Dupanloup à Rome

erotic-nun

Dupanloup n’était point le plus célibataire.
Un cardinal, chez lui ne trouvant qu’un seul lit,
Interroge une dame, et celle-ci lui dit :
« C’est (que Dieu nous bénisse) un lit communautaire. »

Le nonce au pape Pie va conter ce mystère ;
Dupanloup au courrier reçoit un bel édit
Où, par l’autorité dont il est investi,
Pie le convoque à Rome, à fins disciplinaires.

Dupanloup s’inquiéta : « Dois-je plaider coupable ? »
Par chance il rencontre un cardinal secourable
Qui dit : « Une moniale est avec Pie au pieu. »

Félix va dans la chambre et dit à Pie : « Ma femme
Envoie tous ses respects à votre noble dame. »
La nonne crie « Pour qui se prend-elle, mon Dieu ! »

Cochonfucius

Dialogue eliwlodien

p-11-dialog-karim-nasr

Toile de Karim Nasr

Cochonfucius
I wonder, seeing
I am half drunk,
On the top of the oak
and its branches on high
What the vision
of a wolf, what the illusion.

 

 

 

 

 

Cochonfucius
Je crois bien voir,
en ivresse légère,
Sur ce grand chêne,
à la plus haute branche,
Un vrai babouin.
Quel sens a ma vision ?

the wolf
Cochonfucius,
who attainst drunken haze,
Joy and advantage
of Blue Moon,
The wolf heretofore
hast thou seen.
le babouin
Cochonfucius,
tu as un coup dans l’aile,
Toi dont les mots
disent la lune bleue,
C’est un babouin
que tu vois, il est vrai.
Cochonfucius
I wonder at thy station
by the side of the wall.
And I will
ask of thee in metre
What the illusion,
what the vision, of a wolf.
Cochonfucius
En te voyant
près de ce mur, je doute.
Je t’interroge
en un vers malhabile :
D’un tel babouin,
quel sens a la vision ?
the wolf
Cochonfucius
whose fame hath travelled far
And whose beard
is of gladsome aspect,
The wolf
hast thou seen heretofore.
le babouin
Cochonfucius,
dont brille le renom
Et dont la barbe
a merveilleux aspect,
C’est un babouin,
il est vrai, que tu vois.
Cochonfucius
My dear wolf
on the top of the oak,
If thou beest of the sort
I used to know,
Thou canst not speak
in my language.
Cochonfucius
Cher babouin
sur la plus haute branche,
Si tu es tel
que ceux que j’ai connus,
Comment peux-tu
me parler en ma langue ?
the wolf
Cochonfucius,
syllogical portent,
Before whose onset
nothing stands,
I am Stirner,
of illustrious fame.
le babouin
Cochonfucius,
porteur d’un syllogisme
Aux assauts duquel
chacun doit se rendre,
Je suis Stirner
au renom sans pareil.
Cochonfucius
I know not the kind
of the wolf
As one that frequents
the vales of Flapipas.
The great lord Stirner
liveth far from here.
Cochonfucius
Tu n’as pourtant pas
l’air d’un babouin
Comme ceux qu’on trouve
à Fleuriplumard.
Le seigneur Stirner
vit très loin d’ici.
the wolf
To eat dozens
of mooncakes
And of white wine,
have a number of pints,
Is called gluttony.
le babouin
Manger des côtelettes
par douzaines
Et boire aussi
des litres de vin blanc,
C’est de la goinfrerie.
Cochonfucius
My dear wolf, gentle in discourse,
Speak thou without reserve.
What shall enable me
to escape?
Cochonfucius
Cher babouin au ton si noble,
Parle-moi donc sans contrainte.
Qu’ai-je pour
échappatoire ?
the wolf
Watch the sunrise at every dawn,
And seeking to obtain remission,
Asking the aid of Retsina.
le babouin
Vois le soleil à chaque aurore,
Et pour le pardon de tes fautes,
Sois secouru par Retsina.
Cochonfucius
My dear wolf,
not poor of speech,
I will question thee
on thy discourse.
What is the worst
that might happen to me?
Cochonfucius
Cher babouin
au verbe si riche,
Je t’interrogerai
sur ton discours,
Quel est le pire sort
qui peut m’attendre ?
the wolf
To meet a stupid talking beast,
And get
such a lesson as this,
Going on to eternity.
le babouin
Tomber sur un sot animal qui parle,
Qui donnerait
des leçons de la sorte,
Les prolongeant sur une éternité.
Cochonfucius
My dear wolf of speech
about to depart,
I will ask of thee previously,
Is there a course devoid of hope?
Cochonfucius
Cher babouin parlant,
ton départ est proche,
Je fais auparavant cette demande :
Est-on parfois privé d’espoir ?
the wolf
Cochonfucius
of subtle elocution,
If thou wouldest obtain
a share of the world,
With the mighty hope is weak.
le babouin
Cochonfucius
aux subtiles paroles,
Si tu désires
avoir ta part du monde,
Pouvoir te permet peu d’espoir.
Cochonfucius
My dear wolf of blameless aspect
And whose discourse is not evil,
Art thou Stirner or someone else?
Cochonfucius
Cher babouin au corps sans tache,
Tu ne prêches pas le mal,
Es-tu Stirner ou un autre ?
the wolf
Cochonfucius
audacious in the onset,
If I be Stirner,
Am I a good connection of thine?
le babouin
Cochonfucius
aux assauts impétueux,
Si je suis bien Stirner,
Suis-je ou non de tes proches ?
Cochonfucius
My dear wolf,
untreacherous in discourse,
If thou art Stirner,
Were the loggers
good around thee?
Cochonfucius
Cher babouin dont le discours
n’est pas trompeur,
Si tu es bien Stirner,
Les hypermétropes,
qu’ont-ils fait de toi ?
the wolf
Cochonfucius,
audacious in answering,
Before whose face
no enemy standeth,
From death there is no escape.
le babouin
Cochonfucius,
toi qui réponds sans crainte,
Et devant qui
ne tient nul adversaire,
La mort n’a pas d’échappatoire.
Cochonfucius
My dear wolf,
undisguised of speech,
No one could give
better lessons,
I shall write this dialogue
in a book.
Cochonfucius
Cher babouin, toi qui fuis
l’euphémisme,
Nul mieux que toi
ne peut m’instruire,
Je vais noter ce dialogue
en un livre.
the wolf
If thou seekest
to write it black on white,
And let your followers learn it,
Blessed art thou
by the heaven of mice.
le babouin
Si tu nous le mets
noir sur blanc
Et le fais lire à tes disciples,
je te bénis
par le ciel de boudin.

