Fantôme du chevalier inexistant

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À son inexistence on dit qu’il se soustrait ;
Que son absence d’âme au gré des vents s’envole
Et que son écuyer, vautré dans l’herbe folle,
Remue à son propos des souvenirs abstraits.

En rêve il nous redit ses lucides paroles
Qui montrent la droiture à notre coeur distrait ;
Mais comment ferons-nous pour brosser son portrait,
Lui, de chevalerie le plus parfait symbole?

Ainsi que des oiseaux trouvant vide leur nid,
Nous déplorons qu’il soit parti dans l’infini,
Lui, dont si dépouillé nous parut l’art de vivre.

Normal, inexistant, lequel plus longtemps vit ?
Les deux vont à la mort qui notre âme ravit,
À laquelle, un beau jour, notre destin nous livre.

Cochonfucius

Sirène parolière

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La sirène a dit des mots véritables;
Issue de l’Espagne, où sont les bons vins,
Chanteuse enchantée qui vers nous s’en vint ;
Or, ce qu’elle écrit, c’est inimitable.

Sur ces pages-ci, je m’efforce en vain,
Mon travail n’est pas toujours profitable ;
Pourtant j’aime ça, c’est indubitable,
Ainsi l’ont voulu les décrets divins.

Que m’importe, aussi, j’écris dans le vide,
Sans rien de sérieux, sans rien de perfide ;
Des mots appelant, d’autres répondant.

Ce n’est pas ainsi qu’on devient prospère,
Mais ça divertit (du moins, je l’espère)
Mes gentils lecteurs, pas trop regardants.

Cochonfucius

Moulin du tsar

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Le tsar, maître du monde, il est seigneur du vent ;
Quant à nous, qui allons où le vent nous entraîne,
Nous portons bravement notre nature humaine,
Nous, les simples mortels, nous, les petites gens.

Il possède un moulin, le tsar, dans son domaine
Où nous portons le blé au long de la semaine,
Tout ce que nous avons, et quel que soit le temps ;
Le tsar donne du pain, car il n’est pas méchant.

Il donne la brioche à ses belles maîtresses,
Paysannes du coin qui charment sa vieillesse ;
Créateur et Démon le bénissent tous deux.

Aux ennemis du tsar le moulin fait envie,
Car ils n’ont jamais eu, de toute cette vie,
Que du mauvais pain noir qu’ils partagent entre eux.

Cochonfucius

Nelligan de Pâques

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Toile de Francis Bacon

Le fils du charpentier n’a pas dit « Prends l’argile
Et fais-en ma statue pour orner les couvents ».
L’homme n’est point censé se prosterner devant
La représentation d’un prophète fragile.

Il fut sage penseur à l’expression subtile,
Et métaphysicien, et rhapsode rêvant,
Cet auteur a laissé souffler sur lui le vent
De l’Esprit. La lecture était, pour lui, facile

De la réalité, des devoirs et des droits,
Car il n’est point monté par hasard sur la croix,
Nouvel arbre dressé au jardin de son père.

Apprenons la leçon de l’héritier pensif :
L’adoration n’est pas dans les cris convulsifs,
Mais dans l’acceptation d’un quotidien calvaire.

Cochonfucius

Agonie à Roncevaux

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C’est le comte Roland, où donc est sa grandeur ?
Ce vaincu, ce mourant s’appuie contre une souche,
Son orgueil avec lui se flétrit et se couche,
Le voici regrettant son ancienne verdeur.

Or, en nulle occurrence il n’a manqué d’ardeur,
Mais le doigt de la Mort en cet instant le touche,
Plus d’épée en sa main, plus de cor en sa bouche,
Mais des membres mourants où s’en vient la froideur.

À Roncevaux, pourtant, sereine est la nature
Qui de son Créateur est une portraiture ;
Car jamais on ne vit un ouvrage plus beau.

Le poète impérial prépare une louange,
Les peintres de la Cour pensent à des tableaux,
Et, dans le ciel de Dieu, j’entends prier les anges.

