Triple résurrection

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C’étaient trois écoliers qui glanaient sur la lande ;
Chez le maître boucher quand ils se sont logés,
Ce méchant artisan, les ayant égorgés,
En façon de terrine a préparé leur viande.

Jamais il n’a vendu de cette chair friande ;
Au bout de sept années, nul n’y avait touché.
Le grand Saint Nicolas s’en vient voir le boucher :
Refusant le jambon, c’est ce plat qu’il demande.

Il verse sur la chair trois gouttes d’eau bénite
Et trois grains de sel pur. Trois coeurs alors palpitent,
Trois corps reprennent forme et sortent du saloir.

J’ai soif, dit le premier, donnez-nous de la bière ;
Le deuxième ajouta : Remplissez bien nos verres,
Le troisième observa : J’ai dormi comme un loir.

Cochonfucius

Trois petits minotaures

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image de l’auteur

Ces trois minotaures sauvages,
Les enfants d’un dieu souverain
Et d’une génisse d’airain,
Jamais ne seront en servage.

Jamais ils ne font de victimes
Ni ne sèment le désespoir ;
Mais ils chantonnent, vers le soir,
Quelques polyphonies sublimes.

Or, s’ils mangeaient un jour des roses,
Ils deviendraient dragons fumants
Ou bien, carnivores juments,
Deux funestes métamorphoses.

Cochonfucius

Quand les lions vont boire

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image de l’auteur

Au roi des animaux, les bouteilles divines
Font éprouver la joie qu’ivresse on peut nommer ;
Il vide les flacons, c’est sa façon d’aimer,
Il boit plus que son frère, officier de marine.

Des maîtres de vertu, la voix et la doctrine
Face à cet animal se doivent désarmer ;
Bacchus d’un tel disciple a le coeur enflammé
Qui chante sa louange en sa vaste poitrine.

Il a sa dignité, lui, ce n’est pas un porc,
Il trinque à ses beaux jours, il boit aux coups du sort,
Car les tire-bouchons sont faits pour qu’on s’en serve.

Toujours un noble vin figure à son menu,
D’Aquitaine tiré, de Bourgogne venu,
Un nectar qui l’inspire et qui le met en verve.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre au labyrinthe

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Composition de l’auteur

Piaf-Tonnerre a franchi le grand portail d’airain,
Déroulant le long fil que lui donna la reine.
Tout au long des couloirs une quête l’entraîne,
Curieux qu’il est de voir le grand monstre taurin.

Le Minotaure a vu ce curieux pèlerin
Lentement s’approcher de la sanglante arène,
Ne portant ni l’épée ni la lance de frêne ;
Il lui a demandé « Que me veux-tu, serin ? »

Piaf-Tonnerre, observant le monstre qui se cambre,
Se dit qu’il aurait dû, plutôt, garder la chambre ;
Il ne peut que frémir à ce mugissement.

Il cherche une réponse, il la veut bien choisie,
Et dit, se reprenant de son saisissement :
« Monseigneur, ma visite était de courtoisie. »

Cochonfucius

Un papillon

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Peinture japonaise

Un papillon de mai vole auprès du canal,
L’eau en est noire et froide, immobile et profonde.
Cet azur printanier vient-il de l’inframonde ?
Porte-t-il avec lui un message infernal,

Ou sort-il seulement du sommeil hivernal ?
A de telles questions, je doute qu’il réponde,
D’ailleurs, il n’est plus là, depuis quelques secondes ;
Ce n’était qu’un azur fugitif et banal.

Le temps que je l’observe, il a quitté la scène ;
Préférant au canal les berges de la Seine,
Il est parti d’ici pour ne plus revenir.

Ainsi à notre esprit des idées apparaissent,
Puis meurent dans l’instant où l’on s’y intéresse,
Sans que nous en gardions le moindre souvenir.

