode a pour garant
Le souvenir nostalgique
D’un moine au regard tragique,
D’un théologien errant,

Fort en métaphysique et douteux en sagesse,
Mais qu’importe la foi, nous avons l’allégresse !

Cochonfucius

 

Château d’inframonde

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En ce tiède inframonde, il n’est pas de sommeil,
Les démons sont actifs dans leur château d’ivoire ;
Un ténébreux serpent de sinistre mémoire
Se souvient d’un beau fruit mûrissant au soleil.

Aux quartiers de banlieue l’inframonde est pareil ;
Je pourrais donc y vivre, ou bien, je veux le croire,
Car je suis familier de ces décors sans gloire
Issus d’un rêve noir sans espoir de réveil.

J’écoute les leçons d’une démone blonde
Qui veut mettre en repos mon âme vagabonde,
La noirceur du décor se reflète en ses yeux.

Je n’ai pas de regrets, ma vie ne fut qu’un songe
Et puisque je l’écris, ce n’est pas un mensonge ;
On dit la vérité, souvent, quand on est vieux.

Cochonfucius

Fleur de mémoire

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image de l’auteur

Formes, couleurs et voix, du passé ramenées
Quand les doigts de la pluie résonnent sur le toit,
Figure d’autrefois faiblement dessinée
Par un esprit songeur, est-ce moi, est-ce toi ?

C’est une lettre aussi, jadis acheminée
Vers une autre maison ; et certains soirs, je crois
La trouver sur la chaise ou sur la cheminée,
Sur la table de nuit, ou dans d’autres endroits.

La mémoire connaît les avoirs et les dettes ;
Les divers éléments qu’elle garde ou rejette
Sont tenus par ce fil qu’au labyrinthe on suit,

Et ceux que l’on croirait d’une importance moindre
Des plus graves d’entre eux ne se peuvent disjoindre,
Cent mille souvenirs ont dansé dans la nuit.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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