Saint Idolastre

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Étrange saint, qui toute la journée
Invoque dieu et diable tour à tour ;
Puis une idole aux séduisants contours
Qu’en un blason cet homme a dessinée.

Or, la déesse, ainsi emprisonnée,
Change la nuit en un magique jour ;
De l’idolastre est plaisant le séjour
En sa cellule assez bien ordonnée.

Il prie toujours, ça comble ses désirs,
Avec des mots pas plus forts qu’un soupir ;
Il se repose, et puis il prie encore.

Par qui son coeur est-il ainsi guidé ?
Par qui ses mots seront-ils validés ?
Peut-être par l’entité qu’il adore.

Cochonfucius

Les trois aéronautes

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Photographie anonyme

Le pissenlit d’avril offrit trois parachutes,
Faisant, sous le soleil, voler trois acariens.
Le premier atteignit les sables sahariens,
Et, dans une oasis, devint joueur de flûte.

Le deuxième acarien, que l’effort ne rebute,
Fit des acrobaties dans le ciel sibérien.
On l’a félicité, il a dit : « Ce n’est rien,
Un puissant tourbillon m’a pris dans ses volutes ».

Le dernier acarien a parcouru deux mètres
Et s’est trouvé piégé au bord de ma fenêtre,
Pris par une araignée avec du fil collant.

Ce troisième larron fit le plus fier poème,
Disant : « Sur mon tombeau, n’offrez nul chrysanthème ;
Je reste, pour toujours, un acarien volant ».

Cochonfucius

Sainte Justine

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Dans la terre d’Ombrie, qui en saintes abonde,
Justine est la plus sage, et la plus droite, aussi ;
Frère François disait, en la voyant ainsi,
Qu’il suivrait volontiers cette âme vagabonde.

Noé, qui méditait en sa nef, sur les ondes,
L’apercevait parfois,dans un rêve indécis ;
Car le Vieux Testament nous en fit le récit,
Ce beau livre narrant les débuts de ce monde.

François, sur les chemins avec elle marchant,
N’a jamais regretté de n’être pas marchand
Comme l’y disposait sa lignée paternelle.

Il fut reconnaissant d’avoir été donné
Pour maître à cette dame au coeur bien ordonné
Qui mettait du bonheur dans son âme éternelle.

Cochonfucius

Saint Nicolas dans son enfance

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Peinture chinoise

Lorsque Saint Nicolas demeurait chez son père,
Il était employé à garder les pourceaux.
Un jour qu’il les menait vers la Butte Monceau,
Il advint que les porcs, soudain, lui échappèrent.

Un saint, sur un tel coup, jamais ne désespère :
Il prend sa cornemuse, exécute un morceau
De musique sacrée ; au sein de son troupeau,
C’est un rassemblement, désormais, qui s’opère.

Et l’on peut voir les porcs, sur cette lande immense,
Qui, se tenant entre eux, joyeux, tournent et dansent,
Sauf une vieille truie, ayant délibéré

De courir, derechef, en parcourant la plaine.
C’était, à ce qu’on dit, la cousine germaine
De la truie que l’on voit chez Monsieur le Curé.

Cochonfucius

L’Alpha ne voit pas l’Oméga

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L’Alpha et l’Oméga ont-ils même séjour ?
Pour Teilhard de Chardin, c’est une conjecture ;
Je suis dubitatif lors de cette lecture,
Je crois qu’ils sont vraiment séparés, à ce jour.

Teilhard est optimiste, il croit au Dieu d’Amour,
Il peut ainsi donner du sens à la Nature ;
De la géologie faisant sa nourriture,
Il sait que les chemins du Temps sont sans retour.

Or, la Bible pour lui n’a pas été cruelle ;
Même si la douleur y est habituelle,
Ce récit l’édifie, et ne l’attriste point.

Allant vers l’Oméga, c’est chez lui qu’il retourne ;
Désirant qu’avec lui ses frères y séjournent,
Mais pour eux, l’Oméga, c’est un vulgaire point.

Cochonfucius

Hippocampe équivoque

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Cet hippocampe a deux âmes jumelles,
Et par ailleurs, il semble avoir deux coeurs ;
Ainsi, chaque âme est de l’autre la soeur,
Alors, pour lui, la vie est souvent belle.

L’une est farouche, et l’autre peu rebelle :
L’une est son droit, et l’autre son bonheur ;
Puis, l’hippocampe, il aime aussi les fleurs
Que l’on voit naître à la saison nouvelle.

Cet animal vit presque dans les cieux,
Même, cela se voit rien qu’à ses yeux ;
Étant modeste, il a ce qu’il désire.

