Ermite-roi

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D’avoir eu des sujets, il ne s’en souvient guère ;
Ni des moulins royaux pour dévorer le grain,
Ni des fiers messagers courant par les chemins,
Ni du trône massif, hérité de son père.

Mais il connaît les mots que disait sa grand-mère,
Elle qui avait cru à de beaux lendemains ;
Il va parfois en ville et prend un peu de vin,
Il a même acheté un oeuf, l’année dernière ;

Or, ce roi sans royaume écrit, quand il est tard,
Sur ce monde agité qui le mit à l’écart,
Lui pour qui ont chanté les prêtres des églises ;

Car en rêve il entend les sons qu’il entendit,
Et d’étranges oiseaux écoutent ce qu’il dit ;
Le roi ne trouve pas que ses journées sont grises.

Cochonfucius

L’Ara de ville et l’Ara des champs

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Non, jamais l’ara de ville
N’invita l’Ara des champs
À manger du crocodile
Suivi d’une part de flan.

Rarement l’ara convie
Son collègue ou son ami
À sa table bien servie ;
Un seul couvert y est mis.

Je ne sais pas s’il apprête,
Dans sa cuisine un festin ;
Mais il ne fait pas la fête,
Il se lève le matin.

Pas de grillade estivale,
Pas d’orchestre, pas de bruit,
Pas d’orgie dominicale,
Même si la lune luit,

Ce n’est pas un oiseau-lyre ;
C’est un oiseau couche-tôt,
Nous avons entendu dire
Qu’il voit des gens matinaux.

Ce volatile est rustique,
Et sa vie est sans émoi,
Tous ses jours sont identiques,
Jamais plus chauds, ni plus froids.

Pourquoi vouloir interrompre
Le cours des temps sans loisirs ?
Être sobre est un plaisir
Que je ne veux pas corrompre.

Cochonfucius

Tonneau de sinople

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Au profond du cellier, ce chant prend son essor,
Car la cave profonde est le logis des Muses ;
Du tonneau de sinople, un parfum se diffuse,
Évocateur du pampre et de la vigne d’or.

Les verres des amis sont remplis jusqu’au bord,
C’est un vin séducteur, et que nul ne refuse ;
Son âme est bien vivante, et nullement confuse,
Il charme le palais sur tribord et bâbord.

Mes frères les buveurs entrent ici par groupes,
Il n’est jamais trop tard pour vider une coupe ;
Ils laisseront flotter leur esprit vagabond.

Or, c’est double plaisir quand survient une dame,
Alors quelques galants vont se dresser d’un bond :
Eros de Dionysos est frère, on le proclame.

Cochonfucius

Dans la friche en novembre

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composition de l’auteur

Errant au petit jour avec la demi-lune,
Je trouve en cette friche un calme nonpareil ;
Timide en son lever se montre le soleil,
Mars déjà se repose ainsi que fait Neptune.

Presque rien ne fleurit sur cette terre brune.
Bientôt viendra l’hiver et son pesant sommeil ;
Mais cette dormition promet des fruits vermeils,
Si du moins ce jardin subit la loi commune.

Mais qu’il la suive ou non, mon plaisir est constant.
Reflets de ce terrain, images d’un instant,
Vous emplissez mon coeur, plus que je ne sais dire.

Qu’importe si le temps nous va tous consumant !
Glaner, de-ci, de-là, de purs contentements :
Voilà tout le bonheur que mon âme désire.

Cochonfucius

Chevalier démuni

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image de l’auteur

Oui, je suis démuni, mais la nature est belle ;
J’ai pu manger des fruits bien mûrs, le mois dernier,
Je suis l’ami du lièvre, aussi du sanglier,
Et j’aime contempler les fraîches damoiselles.

Et sans cheval, je mène une vie naturelle,
Je ne me plonge pas dans les travaux guerriers
Car mon corps ne veut plus se charger du collier
Offert à tout baron qui en bataille excelle.

Mon âme sans souci ne craint pas les effets
De ces temps sans labeur où l’homme rien ne fait,
Je suis un passant terne, et un modeste sire.

De cette austérité je m’honore toujours,
Et je pardonne aux gens tout ce qu’ils vont en dire :
De rime et de loisir sont mes seules amours.

Cochonfucius

Quelques spectres

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Toile de Chagall

Fantômes parcourant le village en hiver,
Quelques pieds au-dessus des chaumières qui fument,
On entend résonner votre rire pervers
Tel le cri persistant des noirs oiseaux de brume.

Un carillon pourtant riposte d’un son clair ;
Du presbytère blanc la fenêtre s’allume,
Le serviteur de Dieu surveille Lucifer
Et veille à modérer sa terrible amertume.

Prêtre, qui peux juger les vivants et les morts,
La rue te remercie pour ton vaillant effort :
Il a plus de mérite à la fin de décembre.

Prêtre, ton insomnie vient-elle de l’ennui ?
Du désir d’admirer cette faune de nuit ?
Ou veux-tu simplement trouver ton pot de chambre ?

Cochonfucius

Échanson du Cosmos

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image de l’auteur

Ganymède s’approche, il salue, il sourit ;
Les plus excellents vins au menu sont inscrits,
Dont la Terre rira d’ivresse passagère
Et du dieu vigneron se fera messagère.

Rien ne plaît au Cosmos comme un astre qui rit
Et qui fait déborder le délire et l’esprit.
Ce vin n’est pas chargé de saveur mensongère,
La Terre le savoure et devient plus légère.

Gloire à toi, Ganymède, échanson triomphant
Par qui plus d’un buveur voit un rose éléphant,
Bien que ce soit parfois une verte cigogne !

La planète ivre engendre un fier Clément Marot,
Auteur de beaux sonnets, amateur de bourgogne,
Excellent connaisseur des lames de tarot.

Cochonfucius

Jardin d’argent et cour de gueules

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image de l’auteur

C’est un jardin d’argent où la rose est maîtresse ;
Quelques ours forgerons vont leur oeuvre admirant,
Un heaume de tournoi d’un genre peu courant
Qui de la rouge rose a toute la finesse.

De gueules rit la cour où les jongleurs se pressent,
Les balles projetant, les foules attirant,
Tenant à l’occasion quelques propos marrants,
Des jongleurs pleins d’esprit, sans la moindre rudesse.

Aux humbles forgerons est donné le pouvoir
D’armer les plus vaillants chevaliers qu’on peut voir
Montrer dans les combats une vaillance extrême ;

Jongleurs, c’est notre esprit que vous savez armer,
Pour fréquenter ce monde et pour mieux l’assumer :
En se faisant jongleur, il se connaît soi-même.

Cochonfucius

Mélancolie couronnée

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Image du blog Herald Dick Magazine

Un lion baignant son corps d’argent
Dans la mélancolie
Entend que résonne le chant
D’une lyre en folie.

Il entend la voix de la mer
Qui frappe le rivage,
Dont il ressent un goût amer
Au seuil de son grand âge.

Ah ! Mais soudain, voici qu’il pleut,
Les choses se détendent,
Le lion va dansant, tant qu’il peut,
Sur l’herbe de la lande.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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