Une biche attentive

image de l’auteur

Fraîche rivière où je viens boire,
Du paradis tu es le seuil ;
Je fais de toi mon oratoire
Sous le regard des écureuils.

Sur ta rive, les eupatoires
Se dressent dans tout leur orgueil ;
J’apprécie leur aimable accueil,
Je les appelle « Fleurs de Gloire ».

Ces bois sont parfois pleins de charme,
D’autres jours, j’y verse des larmes ;
Ces fleurs savent m’émerveiller.

La vie, c’est une brève flamme,
Qu’elle soit de biche ou de femme ;
Pas trop facile à surveiller.

Cochonfucius

Ancre flottante

image de l’auteur

C’est la plus légère du monde,
Neptune peut te le jurer ;
Elle est capable d’assurer
Au vaisseau sa place sur l’onde.

Autour de la planète ronde
Les marins vont s’aventurer ;
La nef bénie par le curé
Ne craindra pas les eaux profondes.

« Quel prodige, une ancre qui flotte !
Il m’en faut une, saperlotte ! »,
Disait l’armateur, Maître Porc.

Un vieux capitaine, à sa table,
Un connaisseur de chaque port,
Trouvait ce progrès contestable.

Cochonfucius

Maison de nulle part

image de l’auteur

Derrière son rideau de lierre,
Jardin sans rime ni raison ;
Puis, la demeure familière,
Une bien modeste maison.

Au soir elle prend la lumière
D’un soleil bas sur l’horizon ;
L’hiver, quand ronfle la chaudière,
C’est une assez sombre saison.

Les occupants, des gens futiles,
Au monde n’étant plus utiles,
Baignent dans leur simplicité.

Maison bizarrement foutue,
On s’accoutume à l’habiter,
Bien au calme elle se situe.

Cochonfucius

Coq sans nom

image de l’auteur

Moi qui n’eus jamais de métier,
Je n’ai pas gaspillé ma force ;
Très tendre sous ma rude écorce,
J’ai du coeur et de la pitié.

Jamais je ne fus un routier,
Jamais je n’ai chassé le morse ;
Un son puissant sort de mon torse,
Je chante avec mon corps entier.

Mon esprit fait des étincelles,
Ça fait applaudir les oiselles
Qui jamais ne me disent non.

Par un oubli fort regrettable,
Je n’ai jamais reçu de nom ;
Mais j’ai pour surnom « Redoutable ».

Cochonfucius

Forteresse précaire

image de l’auteur

Ici vivent trois égarés,
Trois malheureux rois sans couronne ;
Ils vivent de ce qu’on leur donne,
Ces monarques désemparés.

Dans leur petit jardin carré,
Les récoltes ne sont point bonnes ;
Peu s’en faut qu’ils ne l’abandonnent,
Tant ce courtil est mal barré.

Nul sujet ne leur fut fidèle,
Bientôt s’éteindra leur chandelle ;
Le froid viendra les assaillir.

Les murs abritent leur paresse
Et tous leurs espoirs disparaissent ;
Sans nul doute, ils vont défaillir.

Cochonfucius

Berceau de Jules Laforgue

image de l’auteur

C’est dans un recoin de l’espace
Que se forma ce noble coeur ;
Il eut des frères et des soeurs
Dont nous n’avons que peu de traces.

Alors, au fil du temps qui passe,
Surgirent bonheur et malheur ;
Ce rêveur, ce futur auteur,
D’une Muse il voyait la face.

Il n’aimait rien, il aimait tout,
Il était sage, il était fou ;
Il était un peu solipsiste.

Il n’était point déshérité,
Mais certains jours, il était triste,
Lui qui cherchait la vérité.

Cochonfucius

Masque d’argent

image de l’auteur

Chamane en diable déguisé,
Masque à la couleur bien choisie ;
Il propage des hérésies,
N’allons point les analyser !

Avec lui, j’aime à deviser,
Car sa parole est poésie ;
Que nul n’en ait de jalousie,
Ni ne le veuille mépriser.

Il n’a pas d’agissements louches ;
Le malheur des autres le touche,
Il fera des efforts pour eux.

À ses disciples il enseigne
Quelques mystères ténébreux
Qu’il découvrit sous d’autres règnes.

Cochonfucius

Papillon solipsiste

image de l’auteur

Je sais que l’univers est vide,
Ou bien c’est un jeu de miroirs ;
Comme une charade à tiroirs
Ou comme un jeu de mots stupide.

Ma mémoire est claire et limpide,
Un plan que trace un crayon noir ;
Le cosmos n’est pas un manoir,
Ce n’est qu’un fantasme insipide.

Illusoires, le blanc, le rouge
Et la forme de ce qui bouge ;
De réel, je n’ai que l’ennui.

Seule mon âme hyperactive
M’encourage pour que je vive
Mes nuits sans jour, mes jours sans nuit.

Cochonfucius

Mur du Ponant

image de l’auteur

C’est une digue de fortune,
De granit aux rivets d’acier ;
Oeuvre d’un aimable sorcier,
C’est un rempart contre Neptune.

Je voudrais, sous la pleine lune,
Reine, que vous l’admirassiez ;
Il mérite d’être apprécié,
Ce monument de pierres brunes.

Vous délaisserez votre Cour
Qui sans vous peut suivre son cours ;
La vie du port est moins austère.

L’ondin vous fera des présents ;
Puis, dans son langage amusant,
Tiendra des propos délétères.

Cochonfucius

Dame d’un jeu de cartes

image de l’auteur

Dame ni de coeur ni de pique,
Ni de trèfle, ni de carreau ;
Pas même dame de tarot,
Je suis une figure épique.

Reine d’un terroir utopique,
Je chante avec Clément Marot ;
Il est rimeur, il est faraud,
J’aime son humour ésopique.

Allons, c’est tout pour aujourd’hui,
Tu dois m’aimer comme je suis,
Noble reine et dame précaire.

Au vent je prendrai mon envol,
Puis je tomberai sur le sol
Et je serai Dame de Terre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.