Rainette azurée

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La rainette azurée saute au long des allées ;
Son minuscule coeur ignore le souci.
Les dieux de ce jardin aiment la voir ainsi,
Elle semble en ce monde une dame exilée.

Salutaire grenouille à la vie bien réglée,
Tu n’as pas au hasard choisi ce jardin-ci ;
Mais c’est qu’il a charmé ton esprit éclairci,
Et tu peux, sans mentir, être «reine» appelée.

En sagesse une muse, une ondine en beauté,
Duchesse en gravité, princesse en chasteté,
Je te prends pour modèle et tu me sers d’exemple.

Et d’ailleurs, ce jardin est terre de vertu ;
Même si, sur ce point, La Fontaine s’est tu :
Il n’a point pris le temps de visiter ce temple.

Cochonfucius

Donjon de gueules

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Les maîtres du donjon ne font pas leur ménage,
Je ne vois pas non plus les servants s’agiter.
Le modeste baron qui tient cet apanage,
Contemple la poussière avec sérénité.

Il tient plutôt la forme, en dépit du grand âge,
Il trouve autour de lui la paix, de tous côtés ;
Ils s’en va boire avec les gens du voisinage,
Du vin bien rafraîchi, l’hiver comme l’été.

Même s’il a perdu son énergie ardente,
Il garde autour de lui deux ou trois confidentes,
Servantes au grand coeur qui jadis lui ont plu.

À dire leur beauté, je ne saurais prétendre
Je dirai simplement que je les trouve tendres ;
Et quant à ce poème, elles ne l’ont pas lu.

Cochonfucius

Ornithogriffe

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Ses griffes sont d’acier. Il marche d’un pas lourd ;
Il ne s’envole pas comme les hirondelles,
Ça ne lui plairait pas, d’ailleurs, il n’a pas d’ailes ;
Il erre au boulevard et dans les carrefours.

Il ne voit pas trop mal, il est loin d’être sourd,
Il reconnaît de loin l’odeur de l’asphodèle ;
À sa simple routine il se montre fidèle,
Car il ne rêve plus d’impossibles amours.

Il se lie volontiers, il n’est pas bien farouche,
Et presque au grand jamais ne fait la fine bouche ;
De l’aube printanière il aime la pâleur.

Il aime découvrir une ville inconnue ;
Mais bien aussi la friche aux étonnantes fleurs,
Ou le grand vent d’hiver frôlant la terre nue.

Cochonfucius

Crosse en l’air

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La crosse a dit : «Assez béni de bouts de pain !
Je veux me consacrer à mille joies ténues,
Bénir plutôt, demain, la course du lapin,
Qu’on n’importune plus cette bête menue.

J’en ai assez du grec, plus qu’assez du latin,
De ces mille oraisons qui, du ciel descendues,
N’augmentent d’un iota la splendeur des matins :
Donc, ne me parlez plus en langues biscornues. »

L’évêque ne veut point mettre sa crosse au feu.
À l’âge qu’il atteint, il se détache un peu
Des mystères sacrés et des lois ineffables.

La crosse aime râler, mais il peut l’élever
Pour que sa dignité la rende plus affable ;
On trouve un compromis, entre gens cultivés.

Cochonfucius

Jardin d’azur

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Jardin que j’ai soigné pendant des lustres,
Afin qu’il fît la gloire de mes ans ;
Et du clair jour de ses feux rayonnants
Maître soleil fort noblement l’illustre.

Des flaques d’eau, les reflets sont lacustres.
Les escargots traînent leur corps luisant
Dans cet endroit qui leur paraît plaisant ;
Ils ont du goût, ce ne sont pas des rustres.

J’en narrerai par mes chants la clarté,
Ma plume, alors, courra sans s’arrêter :
Il lui convient d’être en état de grâce.

En ce jardin nous plaçons notre foi,
Vers son azur nous tournons notre face ;
Pour sa beauté, nous restons sous sa loi.

