Petit César deviendra Jules

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Une fine sagesse animée de folie,
Le désir de la gloire avec la soif de l’or
Et le goût du combat qui jamais ne s’endort ;
Puis, avec tout cela, des manières polies.

La reine Cléopâtre, en sa mélancolie,
Ne voit plus du palais le magique décor ;
Car du héros qui fut le maître de son corps
Sera, dans peu de temps, l’existence abolie.

À Rome conduis-moi, vaillant batelier grec,
Je vous attendrirai, sénateurs au coeur sec ;
Vous devrez honorer votre compagnon d’armes.

Or, la reine, en tenant ce discours très touchant,
Voit ses espoirs s’enfuir dans le soleil couchant ;
Et Rome en a reçu le trésor d’une larme.

Cochonfucius

Martin Soldat et Martin Troll

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Voici Martin Soldat, le guerrier le pus brave,
Qu’ont pris pour saint patron cent villages français
Et qui nomme une rue par où Robert passait ;
Et voici Martin Troll, qui longtemps fut esclave.

Saint Martin proposa, dans un geste héroïque,
Un manteau pour quiconque en aurait le besoin ;
Le troll ne voulant pas, pour le coup, faire moins,
Les badauds attendaient un échange homérique.

Pourtant, l’apaisement se fit en quelques mots,
Car nos deux cavaliers étaient las des batailles ;
Ni le saint, ni le troll son vêtement ne taille,
Les voilà bavardant, comme des gens normaux.

Cochonfucius

Trois apprentis

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L’apprenti des lointains
Se perd en rêveries;
Dans son étourderie,
Il progresse, incertain.

L’apprenti des montagnes
Est fort, il est carré,
Mais il est égaré,
Trouvant l’école un bagne.

Le disciple barbu
Est rempli de sagesse,
Mais il a ses faiblesses ;
Hier soir, il a trop bu.

Ce que le maître croit :
Rien de tout ça n’est grave,
Car ils deviennent braves,
Ensemble, tous les trois.

Cochonfucius

Astrologie béotienne

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Que nous annonce l’astre ? Est-ce mal ? Est-ce bien?
Quel rang occupe-t-il dans le céleste ensemble ?
Rien n’est bien établi, et l’astrologue tremble,
Voyant que son savoir à peu de chose tient.

L’entends-tu aboyer, notre Étoile du Chien ?
Voudrait-elle alerter un chien qui lui ressemble,
Ou des moutons du ciel que le Berger rassemble?
Tant d’objets sous nos yeux, desquels on ne sait rien…

Cette planète-ci, sur laquelle on peut vivre,
Son avenir est-il évoqué dans tes livres,
Quelle sera sa vie, quelle sera sa mort?

Ce ciel toujours changeant, il est toujours le même
L’astrologue l’observe et le poète l’aime,
Le mourant le revoit dans le temps qu’il s’endort.

Cochonfucius

 

Dame d’Armorique

 

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La Dame d’Armorique habite un paysage
Où le regard se perd en de sourds horizons ;
D’ardoise et de granit sont faites les maisons,
Ce pays parfois montre un austère visage.

On lit au ciel, souvent, de surprenants présages ;
Ce ciel est merveilleux, dans toutes les saisons,
Il donne du beau temps, pas plus que de raison,
Et de neige et de grêle un bien subtil dosage.

Chante, chante très bas cette dame irréelle,
La vie en son manoir ne fut jamais cruelle,
Car tous ses serviteurs sont des hommes de bien.

Au bas d’un brouillard flou se promène une ondine,
Or, de ce qu’elle chante, on n’entend presque rien,
Les voix de ce pays, souvent, sont en sourdine.

Cochonfucius

Dame de l’ermitage

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La Dame, renonçant à ses plaisirs charnels,
A quitté son manoir à l’heure où les gens dorment ;
Elle suit le chemin qu’ombragent de vieux ormes,
Croyant y rencontrer les dieux originels

Qui l’encourageront d’un regard paternel.
Elle écoute son coeur qui veut qu’on le réforme ;
La tâche, à son avis, ne sera pas énorme,
C’est un coeur incertain, pas un coeur criminel.

Elle n’en a rien dit, mais chacun le devine :
Son âme attend le don de la grâce divine
Par laquelle toujours au mal nous échappons.

Elle veut donc prier de l’aube au crépuscule,
Que l’oraison lui serve et de planche et de pont :
Le barde ne croit pas cela si ridicule.

Cochonfucius

Coppée voit une tulipe

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Photographie de Robert Doisneau

Ici la passion du décor
Est ambitieuse et triomphante
Comme les lèvres de l’infante
Sur le front du conquistador.

La splendeur que l’amour enfante,
Ne saurait jamais être en tort ;
Il n’est point de plus beau trésor
Au coeur de la ville étouffante.

Si quelqu’un t’aime, alors tu peux
Oublier les écrits pompeux
Et boire un coup sous les platanes.

Jadis, le vieux Mathusalem
Chantait : « Foin du vaste harem,
J’ai bien assez d’une sultane.

Cochonfucius

L’ondine s’aventure

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Composition de Cochonfucius

L’ondine solitaire est partie à l’aurore ;
Nul ne sait avec quel mystérieux dessein
Elle quitte rivière et cascade et bassin
Pour gagner le sentier à l’étonnante flore.

Le monde des éclats du matin se colore ;
La mousse des sous-bois forme de verts coussins,
L’écorce du platane a d’étranges dessins,
Une racine au sol semble une mandragore.

De sinople et d’argent, tels sont les deux émaux
Dont les arbres, ce jour, ont orné leurs rameaux ;
Mais que leur veut, enfin, la naïade qui rôde ?

À midi, quand du ciel tombe un rayon de feu
Sorti d’on ne sait où, comme issu du ciel bleu,
Survient un jeune troll au regard d’émeraude.

Cochonfucius

Dieu des papillons

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image de l’auteur

Ce dieu sans importance, il se démène en vain ;
Il est devenu vieux, ses ailes sont froissées,
Son esprit est confus, son âme est émoussée,
Il ne sait plus très bien prendre son sort en main.

Il fut jeune, il le pense, il en est incertain,
Il ne retrouve plus ses anciennes pensées ;
Des prières jamais ne lui sont adressées,
Son temple est déserté, au soir comme au matin.

Mais son coeur vibre encore à la douceur des choses,
À ce qu’on lui raconte, à ce qu’on lui propose,
Allons, finalement, d’être vieux, c’est bien doux.

Il se résigne alors, tous les dieux font de même,
Il aime ce qu’il a, n’ayant pas ce qu’il aime,
Ce dieu pratique ainsi la sagesse des fous.

Cochonfucius

 

Dieu des chauves-souris

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image de l’auteur

Ce dieu de peu de poids vole jusqu’à l’aurore ;
Il s’agite beaucoup, mais c’est sans nul dessein,
Il n’entend même pas les conseils de ses saints.
Il goûte le parfum de la nocturne flore.

Quand le bois des éclats du matin se colore,
Le coq retentissant réveille ses poussins ;
Le dieu nocturne trace un étrange dessin
Au-dessus des guérets où dort la mandragore.

La feuille et le plumage ont mêlé leurs émaux
Dans les arbres du parc aux fragiles rameaux ;
Personne, en ce matin, ne voit le dieu qui rôde.

Il craint le grand soleil et ses rayons de feu,
Il ne désire pas voler dans le ciel bleu,
Il veut baigner de nuit son âme d’émeraude.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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