Serpent qui chante (et qui déchante)

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Toile de Drazenka Kimpel

Le serpent de jadis était un joyeux barde
Écouté de la biche et du fier léopard ;
Son chant véhiculait quelquefois des bobards,
Que peut la vérité contre ceux qui la fardent ?

Quand Eve savourait sa pause méridienne,
Le charmant animal vantait le goût des fruits ;
Il lui en apportait, presque sans aucun bruit,
La femme chérissait l’offrande quotidienne.

Pourquoi brisa-t-il donc ce charmant équilibre ?
Je crois qu’il fut jaloux dans le fond de son coeur ;
Alors il accomplit cet acte destructeur
Par lequel, homme et femme, ils sont devenus libres.

Cochonfucius

Chanson du serpent

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Toile de Emasone

Dieu a-t-il défendu, Dieu peut-il interdire ?
De tout ce qu’il produit, il dit que c’est bien fait,
Alors, comment un fruit peut-il être mauvais ?
J’en ai mangé ce jour, il est bon, je peux dire

Qu’un poète devrait le chanter sur sa lyre.
Et sur l’intelligence, il a de tels effets
Que j’entends mieux le monde, et vois mieux où je vais :
Or, si tu en prenais, toi, Dame que j’admire

Ton éclat deviendrait celui d’une comète,
Rien ne l’égalerait sur toute la planète,
Et tu en donnerais un peu à ton mari.

Homme et femme, investis d’une grandeur divine,
Mon cœur en y songeant s’exalte et s’illumine ;
Plaisir qui ne sera, pour moi, jamais tari.

Cochonfucius

Vingt-deux lettres

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image de l’auteur

Tav se croit vérité, Shin reprend ce discours ;
Qof et Resh n’ont rien dit, lettres qui peu s’empressent.
Tsadé, trop équivoque, et Pé, la pécheresse,
Ayin, lettre du crime, et Samekh, du secours,

Noun du pas chancelant, Mem du roi dans sa cour,
Lamed et Kaf de gloire, Yod en son allégresse,
Teth pour ce qui est bon, Heth avec son adresse,
Zayn du souvenir, Hé, Vav aux secrets lourds ;

Daleth de pauvreté, Guimel du réconfort,
Beth de bénédiction, Aleph au noble corps,
Le Créateur choisit de n’en retenir qu’une.

Vous avez deviné que ce n’est pas Aleph,
Car de notre alphabet il doit rester le chef ;
Et lui, du divin choix, ne garde pas rancune.

Cochonfucius

Rapace de mars

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image de l’auteur

Vaillant aigle d’azur, très noble, où que tu sois,
Revêtu que tu es d’un bel émail céleste,
Nous admirons ton vol, ton plumage et le reste;
Dans ce vaste univers, tu es faiseur de lois.

À loisir contemplant le décor que tu vois,
Tu suis l’arrière-plan, tu lis ce palimpseste,
Tu franchis le miroir ; ta légende en atteste,
Que rédigea Merlin, en grec, comme il se doit.

Du meilleur des séjours ton âme se contente,
Tu veux que tes repas soient servis sans attente,
Tu chasses dans la plaine, et tu t’en trouves bien.

Dans ce monde accueillant, tes prises seront belles,
Tu feras chaque jour des victimes nouvelles ;
Or, ne t’en prive pas, ce terroir est le tien.

Cochonfucius

Arbre de pourpre

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image de l’auteur

Au coeur d’Eden, il grandit sous les cieux ;
Aucun serpent son fruit ne chantera,
Ni d’en goûter Dame ne tentera,
Il est, ce fruit, invisible à nos yeux.

Donc nul n’en mange, et d’ailleurs c’est tant mieux,
Et nul de pleurs sur lui ne jettera.
Or, ce bel arbre en douceur baignera,
Bois sans histoire, ainsi qu’il plaît aux dieux.

Autour de lui tournent de clairs esprits
Tous d’innocence et de candeur épris ;
Ils dansent là tant que le Soleil luit.

Par le vent fut une branche cassée,
Dont tombe au sol une sève glacée :
Sur le jardin vient une sombre nuit.