Cochonfucius

Deux verts loups

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Dans ce jardin, parfois, survient la belle Ada ;
Elle sait comme moi la forme d’une rose.
Quand l’automnal hiver ces beaux endroits arrose,
Nous restons au salon, c’est notre concordat.

Mais le corbeau du temps qui ma face rida
Souvent me fit passer par son miroir morose ;
Amortissant le goût du vers et de la prose,
Il nous pourrit la vie, sans en avoir mandat.

Le nid de ce corbeau n’est pas sur mon cadastre.
Ses yeux ne comptent pas dans le nombre des astres ;
Il n’est pas délicat, c’est un corbeau rugueux.

Pourtant si son désir frénétique se cabre,
Il pourrait devenir un Cupidon fougueux ;
Ou bien, s’il le préfère, un grand Eros macabre.

Cochonfucius

Nef sans but

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Ce navire, il se tient des autres écarté ;
Il préfère avancer dans une brume épaisse ;
On n’y fait nulle offrande aux dieux ou aux déesses,
Même, on doute parfois de leur divinité.

De jour comme de nuit, les marins ont chanté,
De leur voix qui n’est pas sans un peu de rudesse,
Un étrange refrain qu’ils répètent sans cesse,
Voulant lutter ainsi contre l’adversité.

Ils suivent leur trajet, route continuelle
Qui peut-être conduit vers des contrées plus belles,
Mais je n’en suis pas sûr, je vous en fais l’aveu.

Un prêtre vagabond y célèbre un office,
Qu’entend une sirène, en peignant ses cheveux ;
Elle ne capte rien du divin sacrifice.

Cochonfucius

 

Ambicuniculus

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Il a pu traverser d’innombrables années,
Mais qui lui ont paru ne durer qu’un moment ;
Tel est l’inconvénient de vivre heureusement,
Sans qu’une âme jamais ne soit emprisonnée.

Il n’a jamais compris pour quelle destinée
En ce monde bizarre il vint premièrement ;
Mais il lui suffisait d’échapper aux tourments
Et de goûter le fruit de quelques graminées.

Nombreux sont les sonnets qu’il a jetés au vent,
Le nom de sa maîtresse appelant si souvent,
Lui qui désirait être un amant plein de zèle.

Nombreux sont les instants perdus dans les tripots ;
Mais bientôt, son esprit trouvera du repos
Et son ange gardien le prendra sous son aile.

Cochonfucius

Ambiplantigrade de gueules

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Cet ambiplantigrade, il se fait un peu vieux,
Il ne dévore plus les brebis égarées ;
Car toute cruauté s’est de lui retirée,
Il ne veut offenser nul être sous les cieux.

Mais il est toujours vif, le flambeau de ses yeux !
Quand il sort au matin dans la plaine azurée,
Il capte du soleil la lumière dorée
Qui brille en ce bas monde et même en d’autres lieux.

Aux hôtes de ce bois ne causant nul dommage,
Cet ours leur sert de guide en d’amoureux voyages,
Et sur plusieurs secrets il peut les éclairer.

Gardera-t-il toujours sa douceur coutumière ?
Les meilleurs sentiments ne savent demeurer,
Pas plus qu’en fin de jour ne reste la lumière.

Cochonfucius

Fanée la fleur de l’âge

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Je suis un peu fané, me préviennent mes proches,
Mais de menus plaisirs je me vais nourrissant ;
Et si je ne suis plus un rhapsode puissant,
J’écris toujours un peu, pour amuser Gavroche.

Point n’est encore temps que de ça je décroche :
Les plaisirs et les jours me vont attendrissant,
Et mon coeur fatigué pousse encore mon sang
Bientôt plus transparent que du cristal de roche.

Ce coeur devient morose, et j’en souris d’autant,
Puis j’en fais un sonnet sans perdre un seul instant,
Comme d’une fleur blanche on compte les pétales.

J’aime mieux, cependant, voir un coquelicot
Qui pour mon âme évoque une flamme fatale,
Avec qui j’eus toujours des rapports amicaux !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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