Dragon-girafe de gueules

arex

image de l’auteur

Heureusement pour lui, sa tête fut légère !
Il chantait chaque jour ses psaumes vespéraux ;
C’est d’un dragon-girafe, et non pas d’un héros
Que s’ornait autrefois cette terre étrangère.

Or, même d’un dragon, la forme est passagère ;
Il ne chassera plus la biche ou le blaireau,
Il repose à présent sous un sombre terreau
Dans un vallon tranquille où dansent les fougères,

Un rhapsode l’évoque en ses chants inaudibles ;
Il raconte en ses vers des choses peu crédibles,
Narrant par le menu ses exploits de plongeur.

La mémoire est ainsi, pas toujours trop subtile ;
Que ce soit ce dragon ou d’autres volatiles,
Que peut-on savoir d’eux ? Ça me laisse songeur.

Cochonfucius

La licorne a fait un camembert

francesco-di-giorgio-martini-xx-chastity-with-the-unicorn-1463-xx-private-collection

Toile de Francesco Di Giorgio-Martini

Des mots s’envolent aux antipodes, s’envolent aux antichambres, des mots s’envolent jusqu’à notre reine (et ça c’est la chose effrayante), que la grande licorne a fait un camembert pour l’offrir au roi des barbares.

-Viens ici, viens ici, ma grande licorne, viens ici, mais raconte-moi comment tu as fait un camembert qu’hier soir j’ai vu manger au roi.
-J’ai moulé sa forme avec une louche, je l’ai mûri dans la cave, le plus coulant, le plus savoureux que jamais eût mangé le roi.

-Viens ici, viens ici, ma grande licorne, viens ici, tu vas me suivre, on donne une fête à mon village, toi et moi nous irons à la fête.
N’a pas ferré ses pieds par du fer, ne s’est ferrée par du cuivre, a mis aux pieds ses fers en or pour aller voir la fête au village.

Voici qu’elle vint dedans la place pour admirer la fête. La dame de la terre et la dame de la guerre crièrent leur pitié pour elle. De vos pitiés je n’en veux guère, vos pitiés pour mon âme, n’eussé-je point fait un tel camembert, au village ne fussé-je venue.

Mes fers, mes fers en or sont à prendre, ne touchez ma crinière. Cachez mes yeux avec des oeillères, que jamais je ne voie l’invisible. Jamais ma mère n’eut la pensée, me berçant autrefois, que j’irais voir tant de cérémonies, que j’irais au supplice en cette guise.

Hier soir j’ai lavé les pieds de la reine, j’ai posé sur elle la couronne, ce soir je reçois le prix de ma peine, vous tous, ayez pitié de moi. Alors survint le roi barbare. Ma grande, j’ai de la pitié pour toi, viens ici, viens ici, ma grande licorne, allons manger des lasagnes.

Tais-toi, seigneur, mon roi, mon maître, stoppe ici ton délire. Si tu voulais sauver ta licorne, hier tu aurais pris sa défense. Hier soir il y avait quatre grandes licornes, ce soir trois il y en aura, la licorne rouge et la licorne bleue, la licorne arc-en-ciel et moi-même.

Cochonfucius

Tonneau d’or et de gueules

artf1

image de l’auteur

Le lourd tonneau magique à la cave est dormant ;
Une étrange potion s’y trouve contenue,
Dont la recette fut au seul druide connue,
Au grand Panoramix, maître en enchantements.

La cave que traverse une noire avenue
Invite le regard vers plusieurs fûts charmants.
Le pensif sommelier, qui marche pesamment,
Goûte à longueur de temps des boissons saugrenues.

Les rats de ce cellier, par lui effarouchés,
Pour plus de précaution sont allés se coucher ;
C’est l’heure unique et douce où mûrit la fortune

Des puissants élixirs dans les tonneaux chanceux,
Pour un poète, un fou, un buveur, et tous ceux
Dont le coeur fatigué loge un rayon de lune.

Cochonfucius

Le Bateau-Lyre

lyre-nefs

image de l’auteur

Pour propulser mon navire,
Aucun équipement lourd,
Mais l’harmonie de ma lyre
Résonnant jour après jour.

La certitude, le doute,
Les battements de mon coeur,
Et la nef se trouve en route,
Emportant ses voyageurs.