Cochonfucius

Amitié sur un forum

pour Luciole

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Peinture de Sushi Sawaki

Le prince apprivoisant son copain le renard
Se sent de plus en plus chez lui sur cette terre ;
Vague est le souvenir de la lointaine sphère
Où une fleur l’avait subjugué par son art.

Ainsi, quand notre vie prend un nouveau départ,
Ce qui venait avant, nous voudrions le taire ;
Mais fort heureusement, cela ne peut se faire :
Barbe-­Bleue doit un jour ouvrir tous ses placards.

Merci donc au forum qui m’a permis de dire
En un sonnet par jour mon meilleur et mon pire,
Et d’avoir eu patience, et d’avoir eu pitié.

Le renard et le prince ont partagé leurs rêves,
Ce qui à leur douleur a pu mettre une trêve ;
Merci à qui me lit avec cette amitié.

Cochonfucius

Oiseau d’azur et de passage

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image de l’auteur

De cet oiseau discret, jamais nulle clameur ;
Ses ailes sont d’azur, mais de sable se frangent.
Très rarement, il plonge et cherche un lit de fange,
Mais on n’en est pas sûr ; serait-ce une rumeur ?

Il a de bons poumons, car il n’est pas fumeur,
N’aimant ni le tabac, ni le haschisch étrange,
Aux avis des meilleurs médecins il se range.
Il plane cependant, ce n’est pas un rameur.

Il a presque toujours un poème à la bouche,
Il n’est pas agressif, il n’a pas l’air farouche;
Plus pur que Parsifal, il ne fait rien de vil.

Il a pitié des boeufs qui souffrent sous l’entrave,
Regardant devant eux d’un air stupide et grave
Depuis quatre mille ans, sur les rives du Nil.

Cochonfucius

Ève et Lilith réconciliées

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image de l’auteur

De jalousie n’étant plus enragées,
Ève et Lilith font ce qui plaît aux dieux ;
Elles vont vivre en un modeste lieu,
Petit village et sa place ombragée.

Car leur colère en douceur est changée,
Qu’avec plaisir je trouve dans leurs yeux ;
Cette fureur qui menaçait les cieux,
N’en parlons plus, l’affaire est arrangée.

Leur langage est devenu vertueux,
Leur bel esprit n’est plus si tortueux,
Claire leur âme, et pure comme l’onde.

Le vieil Adam peut-il les délaisser ?
Ensemble il a leurs jolis noms tressés
En un sonnet, pour embellir ce monde.

Cochonfucius

Pauvre chevalier des alpages

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image de l’auteur

Son manteau pour l’hiver a de trop courtes manches ;
Il nourrit son cheval avec de fins copeaux.
Le pauvre chevalier n’a jamais de repos,
Elle n’est pas pour lui, la trêve du dimanche.

Il ne peut en été boire une bière blanche,
Après une bataille, il n’est jamais dispos ;
Que n’est-il un évêque à l’imposant chapeau,
Ou même, un éleveur dans son chalet de planches !

Un noir démon lui dit que son mal s’accroîtra
Quand il aura perdu la force de ses bras ;
Que n’est-il un bourgeois au fond de sa boutique !

Mais il est chevalier, l’hiver comme l’été,
Sans aucun serviteur, valet ni domestique,
Il conclut cependant : «Tant qu’on a la santé» !

Cochonfucius

Nef de mars et de sable

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image de l’auteur

Nous progressons dans le vent qui soupire,
Surveillés par les goélands transis ;
Dans l’océan n’est aucun raccourci,
Du vent avons le meilleur et le pire.

Non, ce n’est point une nef de porphyre,
Mais bien de sable, aux couleurs du souci :
Portant la mort, et les amours aussi,
Obscure enfin, plus que je ne sais dire.

Sur cette mer ne faisons que passer ;
De lourds trésors ne pûmes entasser,
Qui rares sont aux chemins qu’on explore.

Fiers matelots sans peur et sans émoi,
Nous n’avons point la nostalgie des toits
Ni des hauts murs dont nos villes s’honorent.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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