Ce personnage, il n’est jamais amer,
Cet agréable habitant de la mer ;
Et le saluent tous les gens des navires.

Cochonfucius

Portail intergalactique

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Un point où le cosmos frémit
Dans sa vacuité désolée ;
Les dimensions sont enroulées,
La lueur des astres blêmit.

On va s’éloigner, mes amis !
C’est notre plus grande envolée,
Car c’est une immense foulée,
Surtout pour nous, faibles fourmis.

Déjà le cosmos gronde ! Écoute,
Les neutrons balisent la route,
Donc le passage est sans danger.

Nous pourrons atteindre sans aide
La nébuleuse d’Andromède
Dont le roi nous offre à manger.

Cochonfucius

Le reflet d’un reflet

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— Comte rhinocéros, seriez-vous un poète ?
Je vous ai vu chez vous, déchiffrant du latin,
Debout sur un miroir, dans le petit matin,
Où très distinctement votre corps se reflète.

— Je ne cultive pas cette langue obsolète ;
Moi-même, je ne suis qu’un mirage lointain
Dont tu vois seulement deux reflets incertains,
Et ta vision, d’ailleurs, n’en est jamais complète.

— Comte rhinocéros, seriez-vous fait de vent ?
Vous m’apparaissez bien comme un être vivant,
Et non comme l’éclat qui charme un coloriste.

— C’est ce miroir que j’ai trouvé dans mon grenier :
Mon ancêtre romain dit-on, pour cinq deniers,
L’a fait ensorceler par le druide Évariste.

Cochonfucius

Citation de Martial
————–

« Ōccūrrīs quŏtĭēns, Lŭpērcĕ, nōbīs,
“Vīs mīttām pŭĕrūm” sŭbīndĕ dīcīs,
“cuī trādās ĕpĭgrāmmătōn lĭbēllūm,
lēctūm quēm tĭbĭ prōtĭnūs rĕmīttām”.
Nōn ēst quōd pŭĕrūm, Lŭpērcĕ, vēxēs.

Lōngum ēst, sī vĕlĭt ād Pĭrūm vĕnīrĕ,
ēt scālīs hăbĭtō trĭbūs sĕd āltīs.
Quōd quaērīs prŏpĭūs pĕtās lĭcēbīt.
Ārgī nēmpĕ sŏlēs sŭbīrĕ Lētūm:
cōntrā Caēsărĭs ēst fŏrūm tăbērnă

scrīptīs pōstĭbŭs hīnc ĕt īndĕ tōtīs,
ōmnīs ūt cĭtŏ pērlĕgās pŏētās.
Īllīnc mē pĕtĕ. Nēc rŏgēs Ătrēctūm –
hōc nōmēn dŏmĭnūs gĕrīt tăbērnaē: –
dē prĭmō dăbĭt āltĕrōvĕ nīdō

rāsūm pūmĭcĕ pūrpŭrāquĕ cūltūm
dēnārīs tĭbĭ quīnquĕ Mārtĭālēm.
“Tāntī nōn ĕs” ăīs? Săpīs, Lŭpērcĕ. »

 

Ambibovins

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L’ambitaureau est bleu, car l’ambivache est rose ;
Leurs rapports sont un peu tirés par les cheveux,
L’ambitaureau désire une ondine aux yeux bleus
Et qu’en ondin le change une métempsycose.

Il écrit à l’ondine en une rude prose ;
Elle y est peu sensible, et lit un jour sur deux
La pesante missive aux propos nuageux.
L’animal, de cela, jamais ne s’indispose.

Il aimerait sonner du cor au fond des bois ;
Car du comte Roland il a vu la peinture
Dont fut encouragée sa virile nature.

L’ambivache, pourtant, lui parle quelquefois,
Qui de ses fantaisies nullement ne s’irrite,
Elle y voit tout au plus un ridicule rite.

Cochonfucius

 

 

Rêver d’une amazone

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Amazone, où se trouve à présent ta demeure ?
Abandonnes-tu donc le vieillard que je suis ?
À de telles questions, répondre je ne puis,
Mais je devrai le faire avant que je ne meure.

Quand tu m’accompagnais, ma vie était meilleure,
Et mon jardin donnait de plus excellents fruits ;
Plus beaux, parmi les chants, ceux qu’à deux l’on produit,
Plus capables aussi d’ensorceler nos heures.

Les sombres carillons sonnent à mon beffroi,
Je songe à mon époque et à ma destinée ;
Je marche moins souvent, je crains un peu le froid.

Reviendront au printemps les parfums du jasmin
Et l’heureuse lenteur que prennent les journées,
Quand nous irons tous deux par les mêmes chemins.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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