Complainte du taureau vieillissant

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Cinq vaches dans l’enclos, mais parfois davantage ;
Et l’âge a déjà bien refroidi mon ardeur ;
Profiter de la vie, éviter la douleur,
C’est tout ce qui importe aux taureaux de mon âge.

D’après le paysan, j’ai vieilli sans dommage
Et sans être affecté par de trop grands malheurs ;
Mon coeur ne brûle plus des anciennes fureurs,
Faibles sont mes succès, timide est mon courage.

Je ne reconnais plus les airs que j’ai chantés ;
Je ne m’enflamme plus quand on vient me tenter,
Or, cet épuisement n’est pas sujet de plainte.

La loi de l’éleveur me rendit amoureux ;
Et je vécus ainsi, acceptant la contrainte,
Rêvant même, parfois, que j’en étais heureux.

Cochonfucius

Sa Majesté d’Azur

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Du roi, l’allure est noble, et n’est jamais hautaine.
Il a l’air avenant sous sa couronne d’or,
Sa démarche, dit-on, n’est jamais incertaine ;
Son royaume s’étend jusqu’aux rives d’Armor.

Il règne sur un monde où grandissent les chênes,
Où l’aigle, son cousin, souvent prend son essor ;
Le roi est déjà vieux, mais il est toujours fort,
Et bien rouge le sang qui circule en ses veines.

Son crâne de monarque est plein de souvenirs,
Il a vu ses sujets qui dressaient des menhirs,
Ses rêves, dans la nuit, sont peuplés de légendes.

Le printemps reviendra pour son parc embaumer,
Dans la brise de l’est il ira pour humer
Le vent de liberté qui surgit de la lande.

Cochonfucius

 

Chevalier aux deux écus

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Ce noble chevalier monte sur la colline ;
De gueules, son armure est belle comme l’or ;
C’est un homme courtois, et de plaisant abord,
Son sourire lui donne une allure divine.

Il a la nostalgie des étendues marines
Et d’un ami barbu, jurant «mille sabords» ;
Il ne le sent pas bien, ce terrestre décor,
Ce bocage imprégné de couleur anodine.

Lui, sur ses deux écus, n’arbore aucune fleur,
Mais seulement des croix d’une étrange couleur ;
En dehors de cela, rien d’extraordinaire.

Il est un peu trop lourd pour danser dans le vent,
Mais il est tout de même heureux d’être vivant
Sous le ciel traversé par deux grands luminaires

Cochonfucius

Arbre de la Terrasse de l’Est

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D’une bouture il vient, qui jadis fut plantée
Par le Serpent, ou non, ce n’est pas important.
Ceux du Jardin de l’Est toujours vont récoltant
Sa production du jour, fidèlement portée.

Ce fruit peut soulager les âmes tourmentées,
Le goût en est amer, agréable pourtant ;
Or, nos peines par lui nous allons surmontant,
Que la saveur magique a souvent arrêtée.

S’inquiéter pour cela, ce serait sans objet,
L’arbre d’aucune loi ne sera le sujet ;
Le bannir du jardin, quelle rigueur extrême !

Un oiseau quelquefois se pose à son sommet
Pour goûter à ce fruit, mais ne chante jamais ;
Et quand nous en prenons, nous nous taisons, nous-mêmes.

Cochonfucius

un dimanche auprès d’une église

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Peinture chinoise === 张辛稼

Le printemps nous invite à des amours nouvelles
Je n’ai jamais voulu t’installer en prison
Ni construire une histoire ignorant la raison
Hélas sur tes portraits comme je te vois belle

Sous mon toit dans trois jours reviendra l’hirondelle
Pour elle ce sera le temps de couvaison
J’entendrai ses enfants égayer ma maison
A toi j’aurais voulu pouvoir être fidèle

Mais au bas d’une église on s’est dit au revoir
Puisque notre aventure est vraiment sans espoir
Nous entendions la cloche annoncer un baptême

S’il est permis d’écrire un aveu laborieux
S’il est permis d’écrire ici ce mot sérieux
Princesse, je t’aimais, je t’aimerai, je t’aime

Cochonfucius

Sagesse d’un prédateur de gueules

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L’aigle dit à sa proie, que veux-tu, c’est la vie ;
Le beau serpent d’azur lui répond, c’est la mort.
L’oiseau de Jupiter s’élève sans effort,
Et sa faim, semble-t-il, n’est jamais assouvie.

