Lapin-girafe de sinople

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C’est le lapin-girafe, un animal honnête.
Son col est bien construit pour son chef soutenir,
Jusqu’aux feuilles qu’il broute il sait bien parvenir,
Ce joyeux quadrupède est souvent à la fête.

L’on voit très rarement cette charmante bête,
Car il peut invisible en forêt devenir ;
Pour son teint de sinople au mieux entretenir,
Il se plonge dans l’eau, des pieds jusqu’à la tête.

Ses parents sont venus du bocage espagnol,
Ce qu’ils lui ont transmis, c’est ce très noble col,
Et c’est pour ce motif que girafe on le nomme.

Aux girafes d’Afrique, il ne peut s’égaler,
Mais il peut sa ration de feuilles avaler,
Et, quand il la termine, il se sent un autre homme.

Cochonfucius

Lycanthropes

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Le vil serpent, troublant Ève en son âme,
Nous fit quitter le jardin de splendeur ;
Car redoutable était ce séducteur,
Il fut premier à lui dire « Madame ».

Un autre monde est gardé de sa flamme ;
Aucune dame, et deux mâles seigneurs,
Rien ne leur fait l’animal engeigneur,
Ces deux messieurs n’encourront aucun blâme.

Je les ai vus, lavant leurs corps jumeaux
Dans leur Eden, car douces sont les eaux
Qui vont baignant cette retraite sûre.

Quand vient la nuit, un feu est allumé,
Bien éclairant, lent à se consumer ;
Et le serpent dort sur des pierres dures.

Cochonfucius

Saint Tétracéros

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C’est le saint protecteur des socs et des labours ;
Un paysan le prie dans l’angélus qui sonne,
Et le saint bienveillant lui répond en personne,
Il soulage celui dont le fardeau est lourd.

Les jardins sont ornés d’un joli gazon court ;
Dans la taverne, au loin, les servantes fredonnent,
Un buveur épuisé au sommeil s’abandonne,
Et son vin, sans un bruit, dans ses artères court.

Trop ivre, il ne sait plus s’il est bien vif, ou mort ;
Sa tête s’appuyant sur une table, il dort,
Il n’est plus parmi ceux qui de tourments se rongent.

Le saint miraculeux, autrefois fait de chair,
Adoucit près de lui les mouvements de l’air,
Protecteur des sillons et protecteur des songes.

Cochonfucius

Chameau d’azur

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D’azur se montre un chameau vénérable,
Ses deux parents eurent même couleur ;
Garde ton cap, animal de valeur,
Pour toi, le ciel n’est pas inexorable.

Tous les chemins sont pour toi convenables ;
Ton vaillant corps résiste à la douleur,
Ton bel esprit évite le malheur,
Car tu n’es point un animal d’étable.

— J’aime la vie, poète, assurément,
Ta vive plume a fait bon jugement,
Point n’ai sujet de blâmer la Nature.

Mais en mon coeur, un reste de désir
Parfois me fait contre raison choisir ;
Mon âme craint de ne plus être pure.

Cochonfucius

Compagnons d’Artémis

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Ces trois beaux animaux servent avec honneur ;
La sorcière sylvestre à leurs missions préside,
Les quadrupèdes vont vers où l’oiseau les guide,
Sans craindre l’inframonde et sa vision d’horreur.

Les démons du sous-sol sont saisis de frayeur
Quand la sorcière envoie ces bêtes diablicides ;
Préférant accomplir tout ce qu’elle décide,
Je les vois se soumettre, et s’emplir de terreur.

Gouverner les démons, ça se fait par la crainte,
Et l’on échappe ainsi à leur fatale étreinte :
Ils se montrent soumis, sous une main de fer.

Nos trois fiers animaux circulent sans encombre
Dans le dédale obscur des couloirs de l’enfer,
Ce sont les trois seigneurs du domaine des ombres.

Cochonfucius

Sagesse du coq stylite

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Ce coq, rien ne le déconcerte ;
Les dieux bénissent l’eau qu’il boit.
S’il se promène dans les bois,
La flore met sa robe verte.

Toute douceur lui est offerte ;
Le rimailleur, quand il le voit
Songe à des phénix d’autrefois
Aux ailes noblement ouvertes.

Coq, tes ennemis sont maudits ;
Tu es l’oiseau de paradis,
Tel que ce monde nous l’envie ;

Chacun, même le Seigneur Porc,
A de te voir l’âme ravie :
Même Bacchus après ta mort.

Cochonfucius

Serpent qui chante (et qui déchante)

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Toile de Drazenka Kimpel

Le serpent de jadis était un joyeux barde
Écouté de la biche et du fier léopard ;
Son chant véhiculait quelquefois des bobards,
Que peut la vérité contre ceux qui la fardent ?

Quand Eve savourait sa pause méridienne,
Le charmant animal vantait le goût des fruits ;
Il lui en apportait, presque sans aucun bruit,
La femme chérissait l’offrande quotidienne.

Pourquoi brisa-t-il donc ce charmant équilibre ?
Je crois qu’il fut jaloux dans le fond de son coeur ;
Alors il accomplit cet acte destructeur
Par lequel, homme et femme, ils sont devenus libres.

Cochonfucius

Chanson du serpent

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Toile de Emasone

Dieu a-t-il défendu, Dieu peut-il interdire ?
De tout ce qu’il produit, il dit que c’est bien fait,
Alors, comment un fruit peut-il être mauvais ?
J’en ai mangé ce jour, il est bon, je peux dire

Qu’un poète devrait le chanter sur sa lyre.
Et sur l’intelligence, il a de tels effets
Que j’entends mieux le monde, et vois mieux où je vais :
Or, si tu en prenais, toi, Dame que j’admire

Ton éclat deviendrait celui d’une comète,
Rien ne l’égalerait sur toute la planète,
Et tu en donnerais un peu à ton mari.

Homme et femme, investis d’une grandeur divine,
Mon cœur en y songeant s’exalte et s’illumine ;
Plaisir qui ne sera, pour moi, jamais tari.

Cochonfucius

Vingt-deux lettres

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Tav se croit vérité, Shin reprend ce discours ;
Qof et Resh n’ont rien dit, lettres qui peu s’empressent.
Tsadé, trop équivoque, et Pé, la pécheresse,
Ayin, lettre du crime, et Samekh, du secours,

Noun du pas chancelant, Mem du roi dans sa cour,
Lamed et Kaf de gloire, Yod en son allégresse,
Teth pour ce qui est bon, Heth avec son adresse,
Zayn du souvenir, Hé, Vav aux secrets lourds ;

Daleth de pauvreté, Guimel du réconfort,
Beth de bénédiction, Aleph au noble corps,
Le Créateur choisit de n’en retenir qu’une.

Vous avez deviné que ce n’est pas Aleph,
Car de notre alphabet il doit rester le chef ;
Et lui, du divin choix, ne garde pas rancune.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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