Cochonfucius

Fil d’Ariane

essx

image de l’auteur

Le labyrinthe est noir et blanc ;
Piaf-Tonnerre y circule en rêve.
N’y pensant plus quand il se lève,
Il ne m’en parle pas souvent.

Un ondin marchant sur la grève
Rencontre un dessin captivant ;
Pour le lire, il faut un savant,
Un ermite à la barbe brève.

Le rêveur, d’être parvenu
À son but, s’est-il souvenu ?
En un autre songe, peut-être.

Sortir de cet endroit hanté,
Pour lui, c’est peu de nouveauté,
Déjà le firent ses ancêtres.

Cochonfucius

Ève et Lilith en leur village

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image de l’auteur

Loin du vieux père Adam qui veut vivre en ermite
(Car son fils préféré repose en un tombeau),
Ève et Lilith s’en vont dans un pays fort beau
Dont de vastes forêts ont marqué la limite.

Adam va-t-il écrire un testament nouveau ?
S’il agissait ainsi, que nul ne s’en irrite !
Celui qui dans l’Eden depuis toujours habite
Laisse surgir les mots que dicte son cerveau.

Au village, pourtant, s’activent ses deux femmes.
Le travail est un bien pour leur innocente âme
Qui des riches moissons apprécie la beauté ;

Mais Adam reste seul avec le mauvais Ange,
Ensemble ils ont trop bu de ce breuvage étrange
Qui leur fait découvrir l’inframonde enchanté.