Cochonfucius

La Fontaine voit des raisins

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Caricature de Rhinoferoce

La Fontaine, toi-même étant devenu père
De cent mille animaux à la marche légère,
Tu leur fais déclamer d’amusantes leçons ;
Un Pêcheur est instruit par un petit poisson,

Le fin renard s’adresse aux corbeaux que nous sommes,
Et la mouche du coche, aux chevaux et aux hommes,
Transmet l’enseignement qu’elle a reçu des cieux.
Nous croyons voir passer, émerveillant nos yeux,

Ces nobles animaux et ces charmantes bêtes,
Et par leurs beaux discours, ils font notre conquête.
Nous croyons écouter le doux son de ta voix
Toi qui des narrateurs pourrais être le roi.

Tu nous fais dans les bois partir à l’aventure
Et donnes de ces lieux la plus belle peinture.
Tu ne sais si l’on va te décerner le prix,
Nous te l’avons donné, n’en sois donc pas surpris.

Cochonfucius

Grenouille du Pont de Pierre

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image de l’auteur

Récit du bon vieux temps, fable que j’ai tressée
Pour ce vif batracien que menace l’hiver ;
Que ma lyre pour lui soit la mieux cadencée,
L’honorant d’une page ou de quatorze vers.

Souvent, quand j’écoutais son printanier concert,
Mon âme se trouva de doux rêves bercée,
Même la tienne aussi, dame de mes pensées ;
Car la grenouille est noble, et sans en avoir l’air.

Un jardin d’autrefois m’inspire ce délire,
Jardin que je voyais comme un immense empire,
Dont la grenouille, ici, me parle simplement.

Je sais que ce chemin s’en va vers la nuit noire :
C’est la règle du jeu, ce n’est pas un déboire,
Qu’on soit simple mortel, qu’on soit prince charmant.

Cochonfucius

 

Le chevalier au lion

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image de l’auteur

Il aime partager les viandes savoureuses,
Il aime aussi monter son cheval singulier ;
Il ne perd point son temps en frasques amoureuses,
Il sert les grands seigneurs et les particuliers,

Parfois il ne fait rien, car son âme rêveuse
Ne perçoit pas les grains tombant au sablier.
Il suspend, pour un temps,sa course aventureuse
Et se sent étranger au monde familier.

On ne le voit jamais qui se donne en spectacle,
Sauf si, en acrobate, il franchit un obstacle,
Ou s’il trompe le Sphinx, qui en vain lui parla.

Il peut, quand il le faut, marcher jusqu’à l’aurore,
Après un tel effort, je vois qu’il chante encore
Un couplet célébrant le grand Saint Nicolas.

Cochonfucius

Lutin méditant

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image de l’auteur

Lui qui se dissimule entre les brins de paille,
De ma sombre taverne il n’est pas amateur ;
Ce n’est pas un mondain, ce n’est pas un flatteur,
La longue beuverie ne lui dit rien qui vaille.

Il a bien du respect pour les gens qui travaillent,
Mais préfère, pour lui, le repos enchanteur :
Il médite à loisir, il pense avec lenteur,
Ce lutin fort discret qui platement rimaille.

Les arbres sont présents, les nuages sont là,
Et son intelligence est dans un calme plat,
Je ne pourrai jamais le mettre à mon service.

Ce lutin m’a bien l’air d’être un homme sans loi,
Lui qui connaît pourtant le jardin et la croix,
Lui qui s’abstient pourtant de la plupart des vices.

Cochonfucius

Trouble ronsardien

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Toile de Vilhelm Hammershøi

Le miroir se regarde au feu de la chandelle.
Il s’inquiète du jour finissant et filant
Si précipitamment, en ayant l’air si lent.
Il reconnaît pourtant que la journée fut belle.

Ce qu’elle a de plus beau, c’est qu’elle est sans nouvelles,
Nul n’aura le besoin d’en faire le bilan.
D’où vient ce sentiment, tracas obnubilant,
Fantôme du reflet d’une angoisse éternelle ?

Le grand salon l’ignore, et, tranquille et dispos,
Dans le soir ténébreux se prépare au repos.
Le miroir garde en lui cette crainte accroupie,

Envers qui la chandelle a montré du dédain.
Allons, faut vivre avec, ça ira mieux demain,
Obscures sont parfois les choses de la vie

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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