Bûcheron-sculpteur

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Quand il n’a pas de bûche, il tronçonne une rame ;
Je vois sa production, statues de belles femmes:
C’est un travail soigné, l’endroit comme l’envers,
Que j’aime célébrer au long de quelques vers.

Au curé de ces lieux, tu offris Notre Dame ;
Et pour moi tu sculptas, légère comme l’air,
Une muse aux grands yeux qui peut ravir mon âme,
Mais tu sais faire aussi de grands démons de fer.

Nous aimons visiter ton atelier superbe,
Entrer dans ton jardin pour déjeuner sur l’herbe,
Goûter de ton verger les fruits non défendus.

Je n’ai pas d’atelier, je sculpte des pensées,
Des fleurs à bon marché, n’importe où ramassées ;
Des fleurs, ou quelquefois un bout de bois tordu.

Cochonfucius

Arboripisciculture

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L’arbre surgit de l’eau dans une clarté grise ;
Un poisson vient danser dans l’aurore qui luit,
Vainement poursuivant un insecte qui fuit.
La sirène a rêvé d’une lointaine église.

Arbre, insecte, poisson, ils ne font aucun bruit,
La sirène d’ailleurs en est un peu surprise ;
Contemplant longuement une vague qui frise,
Elle retrouve un peu des rêves de la nuit.

Les oiseaux migrateurs passeront tout à l’heure,
Étant sur le chemin de leur autre demeure,
Sauf, bien évidemment, ceux qui ont trépassé.

Non loin de cette plage est un froid cimetière
Où peut-être, un errant repose un corps lassé,
Tu nous offres tout ça, planète hospitalière.

Cochonfucius

Seigneur Blaireau d’azur

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C’est un blaireau qui n’a rien de funeste ;
Chez Margoton, il va, de son pas lent,
Qui volontiers lui propose des restes
Des gueuletons qu’elle offre à ses galants.

Il est heureux, cet animal modeste,
Plus que ne l’est le pape en habit blanc ;
Il boit un coup, il dit des blagues lestes,
Pour l’avenir il n’a que des bons plans.

Si au trépas son corps enfin succombe,
Il peut bien faire un terrier de sa tombe ;
Sûr que jamais n’y viendra nul démon.

Si aux enfers son âme est emportée,
Qu’un dieu jadis façonna du limon,
De l’inframonde il sera Prométhée.

Cochonfucius

Que les loups se vivent de vent

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Dans une plaine, un loup se déplace à grands pas,
Déplorant que le temps ne soit plus à la guerre ;
Il a fait son souper de trois rongeurs vulgaires,
Acceptant sa pitance, il ne la choisit pas.

Un corbeau, quant à lui, n’a pris pour tout repas
Qu’un malheureux insecte abrité sous la terre ;
Il aurait préféré la chair d’un militaire,
Un de ceux qui sourient quand survient leur trépas.

Sur ces deux affamés, une nuit d’hiver tombe ;
Au bois, chaque refuge est plus froid qu’une tombe,
Ayez pitié du loup et du sombre corbeau !

Mais ces deux vagabonds ne baissent pas les armes,
Sachant que reviendra le printemps qui les charme,
Et que jamais l’hiver ne les mit au tombeau.

Cochonfucius

When wolves live on wind alone

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Celui qui voit l’arbre sans feuilles
A regret des jours où l’on cueille,
Quand ils sont bien mûrs, tant de fruits ;
Les beaux jours sont partis, sans bruit.

Celui qui garde en sa mémoire
Un écho de sa pauvre gloire
Se repose, vieillard obscur,
Comme un lézard sur un vieux mur.

Celui qui voit s’approcher l’ombre
Rejoindra, parmi les décombres,
Ceux qui, l’hiver, vont observant
Que les loups se vivent de vent.

Cochonfucius

______

François Villon :

«En ce temps que j’ai dit devant,
Sur la Noël, morte saison,
Que les loups se vivent de vent
Et qu’on se tient en sa maison,
Pour le frimas, près du tison,
Me vint un vouloir (…)»
—————————————-

in English by David Georgi :

«At Christmastime, the dead season
When wolves live on wind alone,
And people stay inside at home
On account of the frost, close to the coals,
I was seized by desire (…)»

Le seigneur de Marfak

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Il a désordonné son groupe de planètes ;
Je n’ose imaginer ce que sera leur sort,
Elles vont, emportant les vivants et les morts,
Et quelques dirigeants, individus honnêtes.

Le seigneur de Marfak est diseur de sornettes ;
Aucun des courtisans ne lui donnera tort,
Ni le chien fatigué, ni le vieux chat qui dort ;
Le Maître est affaibli, mais il reste aux manettes.

Toute une galaxie dans l’entropie se noie,
Cela n’affecte pas le malheur, ni la la joie ;
Et c’est un beau sujet pour aligner des vers.

Les astres égarés sont comme des moustiques
Parcourant un jardin en orbes fantastiques,
L’astronome renonce à vouloir y voir clair.

Cochonfucius

Fleur des loups d’azur

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Fleur de gueules, par ta présence,
Tu rassures ces deux loups bleus :
Car ils furent tes amoureux,
De Mai cet amour prit naissance.

Comment vivront-ils ton absence,
Et qui donc fleurira pour eux ?
Ils resteront seuls, tous les deux,
Ayant de toi la souvenance.

Ni la pensée, ni le souci
Ne viendront consoler ici
Ces pauvres âmes oppressées ;

Des loups, cet amoureux savoir
N’a pas fait que les décevoir :
Jamais ils ne t’ont délaissée.

Cochonfucius

四书 == Quatre Livres

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Quatre traités de modeste apparence :
Livre d’azur pour évoquer l’hiver,
Puis, le printemps dans un volume vert,
Ces deux saisons sont chargées d’espérance.

Le livre d’or, c’est pour l’automne, où danse
La feuille morte en son bel univers ;
Quant à l’été, avec ses matins clairs,
Tu trouveras ce qu’un poète en pense,

Bien raconté dans un livre d’argent.
Tous ces écrits, si tu t’y vas plongeant,
Te transmettront le savoir des grands sages.

— Pourquoi, toujours, ce recours aux bouquins,
Quelle sagesse, en tout ce saint-frusquin ?
Je ne veux plus m’encombrer d’emballages.

Cochonfucius

Encore un art poétique

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Que faut-il pour faire un poème ?
Ce n’est pas comme un théorème,
Il faut surtout n’importe quoi,
C’est un jeu qui n’a pas de loi.

Il faut les mots d’une hirondelle,
Ou l’écho d’une ritournelle,
La psalmodie d’un vert crapaud
Ou bien la rumeur d’un tripot.

Il faut le livre du dieu triple
Ou les ajouts de ses disciples,
Il faut les harmonies du soir
Et ce que tu sauras y voir.

Cochonfucius

Vestale à plumes

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Elle parcourt le ciel, l’été comme l’hiver ;
Supérieure à Vénus dans sa splendeur nacrée ;
Auprès du littoral noyé par la marée,
Elle va s’installer au creux d’un arbre vert.

Son âme est sans secret, son coeur n’est pas amer,
En rêve elle revoit son enfance dorée ;
Elle, par ses amours jamais désespérée,
Partage les chansons des filles de la mer.

Un oiseau la salue en sa langue sonore,
L’écho reprend la phrase et la répète encore ;
De la noire cigale on entend la clameur.

Les faunes du verger ont le coeur trop plein d’elle,
N’osant point aborder la vestale éternelle ;
Et de leurs mots d’amour résonne la rumeur.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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