Rapace de mars

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image de l’auteur

Vaillant aigle d’azur, très noble, où que tu sois,
Revêtu que tu es d’un bel émail céleste,
Nous admirons ton vol, ton plumage et le reste;
Dans ce vaste univers, tu es faiseur de lois.

À loisir contemplant le décor que tu vois,
Tu suis l’arrière-plan, tu lis ce palimpseste,
Tu franchis le miroir ; ta légende en atteste,
Que rédigea Merlin, en grec, comme il se doit.

Du meilleur des séjours ton âme se contente,
Tu veux que tes repas soient servis sans attente,
Tu chasses dans la plaine, et tu t’en trouves bien.

Dans ce monde accueillant, tes prises seront belles,
Tu feras chaque jour des victimes nouvelles ;
Or, ne t’en prive pas, ce terroir est le tien.

Cochonfucius

Arbre de pourpre

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image de l’auteur

Au coeur d’Eden, il grandit sous les cieux ;
Aucun serpent son fruit ne chantera,
Ni d’en goûter Dame ne tentera,
Il est, ce fruit, invisible à nos yeux.

Donc nul n’en mange, et d’ailleurs c’est tant mieux,
Et nul de pleurs sur lui ne jettera.
Or, ce bel arbre en douceur baignera,
Bois sans histoire, ainsi qu’il plaît aux dieux.

Autour de lui tournent de clairs esprits
Tous d’innocence et de candeur épris ;
Ils dansent là tant que le Soleil luit.

Par le vent fut une branche cassée,
Dont tombe au sol une sève glacée :
Sur le jardin vient une sombre nuit.

Cochonfucius

Amitié sur un forum

pour Luciole

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Peinture de Sushi Sawaki

Le prince apprivoisant son copain le renard
Se sent de plus en plus chez lui sur cette terre ;
Vague est le souvenir de la lointaine sphère
Où une fleur l’avait subjugué par son art.

Ainsi, quand notre vie prend un nouveau départ,
Ce qui venait avant, nous voudrions le taire ;
Mais fort heureusement, cela ne peut se faire :
Barbe-­Bleue doit un jour ouvrir tous ses placards.

Merci donc au forum qui m’a permis de dire
En un sonnet par jour mon meilleur et mon pire,
Et d’avoir eu patience, et d’avoir eu pitié.

Le renard et le prince ont partagé leurs rêves,
Ce qui à leur douleur a pu mettre une trêve ;
Merci à qui me lit avec cette amitié.

Cochonfucius

Oiseau d’azur et de passage

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image de l’auteur

De cet oiseau discret, jamais nulle clameur ;
Ses ailes sont d’azur, mais de sable se frangent.
Très rarement, il plonge et cherche un lit de fange,
Mais on n’en est pas sûr ; serait-ce une rumeur ?

Il a de bons poumons, car il n’est pas fumeur,
N’aimant ni le tabac, ni le haschisch étrange,
Aux avis des meilleurs médecins il se range.
Il plane cependant, ce n’est pas un rameur.

Il a presque toujours un poème à la bouche,
Il n’est pas agressif, il n’a pas l’air farouche;
Plus pur que Parsifal, il ne fait rien de vil.

Il a pitié des boeufs qui souffrent sous l’entrave,
Regardant devant eux d’un air stupide et grave
Depuis quatre mille ans, sur les rives du Nil.

Cochonfucius

Ève et Lilith réconciliées

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image de l’auteur

De jalousie n’étant plus enragées,
Ève et Lilith font ce qui plaît aux dieux ;
Elles vont vivre en un modeste lieu,
Petit village et sa place ombragée.

Car leur colère en douceur est changée,
Qu’avec plaisir je trouve dans leurs yeux ;
Cette fureur qui menaçait les cieux,
N’en parlons plus, l’affaire est arrangée.

Leur langage est devenu vertueux,
Leur bel esprit n’est plus si tortueux,
Claire leur âme, et pure comme l’onde.

