Palais de gueules

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L’ogre a fait ce palais pour loger sa maîtresse ;
On y vit dans l’aisance, on n’y manque de rien.
En retour, le bel ogre espérait des caresses,
Mais la dame préfère en donner à son chien.

Or, ce brave animal est rempli d’allégresse ;
L’ogre n’est pas jaloux, c’est un homme de bien.
Puis, donner des leçons, ce serait maladresse,
Ce serait peu conforme à l’idéal chrétien.

Ce chien proviendrait-il d’une métempsycose ?
Prit-il, précédemment, l’aspect d’un flamant rose ?
Ah ! Peut-être que oui, et peut-être que non.

Un grand palais de rêve, un ogre, un chien fidèle,
Plusieurs muses voudraient autant de bien pour elles ;
Ou bien, des troubadours pour célébrer leur nom.

Cochonfucius

La coupe de Bacchus

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La coupe de Bacchus est en pleine lumière ;
Il la remplit souvent, il boit quand il est tard,
Nulle envie de dormir ne charge sa paupière,
Et en peu d’occasions sommeille son regard.

Il a tantôt du vin, et tantôt de la bière
Dans les étés flambants, dans les hivers blafards,
Il boit en évoquant l’humanité première
Qui ne comportait presque aucun pilier de bar.

Il adore la vigne et son feuillage tendre.
Il aime le marron qu’on chauffe sous la cendre
Et le fromage aussi, dont le parfum est fort.

Contemplant les reflets du charmant paysage,
Il rit de tous les plis de son rouge visage ;
Il fait partie des dieux qui attendent leur mort.

Cochonfucius

Janus-apothicaire

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Il mesure à chaque homme une tranche de pain ;
Il mesure à chacun ses possessions ténues ;
Il supervise aussi les corbeaux, les lapins,
Les grands fauves d’Afrique et les bêtes menues.

Il dit des mots en grec, il écrit en latin ;
Quatre muses pour lui sont du ciel descendues,
Son temple, au fond des bois, voit prier des lutins
Que j’entends fredonner en langues biscornues.

Ce dieu répartiteur n’est pas lanceur de feu,
À l’âge qu’il atteint, son coeur somnole un peu,
Mais toujours il saisit des notions ineffables.

Jamais on ne le voit dans des lieux élevés :
Toujours, sous un ombrage, il enseigne des fables,
Ce sont de brefs récits, faits pour nous cultiver.

Cochonfucius

Dame en blanc

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image de l’auteur

Nature peut en grands maux se répandre,
Mais nos bonheurs ne sont à regretter :
La Dame en blanc nous aide à résister
À la souffrance, ou nous la faire entendre

Et, nous laissant sur une couche étendre
Tire le sang de ses doigts enchantés :
Tant que le corps se voudra contenter
De bien subir ce qu’il ne peut comprendre,

Il ne souhaite encore point mourir.
Mais quand sa force il sentira tarir,
Sa voix cassée, et son âme impuissante,

Et son esprit en étrange séjour,
Blanche sera cette dernière amante :
Par elle peut blanchir un sombre jour.

Cochonfucius

Les fourmis du marronnier

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image de Pierrette

Les fourmis parcourant le tronc du marronnier
Suivent obstinément leur route verticale.
C’est trop tôt dans l’année pour trouver des cigales,
Pas trop tôt cependant pour remplir les greniers.

Comme il les satisfait, leur labeur routinier,
Comme leurs journées sont entre elles bien égales !
C’est le meilleur aspect de la vie monacale :
Manger, pour les fourmis, c’est toujours communier.

N’en est-il pas ainsi du peuple des bureaux ?
Ruche peu bourdonnante, armée sans généraux,
Moines au scriptorium dans la lumière grise.

Combien j’aimerais mieux être nuage au vent,
Ou un débris d’épave en la mer dérivant,
Ou du vieux marronnier la feuille dans la brise.

