Trésor énigmatique

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Image d’Herald Dick

J’ai rêvé que j’étais voyageur, loin de France,
Et que je découvrais, au beau milieu de rien,
Un vrai trésor sans nom, un fort étrange bien,
Mon esprit retournant en vain son ignorance.

J’observais donc la chose ainsi, sans imprudence,
Ces objets que, craintif, je n’osais dire miens ;
S’ils sont plaisants à voir, je ne sais où se tient
Leur puissance et valeur ; quelle est leur provenance ?

J’en ai fait un paquet, c’est un acte de foi !
Je les ai ramenés à Bordeaux, sous mon toit,
Pour que de grands experts en rendent témoignage.

Des experts, ce jour-là, en est-il, en voit-on !
Le plus subtil d’entre eux, tel un nouveau Platon,
Dénie à mon trésor toute valeur d’usage.

Cochonfucius

Lyroptère

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image de l’auteur

Volant vers les lointains sur ses ailes de lyre,
D’un astre qui l’observe, il obtient un sourire ;
Et les éclairs d’orage, ils le vont caressant,
Car il met de la joie dans tout ce qu’il respire.

Il ne ressemble pas aux démons rugissants,
Il ne demande pas qu’on brûle de l’encens ;
Dès que nous le voyons,c’est sûr qu’il nous attire,
Le lyroptère est fort, son amour est puissant.

Il ne s’égare pas dans des textes sans suite ;
Mais il peut s’emballer sur un minois charmant,
Il y voit un bonheur qui trompe rarement.

De Compostelle il eut la coquille bénite
Où l’éternel esprit du grand Saint Jacques dort,
Un pape pour cela lui donna son accord.

Cochonfucius

Paraphrase

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Toile de Georges de La Tour

Dieu, lumière du Ciel, lumière de la Terre !
Illuminant les cieux comme un astre brillant,
Huile d’un olivier qui n’est pas d’Orient
Ni d’Occident non plus, huile tellement claire

Que sans recours au feu elle peut éclairer.
Clarté dans la clarté, brillance sur brillance.
Dieu choisit qui guider selon sa convenance,
Dans une parabole il peut nous déclarer

De chaque chose au monde un aspect véridique.
Homme, sois attentif et soumis à l’Unique.

Cochonfucius

Homme de deux mille ans

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Toile de Ivan Kramskoi

On n’est pas sérieux quand on a deux mille ans,
Le fils du charpentier, dont la mère est princesse
Des royaumes humains, les a fêtés, pourtant.
Le pape en son honneur a fait dire une messe.

L’homme de deux mille ans, ce monde visitant,
Le trouve sans amour, sans joie et sans noblesse.
Ceux mêmes qui de lui se disent militants,
Quand il voit comme ils sont, ça l’use et ça le blesse.

Ne reconnaissant plus, dans ce primate infâme,
Adam par lui sauvé, le sauveur perd sa flamme.
Il se dit : « J’aurais dû laisser, coquin de sort,

Ces humains sans aveu à leur monde putride ».
L’homme de deux mille ans s’en retourne, placide,
Vers son lointain royaume, et plus jamais n’en sort.

Cochonfucius

Ange songeur

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image de l’auteur

Ange songeur, qui chantonnes la gamme,
Tout le cosmos pour toi est un saint lieu ;
Tu vis ici, tu ne vis pas aux cieux,
Tu veux, de près, prendre soin de nos âmes.

Quand ton esprit en délire s’enflamme,
Le Paradis se reflète en tes yeux ;
Mais tu n’es pas, pourtant, un ange pieux,
Tu n’es qu’un simple amant de Notre Dame.

Or, le calice, autrefois tu l’as bu ;
Du corps de Dieu, jamais tu n’es repu,
Toi qu’un désir, pourtant, jamais ne ronge,

Et Lucifer cherche, sans se lasser,
À faire en toi cet amour trépasser ;
Est-il plus fort, lui, qu’un ange qui songe ?