Cochonfucius

Avec Wystan

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Assemblage de Cochonfucius

Victor, amoureux d’Anne, est son doux compagnon ;
Les gars de son bureau profitent de l’aubaine.
Victor va consulter l’oracle de la plaine.
L’oracle a répondu « À cela je dis non ».

Victor interrogea la cime des grands monts,
Cime dont le verdict lui parvint, non sans peine,
Mais négatif aussi ; toute indulgence humaine
A quitté à présent son esprit moribond.

Un grand couteau à viande acheté au marché
Dans sa main qui s’acharne à frapper et trancher,
Il accomplit ainsi le sacrifice d’Anne.

Dans la cour de l’hospice il dit « Je suis l’Alpha
Et l’Oméga
, celui qui tous vous jugera ».
(L’esprit inconsolé prend refuge en l’arcane).

Cochonfucius

 

Au fil de la Garonne

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Quand je retourne auprès de ce cours d’eau
Que tu connais sous le nom de Garonne,
Mon coeur dérive en aval de ce flot
Majestueux, que le calme environne.

Ce fleuve aimé de Neptune en personne,
Aux vifs remous, au capricieux niveau,
Semble écouter les carillons qui sonnent
Lorsque débute ici le jour nouveau.

De la montagne il a connu la neige,
La vigne aussi, que Dionysos protège,
Et le grand vent que parfois j’ai cru voir.

Ma plume est faible en cet art de décrire :
Ce chant vivra si tu aimes le lire,
Car sur ce point, je suis en ton pouvoir.

Cochonfucius

 

Les oiseaux du Maître

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Ils savent imiter le cri du pélican
Et du manoir ils sont les défenseurs farouches ;
Ce sont de forts gaillards, et non des oiseaux-mouches,
Sur le chemin de ronde on les voit claudicant.

Je les crois passereaux d’une espèce ignorée ;
Jaunes dans leurs débuts, comme sont les poussins,
Mais, une fois grandis, fort larges du bassin,
Ouvrant au grand soleil leurs pupilles dorées.

Ils montrent au combat leur courage éclatant,
Faisant fuir au lointain les corbeaux de Satan ;
Et, tel un troubadour, les chante l’oiseau-lyre.

— Or, quel est votre nom, volatiles divins ?
— Il ne nous a pas plu, jusqu’ici, d’en élire,
Tu peux nous appeler «oiseaux buveurs de vin».

Cochonfucius

L’arbre du roi

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Je suis l’arbre du roi, où son ange est perché ;
Justice et Loyauté sont les fruits que je porte
Et mon ardente sève est une boisson forte
Dont fut ce vieux monarque autrefois éméché.

Vers nul point cardinal on ne me voit pencher ;
Mon écorce est rugueuse et mes branches sont fortes,
Je me plais en ce bois jonché de feuilles mortes ;
Puis, le soleil me parle avant de se coucher.

Je sens un inframonde au bout de mes racines
Où de sombres profils dans le noir se dessinent,
Eux qui d’obscurs traités ont jadis inspiré ;

Ayant tout raconté, le vent me parle encore
Et veut se joindre à moi pour saluer l’aurore
Qui le nocturne voile est venue déchirer.

Cochonfucius

Rêveur de mondes

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Dans le sable des nuits rêvait le Bouddha d’or.
Il voyait un coq d’or, un démon pris dans l’ambre,
Un séraphin d’avril, une nef de novembre,
Un vieux dragon d’argent parlant un jargon mort.

Au-devant d’une auberge, un cheval taciturne
Buvait un alcool fort, aux lueurs des flambeaux ;
Le roi des animaux, couché près d’un tombeau,
Écoutait la chanson d’un grand iris nocturne.

Le bouddha d’or songeait, dans le sable des nuits ;
De ce songe divin furent éclos neuf mondes
Et leurs neuf firmaments s’étendant sur les ondes.
Quand il s’est éveillé, tout ce beau monde a fui.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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