Dans le manoir de pourpre

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En ce manoir de pourpre est un diable frugal
Mangeant des grains de blé avec une fourchette ;
Et quand il n’en a plus, sa grand-mère en achète,
Ce blé dont les souris, souvent, font leur régal.

Il poursuit les souris pour pillage illégal,
Il envisage aussi d’en faire des brochettes.
Mais les rongeurs, prudents, restent dans leurs cachettes,
On peut les menacer, cela leur est égal.

Le démon veut manger de vaillants petits coeurs,
Les coeurs des amoureux dont les regards moqueurs
Le narguent chaque fois qu’il boit à la fontaine ;

Ces charmants tourtereaux sont amusés de voir
Un seigneur infernal user d’un abreuvoir,
Un seigneur ? pas vraiment, juste un croquemitaine.

Cochonfucius

Le sourire d’Hélène

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Toile de Quirijn van Brekelenkam

De ce siècle il retient le sourire d’Hélène.
Cul de plomb, il lui a tant écrit de sa main
(Au nom propre adressant ces plis de parchemin),
Ou sur poilants albums traçant des cantilènes.

Riche ni pauvre il n’est, il vit sa vie humaine
Comme un porc qui, nourri au fond d’un patelin,
Est si faible que son corps, objet de dédain,
Meurt de froid en allant s’abreuver aux fontaines.

Les ongles tout usés, le poil devenu gris,
Une vieille habitude est en place : il écrit.
De soif, de lassitude, on ne voit rien paraître .

De jeûne il fait hommage à sa Divinité.
Le Turc, heureusement, lui prépare un café ;
Sépulcre, encore un temps ! qu’il se fasse connaître.

Cochonfucius

Lenteur du scribe

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Bien qu’on ne le voie pas en compagnie des filles,
Ce scribe paresseux perd du temps chaque jour ;
Négligeant ses devoirs, négligeant sa famille,
Il rêve obscurément à d’anciennes amours.

Il est contemplatif devant l’âtre qui brille ;
Les dieux trop rarement viennent à son secours.
Dans la botte de foin, s’il faut trouver l’aiguille,
Même un long jour d’été lui semblera trop court.

Sa prose ne contient pas de phrases chrétiennes,
Mais bien des mots tordus que jadis il apprit ;
Il fut toujours meilleur à l’oral qu’à l’écrit.

Du sérieux de sa part, bien peu de gens l’obtiennent ;
Il bosse encore moins à Bordeaux qu’à Paris,
Peu s’en faut, certains jours, que de lire il s’abstienne.

Cochonfucius

Aetosromulus et Remusaetos

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Ils sont tous deux d’une humeur rembrunie,
Car leurs griefs se sont amoncelés ;
Au noble Ciel ils en ont appelé,
Mais la réponse, il ne l’a pas fournie.

Ne pensant rien de leur peine infinie,
Le noble Ciel pour eux reste voilé ;
Car son verdict on ne peut déceler,
Même étant maître en la cosmogonie.

Sur quoi ont-ils demandé jugement ?
C’est fort ancien, on ne sait plus, vraiment.
Leur bon accord bien souvent ils regrettent,

Eux qui jadis eurent même dessein ;
D’où peut venir la querelle secrète ?
Qui peut savoir, rien peut-être, un larcin.

Cochonfucius

Maître et papillon

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S’étant assis dans l’herbe rousse,
Le maître, à l’ombre d’un buisson,
S’endort presque, mais un frisson
Lui procure une pensée douce :

«Ce papillon dépourvu d’ire
Dans ce jardin, s’endort parfois ;
Est-ce lui qui rêve, est-ce moi,
Quel érudit saurait le dire ?»

Il prend une bouteille ronde,
Pleine de vin, et non de fiel,
(Quel plaisir est plus naturel ?)
Et puis s’absente de ce monde.