Le vieil Adam peut-il les délaisser ?
Ensemble il a leurs jolis noms tressés
En un sonnet, pour embellir ce monde.

Cochonfucius

Pauvre chevalier des alpages

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image de l’auteur

Son manteau pour l’hiver a de trop courtes manches ;
Il nourrit son cheval avec de fins copeaux.
Le pauvre chevalier n’a jamais de repos,
Elle n’est pas pour lui, la trêve du dimanche.

Il ne peut en été boire une bière blanche,
Après une bataille, il n’est jamais dispos ;
Que n’est-il un évêque à l’imposant chapeau,
Ou même, un éleveur dans son chalet de planches !

Un noir démon lui dit que son mal s’accroîtra
Quand il aura perdu la force de ses bras ;
Que n’est-il un bourgeois au fond de sa boutique !

Mais il est chevalier, l’hiver comme l’été,
Sans aucun serviteur, valet ni domestique,
Il conclut cependant : «Tant qu’on a la santé» !

Cochonfucius

Nef de mars et de sable

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image de l’auteur

Nous progressons dans le vent qui soupire,
Surveillés par les goélands transis ;
Dans l’océan n’est aucun raccourci,
Du vent avons le meilleur et le pire.

Non, ce n’est point une nef de porphyre,
Mais bien de sable, aux couleurs du souci :
Portant la mort, et les amours aussi,
Obscure enfin, plus que je ne sais dire.

Sur cette mer ne faisons que passer ;
De lourds trésors ne pûmes entasser,
Qui rares sont aux chemins qu’on explore.

Fiers matelots sans peur et sans émoi,
Nous n’avons point la nostalgie des toits
Ni des hauts murs dont nos villes s’honorent.

Cochonfucius

Un lecteur distrait

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Encre de Peng Xiancheng

Dis, ma vie, ai­-je su te construire en droiture ?
Peut­-être pas. Sachant que chacun est mortel,
J’ai trop entretenu mon penchant naturel
A prendre l’existence avec désinvolture.

Parfois, je fus tenté de forcer ma nature
Et de me lancer dans des trucs exceptionnels ;
Mais une âme rétive aux envols passionnels
Préférera le calme aux folles aventures.

C’est pourquoi tu me vois, assis paisiblement,
Lisant un vieux bouquin, un traité, un roman ;
Sur un coin de la table, une boîte de bière.

Et parfois, cependant, une envie de penser
Dans mon esprit dormant se surprend à danser…
Je pose alors mon livre, et j’éteins la lumière.

Cochonfucius

Sagesse ambiléonine

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image de l’auteur

Un ambilion est ermite en un bois,
Ayant laissé les chasses forcenées ;
Sages se font ses têtes couronnées
Comme les ont quelques hommes de foi.

Sans y penser, il écoute des voix
Dont nullement n’est son âme étonnée,
Qui vers le ciel est maintenant tournée.
Son coeur ne craint ni l’arc ni le carquois

Que les chasseurs emportent sur les voies.
Nul animal n’est à présent sa proie,
Il prend le pain que donnent les passants.

Nul ennemi ne l’atteint d’une flèche,
Cupidon même est ici ramassant
Celles dont il à ce coeur fit des brèches.

Cochonfucius

Arbre d’azur en Eden

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image de l’auteur

De ce que produit l’arbre, Ève fut désireuse ;
Les beaux fruits interdits lui semblaient des joyaux.
Elle n’avait plus soif des sources ni des eaux,
Ni ne l’ont attirée les plantes savoureuses,

Le serpent courtisa cette Dame amoureuse,
Ève toujours assise aux endroits les plus beaux ;
Elle sentit d’Amour la flèche et le flambeau,
Bien facile lui fut la faute monstrueuse.

À se tromper soi-même, on est souvent vaincu ;
Elle vint s’échauffer à ce feu jamais vu,
Comme auprès d’un miroir se vient prendre une oiselle.

Le serpent lui disait qu’elle était jeune et belle,
Et que son coeur gentil d’Amour serait ému
Comme en un grand brasier se perd une étincelle.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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