Cochonfucius

Tombeau du chevalier à la triste figure

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Image d’Herald Dick

Un petit monument, où se montrent trois thèmes :
Le crâne de l’auteur, auquel ta vie tu dois,
Les deux étoiles d’or dont tu fis des poèmes,
Et le souple serpent, plus puissant que les rois.

Or, puisque l’écrivain fut un homme de foi,
Ses lecteurs par milliers, porteurs de chrysanthèmes,
En ce jour de Toussaint viennent fleurir ta croix.
Quichotte, plus aimé que Cervantès lui-même !

Le pape t’offrira ton costume de saint ;
Tu diras poliment : Tel n’est pas mon dessein,
Car, étant seulement seigneur de fantaisie,

Je n’ai point mérité la papale oraison,
Je ne veux que dormir dans cette humble maison,
Ce modeste tombeau, ce lieu de poésie.

Cochonfucius

Porte du garage hermétique

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image de l’auteur

Par un soleil absent, la porte est éclairée ;
C’est celle du Major, qui jadis fut vitrée.
Or, ce passage-là, il n’est jamais ouvert,
Porte d’opacité, nul ne voit au travers.

C’est Dame Malvina, protectrice adorée,
Qui sut la recouvrir de peinture dorée ;
Le Garage Hermétique est fort loin de la mer,
On n’y rencontre pas les insectes des airs.

Dans ce monde bizarre, indolente est la vie ;
Les gens sont sans désir et presque sans envie,
Tranquille est leur réveil, ils dorment sans effroi.

Si, demain, ce garage est gagné par le froid,
Ses habitants iront en exil, je le crois,
D’astre en astre menant leur âme inassouvie.

Cochonfucius

Joyeux primate

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Image d’Herald Dick

Singe de Chine, aimant les plaisirs de la vie,
Tu n’es jamais astreint au labeur douloureux,
Ni ne dois dans tes choix te montrer rigoureux ;
Car ton âme jamais ne peut être asservie.

Au temps où l’existence est souvent obscurcie,
Tu savoures des fruits dans le bocage ombreux ;
Ton sommeil est exempt de songes ténébreux,
Ta personnalité ne s’est pas endurcie.

Quel plaisir, si j’étais ce primate ici-bas !
Éperdu de loisir, jusqu’au temps du trépas,
Combien je goûterais l’écoulement des heures ;

Mais non, je suis humain, j’apprécie la rigueur,
Je mérite ma joie au prix de ma langueur,
Il suffit seulement que mon espoir ne meure.

Cochonfucius

 

Duc du mur du Nord

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image de l’auteur

Voici le Duc du mur du Nord
Qui goûte le bon vin, sans trêve :
Ça lui procure de beaux rêves,
Mais aussi des rêves de mort ;

Il ne craint pas le vent qui mord
Son créneau par rafales brèves,
Ni l’averse qui parfois crève,
Emplissant l’étang jusqu’au bord.

Il aime les boissons limpides,
Ce n’est pas un buveur rapide,
Il aime aussi chanter des vers ;

J’ai lu son nom dans un vieux livre,
Ce vieux seigneur en habit vert
Qui m’apprit le plaisir de vivre.

Cochonfucius

Temple vide

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image de l’auteur

Voici un temple orné de cent statues d’ivoire,
Et chacune possède un pouvoir qui guérit
Soit un trouble du corps, soit un mal de l’esprit ;
Celui qui les sculpta mériterait la gloire,

Ou qu’au moins on louât ces cent belles victoires,
Mais le roi l’exila, son destin fut flétri,
Son nom fut effacé des documents écrits,
Sans qu’on sache pourquoi lui advint ce déboire.

Voici sa pauvre tombe auprès d’un peuplier,
Sans la moindre inscription. Son nom est oublié,
Nul rhapsode n’ira l’illustrer de sa lyre.

Fêtes et jours normaux, le temple reste ouvert,
Mentionné seulement dans ces quatorze vers
Qui trouvent rarement un regard pour les lire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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