Cochonfucius

Sapience du lotus

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image de l’auteur

Le lotus est pourvu de sens par la nature ;
Jamais il ne craindra l’insecte ni son dard,
Toujours il aimera l’éclat de vos regards,
Surtout quand une joie y survient d’aventure,

Il tire de sa vie une douce pâture,
Car c’est un végétal plus noble que César
Et c’est un survivant, plus vaillant qu’un soudard,
Le secret détenteur d’un courage qui dure.

Je le vois distiller goutte à goutte en son cœur
Une pure, parfaite, angélique liqueur,
Qui le monde pourvoit d’une saveur extrême.

Or, nous la goûterons avec un tel plaisir
Que nous n’aurons jamais de plus charmant loisir
Que d’aimer le lotus, sans penser à nous-mêmes.

Cochonfucius

 

Ce château-là flotte

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image de l’auteur

Il vogue avec ses tours et ses vastes portiques,
Ayant quitté du port les quais silencieux ;
Les marins à son bord ont l’espoir dans les yeux
Car on leur donnera du bon pinard mystique.

Ils ont la calme foi de leurs parents antiques,
Ils ne craignent jamais le flot mystérieux ;
Ils iront volontiers boire sous d’autres cieux
La bière de Cerbère et le mezcal rustique.

La mort sur leur vaisseau n’est jamais passagère ;
Elle danse sur l’eau, comme une ombre légère,
On dirait une ondine au front pur et voilé.

Elle n’a point de cape, elle n’a point de robe,
Elle a pour drap de lit le grand foc enroulé
Dont le rempart de toile à nos yeux la dérobe.

Cochonfucius

Janus de sinople

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image de l’auteur

Le Janus de sinople au jardin se promène,
Il voit la Vérité qui surgit de son puits ;
Il ne la retient pas, fût-ce pour une nuit,
Il ne sait que penser de cette souveraine.

Il n’aime pas non plus entendre la sirène ;
D’Ulysse les exploits ne sont pas faits pour lui,
Devant de tels dangers, ce dieu toujours a fui.
Mais on le voit marcher de bon coeur, et sans peine.

Ce n’est pas un barbon recherchant la tendresse,
Il a passé le temps des gourmandes caresses ;
Ce vieux corps lui demande un répit pour son coeur.

Le Janus de Dix-Neuf a rejoint son compère
Et dit « Tu parviendras jusqu’à moi, je l’espère :
Nous goûterons ensemble une douce liqueur. »

Cochonfucius

 

Avettes d’azur et d’argent

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image de l’auteur

Elles sont d’azur, les avettes,
Leur miel a le goût du lilas ;
J’en prends avec du chocolat,
Telle est ma modeste dînette.

Elles vont au jardin désert
Pour y entreprendre la tâche
De polliniser, sans relâche,
Les plus beaux mirages des airs.

Chantant, mais n’ayant pas de lyre,
Elles se préoccupent fort
D’administrer leur beau trésor :
La ruche est une tirelire.

Cochonfucius

Dauphin de Nouvelle Aquitaine

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image de l’auteur

Jamais, d’être un poisson, il ne donne aucun signe ;
Cétacé, c’est sa classe, et Dolphin est son nom.
Il s’interroge alors : poisson, l’est-il, ou non ?
D’être une vraie question, la phrase est-elle digne ?

Car un dauphin n’est pas plus blanc que n’est un cygne,
Mais on fit son portrait, au temps où son renom
Était providentiel ; et les artistes n’ont,
Sur ce bel animal, qu’éloges en trois lignes.

Beau dauphin, si souvent nous avons ri ensemble,
Cela peut devenir un sonnet, que t’en semble ?
Le Dauphin du Primate est souvent le Mentor.

Mes blasons ne sont pas des oeuvres de peinture,
Ou sinon je devrais me serrer la ceinture ;
Mais j’aime les dauphins, n’en déplaise aux butors.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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