Lions volants

offlanges

Blason de la ville d’Offlanges

C’étaient deux aigles-lions
Voletant dans la brise,
Ainsi qu’un tourbillon
Tout autour d’une église.

Ils ont volé sept ans
Sans même boire un verre,
Au bout de tout ce temps,
Faut qu’ils se désaltèrent ;

Auprès du vieux clocher,
Deux vignes sur des treilles :
Le prêtre a débouché
Bouteille après bouteille.

Ils en ont bu sept ans
Sans dire une parole ;
Au bout de tout ce temps,
Les voilà qui s’envolent  !

Ils sont montés aux cieux,
J’entends leurs voix qui prient ;
Qu’ai-je besoin de Dieu ?
Je suis avec ma mie.

Cochonfucius

Aigle-lion

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image de l’auteur

L’aigle-lion, m’a-t-on dit, se nourrit de lumière ;
Durant tout son repas, il est silencieux,
Savourant le délice octroyé par les cieux,
S’efforçant de ne pas y tremper sa crinière.

Nous pouvons l’admirer, assis sur son derrière ;
Ses deux visages sont d’un aspect radieux,
À les voir, j’en deviens presque religieux,
Puis, je vois l’aigle-lion rentrer dans sa tanière.

Mais au goûter, parfois, il dévore un éclair,
Draguant les pâtissiers, sans trop en avoir l’air,
Proposant un séjour sur un coin de nuage.

Si j’étais musicien, j’aurais un instrument
Pour chanter à loisir ce roi des éléments,
Ce maître des photons, ce seigneur de l’orage.

Cochonfucius

Astronomie Spéculative

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image de l’auteur

L’aspect du ciel nocturne, est-ce vaine apparence ?
Ces rouages d’horloge à l’immuable sort,
Et tous ces corps pesants qui planent sans effort,
Quel est leur contenu, quelle est leur consistance ?

Le lointain ou le proche ont peu de différence,
Mercure est-il subtil ? Jupiter est-il fort ?
Ces habitants du ciel ne craignent pas la mort,
Qui à ceux de la Terre ont peu de ressemblance.

Ils n’ont pas de chemise, ils n’ont pas de maison.
Sont-ils pourvus d’un but ? Sont-ils là sans raison ?
Nul n’a jamais compris ce qui leur fait envie.

Que retirerons-nous de ces astres sans fruit ?
Peut-être, un cousinage, une forme de vie
Qui sans être perçue nous sourit dans la nuit.

Cochonfucius

Dynastie épiscopale

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image de l’auteur

Il est évêque aux bois, comme le fut son père ;
Les animaux lui sont soumis, d’âme et de corps.
Il aide les vivants, accompagne les morts,
Il ne laisse personne au fond de la misère.

Au coeur de la forêt sont de profonds mystères
Que l’ermite analyse au prix de grands efforts,
Moins bien que lui, pourtant: cet évêque est plus fort,
Qui libre du péché mène des jours prospères.

D’ailleurs, ses quelques torts lui seront pardonnés,
Ce dont je ne suis pas jaloux, ni étonné,
Car à tant de bienfaits ce prélat s’évertue !

Il triomphe de tout, sans effort apparent,
C’est un évêque au bois, c’est un cerf, il est grand,
Tout au moins, jusqu’à tant qu’un chasseur ne le tue.

Cochonfucius

 

Le loup et le frère de l’agneau

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Gravure de Gustave Doré

Un gros agneau buvait à un tonneau de bière
Dans la cour d’une ferme. Un maigre loup survint
Qui le réprimanda de n’avoir pris du vin,
Disant, petit mouton, c’est ton heure dernière.

L’agneau se défendit. Mangez plutôt mon frère,
A vous nourrir de moi vous mâcheriez en vain,
Mon corps est plus chétif que n’est d’un alevin
La frêle silhouette errant dans la rivière.

Ton frère, dit le loup, pourtant, tu n’en as point,
Et je te trouve gras, et d’un bel embonpoint,
Digne de m’assurer, en ce jour, subsistance.