Cochonfucius

Trois infradieux

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image de l’auteur

Les voici, trois larrons des contrées infernales,
Le plus sombre d’entre eux, c’est le Démolisseur ;
Son cadet, cependant, n’est qu’un Affaiblisseur
Qui donne aux citoyens des maladies banales.

Et le troisième est comme Hercule aux pieds d’Omphale,
Par son art du costume, il est pervertisseur,
En matière de vice il est enchérisseur.
Ainsi vit dans l’horreur la triade fatale.

Or, en cet inframonde on peut les voir voler,
Poursuivant les pécheurs qui furent immolés
Par leur propres démons (ou leurs anges, c’est pire.)

Tu peux les soudoyer, mais ça coûte un peu cher,
Tu n’auras pas assez d’une livre de chair ;
Telle est, jusqu’à présent, la loi de cet empire.

Cochonfucius

Jardin des oliviers

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image de l’auteur

La lune éclaire mal les sentiers tortueux ;
Un figuier, au jardin, se dresse, infructueux.
Quelques bicoqs saluent le Maître qu’ils révèrent,
Mais on sent qu’il n’est pas ici pour boire un verre.

Disciples endormis juste après leur souper,
Frileusement au parc, allongés, regroupés,
Car, dans leurs rangs, n’est point de vaillant Saint Christophe
Qui les aide à veiller avant la catastrophe.

Le fils du charpentier les laisse à leur sommeil,
Il ira leur parler au lever du soleil ;
Il ne peut avec eux partager sa souffrance,
Mais ne veut pas, non plus, la passer sous silence.

Cochonfucius

Sagesse du pelgrane

pelgrane

Un érudit bien ivre aperçut un pelgrane
Qui lui dit de flouter ses manifestations.
L’érudit lui fit part de son approbation :
Le floutage est requis par la licorne et l’âne.

Le pelgrane évoqua du verbe les arcanes,
Puis les lettres d’amour et leur conservation ;
Enfin, les grands bienfaits de la divagation
Ou d’un bel aphorisme émis par un iguane.

Le pelgrane n’est point dans l’erreur populaire,
Il ne propage nul fuligineux mystère
Phénoménologique écrit en allemand.

Il traverse le ciel avec grande assurance ;
S’il trouve un érudit que sa vue met en transe,
Il lui parle sans crainte et sans emballement.

Cochonfucius

Oiseau de nulle part

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image de Pierrette

L’oiseau est doux, car ses plumes sont douces ;
Jamais Eros ne lui lança ses traits,
Jamais un mur n’arbora son portrait,
Nul ne l’a vu, c’est un oiseau de brousse.

Ce volatile un modeste chant pousse,
Bien plus souvent, d’ailleurs, il s’y soustrait.
De son cursus on n’a que des extraits,
Vers nulle part ce long chemin rebrousse.

Si l’on ne peut l’entendre ni le voir,
De ce qu’il fait, l’on ne peut rien savoir ;
Aucune trace et pas de témoignage.

Aussi, sur lui, je ne ferai leçon,
Mais tout au plus une courte chanson
Sur cet oiseau qu’on ne met pas en cage.

Cochonfucius

Fontaine de Bacchus

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image de l’auteur

Le bon vin de Bordeaux n’est pas fait pour les ânes ;
Il vient agrémenter nos manifestations.
Le maire nous fait part de son approbation,
Car, de démagogie, il n’est jamais en panne.

Le vin peut réveiller du verbe les arcanes,
Puis des propos d’amour la douce émanation ;
Il produit les bienfaits de la divagation,
Par lui, Charles Darwin a compris les iguanes.

Le vigneron n’est point dans l’erreur populaire,
Il fait du bon travail, ce n’est pas un mystère,
Son vin pour notre esprit peut servir d’aliment.

Je bois à la fontaine avec grande assurance ;
Or, ce n’est nullement pour rechercher la transe,
C’est pour mon seul plaisir, j’aime boire en rimant.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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