Grandeur du néant

image de l’auteur

À nos regards il est caché,
Cet étrange cousin de l’Être ;
Tout ce qui vient à disparaître
Ira chez lui se retrancher.

Personne ne le peut toucher,
Personne ne sera son maître ;
Lui, qui dans tous les lieux peut naître,
À nul d’entre eux n’est attaché.

C’est une imposante muraille,
Ce sont d’augustes funérailles
Et c’est un abîme béant.

De n’être rien, c’est sa nature,
Il surpasse ainsi les géants
Et nourrit la littérature.

Cochonfucius

Blé d’argent

image de l’auteur

Récolte que nul ne méprise,
Trésor déployé sous les cieux ;
Son fruit se consomme aux Saints Lieux,
Dans la chapelle, dans l’église.

Les épis dansent sous la brise,
Un pavot brille en leur milieu ;
Le doux bleuet ravit mes yeux,
De cette harmonie je me grise.

Dans peu de temps viendra la nuit
Et notre vie aussi s’enfuit ;
Nous boirons la lie du calice.

Nous quitterons joies et soucis ;
Il faut s’en aller, c’est ainsi,
Ne plus voir les blés qui mûrissent.

Cochonfucius

Planète des tourteaux

image de l’auteur

Ici, quelques seigneurs étranges
Sous leur belle armure sont nus ;
Ne les prends pas pour des archanges
Oeuvrant pour des dieux inconnus.

Les politesses qu’ils échangent
Sont dans un jargon saugrenu ;
Leurs jardins sont des lacs de fange,
Nul arbre n’y est bienvenu.

Jamais ils ne m’ont fait envie,
Je ne saurais vivre leur vie :
Je ne suis pas assez subtil.

Leurs courtisans sont des éponges
Qui dans cette vase se plongent,
Goûtant ses relents volatils.

Cochonfucius

Calice au pays des merveilles

image de l’auteur

Le lapin blanc n’est pas un saint,
Que jadis poursuivit Alice ;
Mais il n’a pas trop de malice,
Pas plus qu’un très jeune poussin.

Je vois de Lewis les dessins
Qui sont marrants, c’est un délice ;
De cet univers, les coulisses
N’abritent rien de trop malsain.

Quel plaisir de perdre la boule
Avec les cartes en émoi !
Car ici, chacun se défoule.

Le calice a dit « Buvez-moi » ;
Humpty Dumpty parle à des poules,
La Reine se moque du Roi.

Cochonfucius

Trinité nébuleuse

image de l’auteur

Ces trois hypostases vieillottes
Ne font plus rien que paresser ;
Presque heureuses de régresser,
Assez loin du monde elles flottent.

Ces trois cervelles de linotte
Ont bien désappris à penser ;
L’Univers leur semble insensé,
Une harmonie de fausses notes.

Au matin chantent trois oiseaux
Pour elles, parmi les roseaux ;
Cela ne touche pas leur âme.

Leur voix qui ne parle jamais
Nous est inconnu, désormais ;
Prenons refuge en Notre Dame.

Cochonfucius

Barque de septembre

image de l’auteur

Je vais de l’une à l’autre rive,
Sans craindre les nuages noirs ;
Je vais du matin jusqu’au soir,
J’aime les errances tardives.

Quelques ondines fugitives
Discrètement se laissent voir ;
Elles sont porteuses d’espoir,
Ces ambassadrices furtives.

L’ondin dans son manoir s’endort,
Les feux s’allument dans le port ;
Je veux reposer ma carène.

Je ne vais donc rien ajouter,
Mieux vaudra la voix souveraine
Du silence, à n’en point douter.

Cochonfucius

Étoile de sable

image de l’auteur

Je ne vois rien quand je la sonde,
Malgré mes calculs rigoureux :
Le ciel qui en lumière abonde
Ici paraît avoir un creux.

Pourrait-il s’agir d’un non-monde ?
D’un métacosmos fabuleux ?
Ah, mon ignorance est profonde,
Tout ça me semble nébuleux.

C’est comme un signal de détresse,
Ce soleil qui jamais ne luit
Mais les lois du monde transgresse.

Mes yeux fixent le ciel de nuit
Qui me semble un tableau funèbre ;
J’y cherche l’astre de ténèbres.

Cochonfucius

Grenouille démoniaque

image de l’auteur

Je suis la diablesse Artémise,
Préparatrice de poisons ;
Je fais des trous dans les cloisons
Pour voir les nonnes sans chemise.

Douze hommes sont sous mon emprise
Et je ris de leur déraison ;
Ils en ont pour plusieurs saisons,
Chacun d’eux souffre et se méprise.

Je leur ferai perdre la foi
Ainsi que leur respect des lois ;
Ils vivront en disharmonie.

Je défie leurs prédicateurs,
Les experts et les amateurs ;
Car le Créateur je renie.

Cochonfucius

Dragon de sable

image de l’auteur

Le dragon noir n’a pas de loi,
Il est dépourvu de repères ;
Avec des femmes adultères
Il se débauche, et puis il boit.

Lui, qui jamais n’eut le coeur droit,
Vécut d’entreprises précaires ;
Douteuses furent ses affaires,
Des arnaqueurs il fut le roi.

Ses regards sont pleins d’insolence ;
Fausses sont toutes ses balances,
Impertinents sont ses discours.

La Terre est par lui profanée
Au fil des jours et des années ;
Contre lui je cherche un recours.

Cochonfucius

Chèvre de sable

image de l’auteur

Je marche le long d’un ravin,
Je suis une bête indocile ;
J’évite les parcours faciles,
Tu me les montres, c’est en vain.

Chevrier, va boire ton vin,
Prends tes aises dans ton asile ;
Moi, j’irai voir le bouc Basile,
C’est un reproducteur divin.

Ici vient aussi le Satyre
Que tant de bergers combattirent ;
Tous les trois, nous nous égayons.

Nous sauterons comme des lièvres,
Baignés dans les tièdes rayons
D’un soleil qui n’a rien de mièvre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.