Crosse en l’air

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La crosse a dit : «Assez béni de bouts de pain !
Je veux me consacrer à mille joies ténues,
Bénir plutôt, demain, la course du lapin,
Qu’on n’importune plus cette bête menue.

J’en ai assez du grec, plus qu’assez du latin,
De ces mille oraisons qui, du ciel descendues,
N’augmentent d’un iota la splendeur des matins :
Donc, ne me parlez plus en langues biscornues. »

L’évêque ne veut point mettre sa crosse au feu.
À l’âge qu’il atteint, il se détache un peu
Des mystères sacrés et des lois ineffables.

La crosse aime râler, mais il peut l’élever
Pour que sa dignité la rende plus affable ;
On trouve un compromis, entre gens cultivés.

Cochonfucius

Jardin d’azur

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Jardin que j’ai soigné pendant des lustres,
Afin qu’il fît la gloire de mes ans ;
Et du clair jour de ses feux rayonnants
Maître soleil fort noblement l’illustre.

Des flaques d’eau, les reflets sont lacustres.
Les escargots traînent leur corps luisant
Dans cet endroit qui leur paraît plaisant ;
Ils ont du goût, ce ne sont pas des rustres.

J’en narrerai par mes chants la clarté,
Ma plume, alors, courra sans s’arrêter :
Il lui convient d’être en état de grâce.

En ce jardin nous plaçons notre foi,
Vers son azur nous tournons notre face ;
Pour sa beauté, nous restons sous sa loi.

Cochonfucius

Deux verts loups

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Dans ce jardin, parfois, survient la belle Ada ;
Elle sait comme moi la forme d’une rose.
Quand l’automnal hiver ces beaux endroits arrose,
Nous restons au salon, c’est notre concordat.

Mais le corbeau du temps qui ma face rida
Souvent me fit passer par son miroir morose ;
Amortissant le goût du vers et de la prose,
Il nous pourrit la vie, sans en avoir mandat.

Le nid de ce corbeau n’est pas sur mon cadastre.
Ses yeux ne comptent pas dans le nombre des astres ;
Il n’est pas délicat, c’est un corbeau rugueux.

Pourtant si son désir frénétique se cabre,
Il pourrait devenir un Cupidon fougueux ;
Ou bien, s’il le préfère, un grand Eros macabre.

Cochonfucius

Nef sans but

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Ce navire, il se tient des autres écarté ;
Il préfère avancer dans une brume épaisse ;
On n’y fait nulle offrande aux dieux ou aux déesses,
Même, on doute parfois de leur divinité.

De jour comme de nuit, les marins ont chanté,
De leur voix qui n’est pas sans un peu de rudesse,
Un étrange refrain qu’ils répètent sans cesse,
Voulant lutter ainsi contre l’adversité.

Ils suivent leur trajet, route continuelle
Qui peut-être conduit vers des contrées plus belles,
Mais je n’en suis pas sûr, je vous en fais l’aveu.

Un prêtre vagabond y célèbre un office,
Qu’entend une sirène, en peignant ses cheveux ;
Elle ne capte rien du divin sacrifice.

Cochonfucius

 

Ambicuniculus

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Il a pu traverser d’innombrables années,
Mais qui lui ont paru ne durer qu’un moment ;
Tel est l’inconvénient de vivre heureusement,
Sans qu’une âme jamais ne soit emprisonnée.

Il n’a jamais compris pour quelle destinée
En ce monde bizarre il vint premièrement ;
Mais il lui suffisait d’échapper aux tourments
Et de goûter le fruit de quelques graminées.

Nombreux sont les sonnets qu’il a jetés au vent,
Le nom de sa maîtresse appelant si souvent,
Lui qui désirait être un amant plein de zèle.

Nombreux sont les instants perdus dans les tripots ;
Mais bientôt, son esprit trouvera du repos
Et son ange gardien le prendra sous son aile.

