Hommage à Panurge

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image de l’auteur

Ces deux nobles béliers ne sont pas ridicules ;
Nous les voyons danser au jardin de Monceaux.
Sans doute, aucun des deux n’a su rester puceau ;
Or, jamais les brebis ne prennent la pilule.

Près de la pièce d’eau qui plaît aux libellules,
À plus d’une conquête ils ont donné l’assaut ;
En tout bien tout honneur, un bélier n’est pas sot,
Il partage toujours ses plaisirs minuscules.

Si son discours charmeur séduit et aboutit,
Tel un bon ouvrier, il a de bons outils ;
Qu’importe si, parfois, sa langue est surannée…

Ce sont de bons béliers, non des épouvantails ;
De maîtresses aimés depuis plusieurs années,
Dans ce jardin public aux augustes portails.

Cochonfucius

Dame des beaux rêves

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image de l’auteur

En rêve me visite une rêveuse dame,
Elle a charmante voix, charmant visage aussi,
Notre rêve n’est pas brisé par le souci ;
C’est un rêve dansant, c’est un rêve de flamme.

Un songe que jamais nulle crainte n’entame,
Aucun de nous deux n’est un amoureux transi ;
Puisque nous sommes vieux, nos coeurs sont endurcis,
C’est le sens de la paix qui emplit nos deux âmes.

Vainement les éveils nous menacent, alors
Que notre ardente foi paralyse nos corps ;
Et songer au matin, ça nous laisse de glace ;

Que ce beau rêve soit de la bonne longueur,
Chaque nuit je deviens ce dormeur dont le coeur
Anime bravement une inerte carcasse.

Cochonfucius

Le seigneur Picrochole

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image de Pierrette

Le seigneur Picrochole a donné pour consigne
Que l’on fasse la guerre au seigneur Grandgousier.
Il a mobilisé treize mille obusiers,
Cette imposante armée en bon ordre s’aligne.

C’est le mauvais penchant de ce monarque indigne
Qui de l’affrontement alluma le brasier ;
Picrochole est pervers au point d’apostasier
La foi qu’il faut avoir en le fruit de la vigne.

A sauver le raisin Frère Jean se consacre ;
Il pourfend les soldats, ces fauteurs de massacre,
Pour défendre le sang du fils du charpentier.

Puis un très grand cheval déverse son urine
Dont la plaine est noyée, ainsi que les collines,
Afin, guerriers maudits, que vous vous repentiez.

Cochonfucius

victoire-de-la-mort

Toile de Bruegel l’Ancien

Piscisromulus et Remuspiscis

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image de l’auteur

L’eau de cet affluent est bien froide en hiver,
Il n’est pas réchauffé par le volcan qui fume ;
On entend résonner des cris d’oiseaux pervers
Mais on ne peut les voir, ils volent dans la brume.

Le dieu des eaux, pourtant, riposte d’un son clair ;
De ces poissons jumeaux la bonne humeur s’allume.
Allez chanter plus loin, oiseaux de Lucifer !
Ce cours d’eau n’aime point votre sombre amertume.

La rivière, emportant les vivants et les morts,
Porte tous ces fardeaux sans peine et sans effort,
Et son flot est plus froid que l’air froid de décembre.

Pouvez-vous, dieux-poissons, éprouver de l’ennui ?
Cela se pourrait bien, car longues sont vos nuits,
Et dans ce vaste flot, vous n’avez pas de chambre.

Cochonfucius

Crocodile et pluvian

 

Dessins de Gotlib

Le crocodile, un jour, disait à un pluvian :
Es-tu sûr de pouvoir exercer, toi, dentiste,
Qui, selon les meilleurs de nos zoologistes,
Comme tous les oiseaux, es dépourvu de dents ?

Le pluvian, bien peinard, sourit en répondant :
Toi qui n’as pas de coeur, méchant reptile triste,
Pour montrer tes émois, fréquemment, tu insistes,
Et sur les bords du Nil, tu vas, larmes versant…

Le boulanger n’est pas un bonhomme en farine,
La boussole n’est pas une bête marine,
Un grand livre n’est pas un animal lecteur.

Le feu n’est point dans l’âtre une chose frileuse,
Ni le papier, non plus, une entité liseuse ;
De poèmes n’est point le poète amateur.

