Sagesse d’Aragon

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Composition de l’auteur

Barde joyeux pour qui dansait le monde,
Car tu lisais la langue des oiseaux ;
Sans nul besoin des flûtes de roseau,
Tu répandais ta sagesse profonde.

Barde savant qui comprenais l’algèbre,
Tu nous montrais les nombres inconnus,
Tels des danseurs agréablement nus :
Tels des chevaux, tels de drôles de zèbres.

Barde amoureux, destructeur de prisons,
Tu nous séduis par le goût d’une rime,
Nous oublions l’éternelle déprime
Et nous chantons la douceur des saisons !

Cochonfucius

Dragon de Martignas

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image de l’auteur

Ce vieux dragon buvait de la bière saxonne ;
Il lisait du courrier venant de ses enfants,
Tous de fiers doctorants, étudiants triomphants,
Car leur sagesse est grande et leur mémoire est bonne.

Il a peu d’occasions de les voir en personne ;
Il peut se rappeler leurs premiers pas tremblants,
Leurs premiers traits de feu, leurs premiers envols lents,
Eux qui dans peu de temps recevront sa couronne.

C’est le temps qui agit, la vie qui s’accomplit,
Ses trois fils vont régner, ça ne fait pas un pli,
Qui seront les époux de trois reines charmantes.

Pourquoi naître dragon ? Serait-ce par hasard
Si certains sont ainsi, et d’autres sont lézards ?
As-tu rêvé cela, divinité dormante ?

Cochonfucius

Dupanloup au Vatican

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Composition de l’auteur

Dupanloup fut fait cardinal,
Gratification qu’il prisa.
Il fit un discours non banal
Aux cardinaux, qu’il divisa :

D’aucuns ont dit « Ah oui, pas mal » ;
Un clan, nonobstant, s’opposa
Au Dupanloup paradoxal ;
Conflit qui, pourtant, s’apaisa.

Alors on lui mit un habit
Blanc, pontifical, fort joli !
Dupanloup dit « J’y crois pas trop »,

Puis s’attabla, puis du vin but
Coulant du plus magistral fût ;
Gloria pontifici nostro !

Cochonfucius

Quartefeuille de novembre

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image de l’auteur

La quartefeuille au bois, parmi les branches mortes,
Elle sait que son sort est lui-même incertain,
Sans craindre, cependant, la loi, ni le destin ;
Elle attend sans frémir que la brise l’emporte.

La quartefeuille au bois possède une âme forte,
Elle sait méditer dans l’éclat du matin ;
N’ayant jamais hanté les parages lointains,
Elle aime un lieu paisible, et qui la réconforte.

L’âge sans concession et le temps rigoureux
Pour son modeste coeur n’ont rien de douloureux,
Dans lequel le tourment jamais ne s’amoncelle.

La quartefeuille voit le firmament désert,
Ils sont partis au loin, tous les oiseaux des airs ;
Mais une fleur d’automne au soleil étincelle.

Cochonfucius

Autre chose que le jour (pour le maître Aragon)

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image de l’auteur

Un jour nous cesserons d’invoquer le sublime,
De croire à la grandeur de croire à des héros
Un jour nous cesserons d’élire des bourreaux
Pour qui la liberté n’est que source de crimes

Un jour reparlera le dieu Pan qui s’est tu
Avec un bel humour acquis dans son silence
Son âme près des cieux son coeur dans la balance
Et sans aucun effroi devant ce qui le tue

Un jour tu chanteras Bouddha en robe orange
Et tu nous laisseras t’embrasser sur le front
Un jour les prosateurs une muse aimeront
Devenue rossignol sur la plus haute branche

Les cygnes des jardins et les canards sauvages
Chanteront ces couplets posés sur nos genoux
Sachez que ces oiseaux sont des gens comme nous
Elle le sait déjà l’ondine du rivage

Je ne dis pas cela pour vous faire marcher
Nos frères emplumés sont amis de la Terre
Comme le sont aussi les loups et les panthères
Le duvet la toison nous aimons les toucher

Un jour tu chanteras ma Princesse d’Orange
Tu poseras ta main doucement sur mon front
Nous ne dirons plus rien car nous nous aimerons
Ou bien nous parlerons des choses qui nous branchent