La victime, aujourd’hui vers les noirs cieux ravie,
Se dit qu’elle n’est pas arrivée à bon port ;
Le rapace s’élance et prend un bel essor,
Aérien voyageur qui jamais ne dévie.

Son plumage est voyant, ça ne le gêne point,
Les oiseaux sont souvent comme lui sur ce point :
Ils aiment parader auprès de leurs semblables.

L’aigle n’est pas de ceux qui vont à petits pas,
Car il franchit cent lieues pour trouver son repas ;
Même le serpent bleu le trouve inégalable.

Cochonfucius

 

Seigneur Canard de Sinople

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Il goûte le bonheur d’une gloire inventée,
D’un étrange délire il veut suivre le cours ;
Il néglige pour ça son coeur et ses amours,
Du petit Cupidon, la flèche est rejetée.

De cet honneur fictif son âme est tourmentée,
Il n’en démordra pas, la chose est sans secours;
Il entretient l’idée, tout au long de ses jours,
Des rêves de triomphe emplissent sa nuitée.

Ce canard un peu fou, pas même chevalier,
Se présente en seigneur dans ses lieux familiers,
Aucun de ses amis n’ose le contredire.

Ne le condamnons pas avec trop de rigueur ;
Comme mégalomane, on a déjà vu pire,
Et puis, sa déraison lui vient d’un noble coeur.

Cochonfucius

Cheval rétrocéphale

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Regardant en arrière, il arpente les plaines
Sans même s’arrêter pour boire en un ruisseau ;
Il s’approche du bois où verdissent les frênes,
Non loin du marécage où chantent les roseaux.

Il va sans réfléchir, et sans reprendre haleine ;
Il va sans s’épuiser, ne portant nul fardeau.
Il marche tout le jour vers les terres lointaines
Où dort son ancien maître, en un obscur tombeau.

Il inspecte le ciel pour le mesurer mieux,
Il lit dans le cosmos avec ses nobles yeux,
Saluant au passage un astre qui se lève ;

Il longe de vieux murs, marchant sur le gazon,
Il sait qu’il doit aller plus loin que l’horizon,
Ce cheval obstiné, cet animal qui rêve !

Cochonfucius

Jean du lion

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Le prophète s’en vint pour boire à la fontaine ;
C’est là qu’il rencontra, dans la chaleur du jour,
Un lion abandonné. Jean s’emplit, pour l’amour
De ce petit félin, d’une tendresse humaine.

Tous deux ont pu gagner la bergerie prochaine ;
Le fauve était heureux de trouver du secours,
Et qu’un être à son cri ne se montre pas sourd,
Ayant mille moyens pour soulager sa peine.

Animal et prophète, un mutuel support
Pour jeter des regards sur la vie et la mort ;
Comme Antoine et son porc, ils sont toujours ensemble.

Viendra le charpentier, tu lèveras les yeux
Afin d’interroger cet envoyé des cieux,
Cet amant du désert, qui tant au lion ressemble.

Cochonfucius

Lion avec HDR

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Illustration d’Alice au Pays des Merveilles

Le loup dit au lapin : « Que fais-tu, ces jours-ci? »
Le lapin lui répond : « Je prépare une thèse. »
Le loup se dit alors : « Serait-ce une foutaise ?
(Mais je l’ai vu souvent sur son derrière assis). »

Or, sur ce loup, nul n’a plus rien su de précis.
De même a disparu le tigre du diocèse ;
Puis nombre de jaguars, sans la moindre exégèse.
Donc le renard s’y est intéressé aussi.

Au terrier du lapin, il fait une inspection ;
Rien de particulier n’attire l’attention,
Sauf, du tigre, les os, morceaux non comestibles,

Auprès d’un lion qui siège en un vaste fauteuil.
Que vous soyez lapin, belette ou écureuil,
Choisissez, pour la thèse, un directeur crédible.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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