Cochonfucius

La croix

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Dessin de Dali

Il fit sa propre croix le fils du charpentier
Lui qui était fait pour citer les écritures
Parcourir les chemins guérir les créatures
Mais de son propre corps il n’a pas eu pitié

Il en eut pour longtemps sur ce sacré chantier
Le bois des oliviers est une essence dure
Il ne savait à qui adresser la facture
Au père et à l’esprit peut-­être par moitiés

Construisant le moyen d’entrer dans le néant
Et aussi d’édifier même les mécréants
Par sa résignation et sa douceur parfaites

Pour faire de l’esclave un homme moins craintif
Pour réparer le tort du vieil Adam fautif
Il accepta la mort qu’annonçaient les prophètes

Cochonfucius

Écureuil-girafe de sinople

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image de l’auteur

Il se nourrit de fruits, mais préfère les fleurs ;
Il ne perd point son temps dans des disputes vaines,
Il vaque sans ennui, sans labeur et sans peine,
Acceptant quelquefois de légères douleurs ;

Le jeu, le déplaisir, le bonheur, le malheur,
Jamais rien de cela pour de bon ne le gêne,
Il vit dans la forêt, ne portant pas de chaînes,
Et ne se livre pas au rire ni aux pleurs.

Aux alentours de lui, tout change et rien ne change,
Ce n’est pas lui qui va trouver la chose étrange,
Ne posant pas souvent de questions sur son sort.

Or, sa vie est semblable à la mer vagabonde
Où le flot sert le flot et l’onde approuve l’onde,
Où l’on a tout loisir de songer à la mort.

Cochonfucius

Dragon d’azur et d’or

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image de l’auteur

Un siècle au dragon ne fait pas de rides ;
Il a connu dix mille nuits d’été,
Mais quand il y songe, il a l’oeil humide,
Tant de mots d’amour jadis écoutés !

Pendant son enfance, il fut bien timide ;
Et quand sa jeunesse un jour l’a quitté,
Son coeur se sentit plus qu’à moitié vide.
De sa séduction, plus rien n’est resté ;

La vie, cependant, ne fut pas cruelle
À ce monstre bleu, à ce dragon frêle
Qui voit s’approcher l’ombre d’un tombeau.

Ces années de vie ont eu bien des charmes,
Il ne convient pas de verser des larmes,
Sur un tel destin, qui fut assez beau.

Cochonfucius

Vicomtesse azurée

Avatar de pierretteHéraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

est

image de l’auteur

Elle ne veut en son fief nulle guerre ;
Son âme est pure, et son coeur ne craint rien,
Ne fait nul mal et souvent fait du bien,
Aimée du ciel et adulée sur terre.

En son esprit l’espérance elle enserre,
Puisque jamais ne se rompt un tel lien ;
Bonne saison pour elle et pour les siens,
Régnez longtemps, dame si débonnaire.

Les vagabonds peuvent se déplacer
En son domaine et chez elle passer,
Ils recevront largesse sans égale.

Car, s’ils ont soif, on leur donne de l’eau,
Même parfois un verre de pineau,
Que la fourmi n’offrit à la la cigale.

Cochonfucius

Voir l’article original

Oenophores

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image de l’auteur

Bacchus offre le vin contre l’adversité ;
Celui qui a bien bu traverse les orages,
Son coeur reste serein, même en cas de naufrage,
Il reprend un godet avant d’être irrité,

Aux porteuses de vin fait des civilités,
Par mille traits d’esprit leur fait prendre courage.
Un petit air moqueur se lit sur leur visage,
Elles qui font vertu de la nécessité.

Leur travail de portage est fait avec grand soin :
Car elles marchent vite, et courent au besoin.
Nul ne manque de vin, je le dis, j’en atteste ;

Combien les ai-je vu de litres débiter
Que je faisais descendre avant de les quitter ;
Mais je suis devenu un client plus modeste.

Cochonfucius

Saint Poziom

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image de l’auteur

Il visite souvent la chapelle gothique ;
Saint Poziom est le nom de ce moine spectral.
Le vitrail effondré laisse entrer le mistral
Qui engourdit mon âme ainsi qu’un narcotique.

La chapelle est banale et n’a rien d’exotique ;
Mais j’entends le fantôme, et son chant sépulcral
N’est assurément pas un effet théâtral,
On dirait bien plutôt un refrain psychotique.

Dois-je me demander si maintenant je dors
Dans ma douillette chambre où le silence est d’or ?
Que j’aimerais pouvoir interroger la lune !

Ne l’ai-je déjà fait, ce rêve au goût de mort ?
N’est-il point familier, le livre dont il sort ?
Aloysius, farceur, prophète de fortune !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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