Cochonfucius

Amphisbène aquatique

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image de l’auteur

De l’ambidieu Janus, il est un vrai symbole ;
Il peut sonder le coeur des vivants et des morts,
Il sait bien maîtriser son esprit et son corps,
Sans jamais proférer une seule parole.

Ne croyez surtout pas que cela le désole,
Il n’est pas moins heureux devant tous ses trésors ;
Il traverse la vie sans peine et sans effort,
Et jamais n’envia les oies du Capitole.

La sirène aux aguets, pour entendre sa voix,
Vainement s’est tenue près de lui, maintes fois ;
Or, à cette évidence il faut qu’elle se rende.

Tantôt il nage en haut, tantôt il nage en bas,
Beaucoup de gens le voient, mais jamais ne l’entendent,
Il est d’un grand savoir, mais il ne parle pas.

Cochonfucius

Fleur de chevalerie

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image de l’auteur

C’est une fleur magique à l’étrange figure ;
Elle connaît des sorts, réels ou inventés :
Même le vent d’hiver ne la peut démonter,
C’est un fier végétal, force de la nature.

L’abeille du jardin peut bien, par aventure,
Se laisser attirer par sa sombre beauté ;
Son zèle, cependant, sera bien mal traité,
Car sa belle couleur n’est que vaine peinture.

Cette fleur peut parler des plus obscurs sujets,
Elle peut évoquer de mystérieux objets ;
Même si le crapaud se rit de son audace.

On trouve rarement telle fleur sous les cieux,
Qui charme nos regards quand nous nous faisons vieux :
Fleur de chevalerie, la fleur du temps qui passe.

Cochonfucius

Rainette azurée

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image de l’auteur

La rainette azurée saute au long des allées ;
Son minuscule coeur ignore le souci.
Les dieux de ce jardin aiment la voir ainsi,
Elle semble en ce monde une dame exilée.

Salutaire grenouille à la vie bien réglée,
Tu n’as pas au hasard choisi ce jardin-ci ;
Mais c’est qu’il a charmé ton esprit éclairci,
Et tu peux, sans mentir, être «reine» appelée.

En sagesse une muse, une ondine en beauté,
Duchesse en gravité, princesse en chasteté,
Je te prends pour modèle et tu me sers d’exemple.

Et d’ailleurs, ce jardin est terre de vertu ;
Même si, sur ce point, La Fontaine s’est tu :
Il n’a point pris le temps de visiter ce temple.

Cochonfucius

Donjon de gueules

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image de l’auteur

Les maîtres du donjon ne font pas leur ménage,
Je ne vois pas non plus les servants s’agiter.
Le modeste baron qui tient cet apanage,
Contemple la poussière avec sérénité.

Il tient plutôt la forme, en dépit du grand âge,
Il trouve autour de lui la paix, de tous côtés ;
Ils s’en va boire avec les gens du voisinage,
Du vin bien rafraîchi, l’hiver comme l’été.

Même s’il a perdu son énergie ardente,
Il garde autour de lui deux ou trois confidentes,
Servantes au grand coeur qui jadis lui ont plu.

À dire leur beauté, je ne saurais prétendre
Je dirai simplement que je les trouve tendres ;
Et quant à ce poème, elles ne l’ont pas lu.

Cochonfucius

Ornithogriffe

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image de l’auteur

Ses griffes sont d’acier. Il marche d’un pas lourd ;
Il ne s’envole pas comme les hirondelles,
Ça ne lui plairait pas, d’ailleurs, il n’a pas d’ailes ;
Il erre au boulevard et dans les carrefours.

Il ne voit pas trop mal, il est loin d’être sourd,
Il reconnaît de loin l’odeur de l’asphodèle ;
À sa simple routine il se montre fidèle,
Car il ne rêve plus d’impossibles amours.

Il se lie volontiers, il n’est pas bien farouche,
Et presque au grand jamais ne fait la fine bouche ;
De l’aube printanière il aime la pâleur.

Il aime découvrir une ville inconnue ;
Mais bien aussi la friche aux étonnantes fleurs,
Ou le grand vent d’hiver frôlant la terre nue.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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