Cochonfucius

Ambiplantigrade de gueules

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Cet ambiplantigrade, il se fait un peu vieux,
Il ne dévore plus les brebis égarées ;
Car toute cruauté s’est de lui retirée,
Il ne veut offenser nul être sous les cieux.

Mais il est toujours vif, le flambeau de ses yeux !
Quand il sort au matin dans la plaine azurée,
Il capte du soleil la lumière dorée
Qui brille en ce bas monde et même en d’autres lieux.

Aux hôtes de ce bois ne causant nul dommage,
Cet ours leur sert de guide en d’amoureux voyages,
Et sur plusieurs secrets il peut les éclairer.

Gardera-t-il toujours sa douceur coutumière ?
Les meilleurs sentiments ne savent demeurer,
Pas plus qu’en fin de jour ne reste la lumière.

Cochonfucius

Fanée la fleur de l’âge

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Je suis un peu fané, me préviennent mes proches,
Mais de menus plaisirs je me vais nourrissant ;
Et si je ne suis plus un rhapsode puissant,
J’écris toujours un peu, pour amuser Gavroche.

Point n’est encore temps que de ça je décroche :
Les plaisirs et les jours me vont attendrissant,
Et mon coeur fatigué pousse encore mon sang
Bientôt plus transparent que du cristal de roche.

Ce coeur devient morose, et j’en souris d’autant,
Puis j’en fais un sonnet sans perdre un seul instant,
Comme d’une fleur blanche on compte les pétales.

J’aime mieux, cependant, voir un coquelicot
Qui pour mon âme évoque une flamme fatale,
Avec qui j’eus toujours des rapports amicaux !

Cochonfucius

Âne-girafe de sinople

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Ce modeste seigneur, qui jamais ne se vante,
Dans son travail, toujours, satisfaction donna ;
Dès l’aube, en notre cour, son clair appel sonna,
Il est assez joyeux, c’est un âne qui chante.

Sa mère la girafe était plutôt savante,
Comme notre pays pas très souvent n’en a,
Dame de bon renom, que le roi couronna,
Et dans notre mémoire à tout jamais vivante.

L’âne-girafe, il est encore en plus haut prix,
Car il nous amusa par de divins écrits
Dignes, à tous égards, de son auguste mère.

Cet âne de sinople aurait pu être roi,
Mais il aime plutôt, selon ce que je crois,
Relire les bouquins de Virgile et d’Homère !

Cochonfucius

Dame du cloître

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C’est la Dame du cloître, elle ne parle plus ;
Elle ne pense plus à des saisons futures,
Elle ne marche plus dans la verte nature :
Entrer en réclusion, sans doute, lui a plu.

Dans le petit jardin, parfois, quand il a plu,
Elle donne aux oiseaux leur légère pâture ;
Elle y voit un Bouddha, dans sa noble posture,
Il est l’ami du sage et l’ami du reclus.

De tout ce qu’elle a vu, de ce qu’elle a senti,
Elle prend sa distance ; et, petit à petit,
Elle oublie cette vie qu’elle avait tant aimée.

Et cette dame alors lisant ce que j’écris
Me dirait que son coeur en est un peu surpris,
Elle qui fut jadis par l’amour animée.

Cochonfucius

Consécration de Monseigneur Paon-Périgouste

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Il bénit les passants de sa crosse d’airain ;
Une crosse qui fut offerte par la reine !
Au long des boulevards une quête l’entraîne
Vers la clôture où sont les tombeaux des marins.

Le peuple chrétien suit l’évêque pèlerin,
Ensemble traversant le jardin des arènes ;
Ensemble accompagnant celui qui les parraine,
Dont le visage est grave et le coeur est serein.

Les tombeaux des marins, au soleil de novembre,
À peine ont réchauffé leur marbre aux reflets d’ambre ;
Le vénérable paon leur parle doucement.

Il cherche une parole, il la veut bien choisie,
Mais sans montrer non plus trop d’attendrissement :
Car Notre Soeur la Mort fait fi des courtoisies.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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