L’agneau, pour compagnons, avait chiens de berger
Qui n’ont accoutumé de laisser loups manger :
L’animal s’en alla sans la moindre pitance.

Cochonfucius

Deux univers

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image de l’auteur

En pleine nuit, le loup d’argent compose
Un chant sonore aux couplets animés ;
Une sirène, en l’entendant rimer,
Attend qu’en prince il se métamorphose.

Chanter voudrait le lapin, mais il n’ose :
Il craint, du loup, le gosier affamé.
Il veut quitter ce sable mal famé
Pour l’argent pur, où le canard se pose.

Hurle, grand loup, de toute ton haleine :
Tu prendras bien ainsi une baleine
Si jusqu’ici elle vient en nageant.

Deux univers, sans porte qui débouche
De l’un vers l’autre, on ne sait s’ils se touchent,
Argent sur sable et sable sur argent.

Cochonfucius

Cochon lunaire

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Composition de Cochonfucius

Le cinquième porc fit un château sur la lune ;
Au centre d’une plaine, hardiment établi,
Près de la nécropole où sont ensevelis
Des milliers d’ours vêtus de leur fourrure brune.

Les lunaires journées s’y passent une à une ;
Auprès de l’horizon, qui jamais ne pâlit,
De mille astres l’éclat nullement ne faiblit !
La demeure du loup est en forme de dune.

La lune n’a jamais d’instant crépusculaire ;
Les critiques diront : « Ça manque d’atmosphère. »,
Ils ont un peu raison, d’ailleurs, dans l’absolu.

Le loup et le cochon sont nourris par les fées
Aux accords quotidiens de la lyre d’Orphée,
Et de leur différend ne se souviennent plus.

Cochonfucius

L’oiseau Torpon et l’oiseau Torchon

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image de l’auteur

Ils n’ont pas l’esprit bien ouvert,
Ces deux oiseaux que, par mégarde,
Le duc recruta comme gardes
(Ou bien, serait-ce un choix pervers?)

Je les entendis avant-hier
Chantant les airs d’un mauvais barde ;
Si les emportait la Camarde,
Petit serait le fait divers.

Mangeant le grain que leur apporte
Chaque jour la duchesse accorte,
Je crois qu’ils en sont amoureux.

Rêvez-y donc, oiseaux moroses,
Si cela peut vous rendre heureux ;
Vous n’aurez jamais cette rose.

Cochonfucius

Trois sortes de homards

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image de l’auteur

C’est le homard d’azur qui parcourt les sept mers ;
Il danse sur les fonds, il longe les falaises,
Au sein du flot glacial, il a le coeur à l’aise,
Ce n’est pas un souci de nager à l’envers.

Le homard de sinople est roi des océans ;
Son moindre casse-croûte est fait d’une baleine
(Dont les trois quarts, c’est vrai, sont mangés par la reine) ;
Combien sont engloutis par ce gouffre béant !

Quant au grand homard d’or qui règne dans les cieux,
Dessinons-le trois fois, car sa nature est triple :
Père, Fils, Saint-Esprit. Au temple, les disciples
Mangent le corps du Fils ; grillé, c’est délicieux.

Cochonfucius

 

Trinité de sable

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image de l’auteur

La trinité de sable est comme une chandelle,
Ou comme le Surmoi, plus le Ça, plus l’Ego,
Trois actants en un seul, mais peut-être inégaux,
C’est pas simple à capter pour une âme mortelle.

Par la mèche et la cire est une flamme belle;
Pied, cornes et coquille animent l’escargot.
Par Sartre et par Beauvoir vivent les Deux Magots,
Le charpentier n’est rien, sans un Esprit rebelle.

Or, de ces trois seigneurs, aucun n’a de chapeau ;
Aucun n’a de blason, ni, non plus, de drapeau,
Aucun ne passe une heure à se remplir la panse.

Mais j’ai bâti un temple à cette trinité,
C’est le présent sonnet, par ma plume imité
D’un bon auteur auquel, avec respect, je pense.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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