Même en allant vers sa tombe,
Elle garde claire voix,
Ma commère la colombe
Qui sait les chants d’autrefois.

Cochonfucius

 

Dame du crépuscule

arln1

image de l’auteur

D’un roi déjà bien vieux, la dame fut éprise ;
Je la voyais parfois vers son front se pencher.
Le château se dressait au sommet d’un rocher,
Un gigantesque empire était sous son emprise.

Le donjon, caressé par l’estivale brise,
Se rapprochait du ciel, comme pour le toucher ;
Au cellier, l’alchimiste, occupé à chercher
La clé des mutations, avait les tempes grises.

Les gens, ne sachant pas si c’est un bien pour eux,
Négligent ce trésor, et ne sont désireux
D’aucune diablerie, d’aucune découverte ;

Les maîtres du manoir, disent-ils, sont perdus,
Car la dame et le roi ne seront défendus
Que par ce magicien, et c’est en pure perte.

Cochonfucius

Trois beaux oiseaux de sinople

artx

image de l’auteur

L’oiseau des temps anciens se pose sur ma treille ;
Je ne lui offre pas le vin de mon cellier,
Mais j’accueille avec joie cet hôte familier :
Il me vient du passé qui dans mon âme veille.

L’oiseau de l’avenir, quand surgit une abeille,
En aucune façon ne la veut houspiller ;
Elle tourne, paisible, autour de l’espalier,
Et son bourdonnement est plaisant à l’oreille.

L’oiseau du temps présent dissimule sa face,
Mais je me doute bien qu’il me fait la grimace ;
Puisque j’ai du bon vin, je ne m’en soucie pas.

Passé, présent, futur, répartis de la sorte,
Ils ne peuvent jamais revenir sur leurs pas ;
Et moi, dans mon jardin, je songe aux années mortes.

Cochonfucius

Ludovicus Leo

arsx2.png

image de l’auteur

Il tient son tribunal dans l’ombre d’un grand chêne ;
Les litiges jamais il ne laisse dormir.
Contre toute injustice il rage et se déchaîne,
Prononçant des verdicts, que c’en est un plaisir.

Les autres animaux craignent sa voix hautaine ;
Et malgré sa fonction qui lui sied à ravir,
Sa légitimité, à leurs yeux, n’est pas pleine.
Or, le flux des dossiers, il le voit se tarir.

De ces bêtes des bois la règle d’existence,
Est. «Sans déposer plainte, acceptons la souffrance,
Un jugement du roi ne vaut une chanson !»

Il lève son regard vers la voûte azurée
Pour demander conseil à la nuit éthérée,
Mais la lune pour lui n’a que ses froids rayons.

Cochonfucius

Neige de Lutèce

ara2.png

image de l’auteur

Lutèce sous la neige est comme inanimée ;
Car les passants chez eux se sont tous retirés.
Dans les eaux de la Seine, il ne peut se mirer,
Ce ciel qui voit d’en haut la crue inentamée.

Mon bus ne suivra pas sa ligne accoutumée ;
Quant aux quelques taxis, ils se font désirer.
Jours de neige, vraiment, qui vous peut adorer ?
Un rhapsode rêveur ? Une muse enflammée ?

Les hivers de jadis, j’aime à m’en souvenir,
Ces jours que je désire en mon coeur retenir ;
Et des vents déchaînés l’effrayante victoire.

À ces jours révolus nous nous sentons liés,
Et si l’âge nous fait toute chose oublier,
Toujours quelques flocons seront dans ma mémoire.

Cochonfucius

Errance du charpentier

arllj.png

image de l’auteur

Le fils de Notre-Dame erre en ce matin blême,
Guérissant, pardonnant, prêchant, sept jours sur sept ;
À peine on reconnaît l’enfant de Nazareth,
Fils d’humble travailleur et charpentier lui-même.

Un ange dans le ciel prépare un diadème,
Pendant que son cousin, le fils d’Élisabeth
Reproche au grand monarque un mariage pas net ;
L’un et l’autre sachant qu’ils auront des problèmes.

La couronne de fleurs qu’apporte un séraphin
Rappelle qu’un mortel ne peut vivre sans fin ;
De la condamnation, sa foi se consolide.

L’ermite en son désert se nourrissait de miel ;
Mais le pain et le vin nous rendent plus valides,
L’esprit devient léger, comme un nuage au ciel.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.