Voyez la fin du monde est la fin des querelles
Et moi je ne saurais en être consterné
Je patiente sur Terre inutilement né
Comme le faisait Jean, berger des sauterelles

Comme faire aurait dû l’inventeur de la roue
Un jour viendra qui peut renverser les idoles
Qui sera de musique et non pas de paroles
Qui ne nous verra plus traverser dans les clous

Un jour vient qui fera de la Terre une orange
Nous aurons comme Pan des cornes sur le front
Les ondines du flot alors nous aimeront
Sous un nouveau soleil un astre à douze branches

Cochonfucius

Le Vin du Roi

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Gravure de Gustave Doré

Le roi, qui éprouvait une soif colossale,
Auprès du trône a fait installer un tonneau.
« Les paysans, dit-il, peuvent boire mon eau ;
Un monarque a besoin d’une boisson royale. »

Le roi, dont le visage est devenu bien rose,
Lève au ciel son godet d’argenterie et d’or ;
Près de lui, le trouvère a chanté haut et fort
La complainte où l’on trouve et la rime, et la prose.

Quel pinard ! On en veut, jusqu’au seuil de la tombe.
La main qui tient toujours un grand verre de vin
Semble devoir régner et gouverner sans fin
En attendant la mort aux ailes de colombe.

Cochonfucius

le témoignage de Gabriel

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Toile de Anne François Louis Janmot

Moi qui suis Gabriel, archange du Seigneur,
J’ai accepté d’aller en mission sur la Terre,
Croyant que ce serait un programme ordinaire ;
Mais c’était un projet un peu plus novateur,

Un contrat que chacun doit porter dans son coeur,
Et doit se rappeler à son heure dernière.
Je devais rencontrer un être de lumière,
La fille de David , plus douce que les fleurs.

La rencontre se fit, en tout bien, tout honneur,
C’est à ce moment-là que j’appris le bonheur
Et, simultanément, un malheur inconnu.

J’ai vu dans ses grands yeux se former une larme.
Mais contre son bourreau, je n’avais aucune arme,
Car c’était un enfant, humain, heureux et nu.

Cochonfucius

 

Nef de Garonne

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image de l’auteur

En Garonne est la nef de la mysticité
Dont l’équipage est fait de trolls presque invisibles ;
Ils chantent en chemin leur dieu ressuscité,
Ou d’autres grands héros qu’on trouve dans leur Bible.

La Garonne au printemps est un peu rafraîchie
Par la brise qui vient du ciel éblouissant,
Et la trollesque nef, vaillamment s’élançant,
Propage leur chanson, ainsi qu’une élégie.

Aux rives de Garonne est un très ancien cloître,
Moines en leurs jardins s’abreuvent de bon vin ;
Les trois trolls, vus de loin, leur paraissent divins,
Dans la douce clarté qui commence à décroître.

Cochonfucius

Alexius von Arenrath

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image de l’auteur

Ce fut un bon ermite, enfin, je le suppose,
Passant sa longue vie dans un petit réduit ;
Un moine d’Arenrath nous le raconte en prose,
Je vais en reparler, car il s’est bien conduit.

En tentation, il fut par Lucifer induit,
Mais lui, dont les repas de restes se composent,
Il n’a point dans son coeur de vil dessein produit,
Car suivre la vraie Loi jamais ne l’indispose.

Le grand législateur se recueille, à sa fête,
Il a pu voir en lui l’étoffe d’un prophète ;
Les monstres de l’enfer ont tremblé devant lui.

Il n’eut pas trop de mal pour les mettre en déroute,
Lui qui savait toujours écarter de sa route
Le démon de midi, le démon de minuit.

Cochonfucius

Singe du duc

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image de l’auteur

Dans ce manoir, il a passé sa vie,
Sans être atteint d’aucun mal douloureux ;
Car il n’eut pas de maîtres rigoureux,
Il ne fut point une bête asservie.

Or, notre époque est assez obscurcie,
Et rien n’y vaut un vieux manoir ombreux ;
Nul n’y subit de songes ténébreux,
Les destinées n’y sont pas endurcies.

Qu’il est heureux, ce primate, ici-bas !
Il ne craint pas le jour de son trépas,
Ayant toujours bien employé ses heures ;

Et même moi, qui aime la rigueur,
Je voudrais vivre en pareille langueur,
Et que ma poésie jamais ne meure.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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