Le dieu Blaireau et le démon Goupil

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— Renard, tu ne fais que tricher,
Tu veux arnaquer tout le monde ;
Avec moi, tu peux t’accrocher,
Je n’ai pas un cerveau de blonde.

— Blaireau, tu es mal embouché !
Tu me prends pour un être immonde ;
Mais je ne vais pas me fâcher,
Même si ma peine est profonde.

— Tu veux  t’en sortir en plaidant,
Tu crois que j’y serai perdant ?
Démon rusé, tu te berlures.

— Moi, j’ai su tromper Lucifer
Pour ne pas aller en enfer ;
D’un pigeon je n’ai point l’allure.

Cochonfucius

Papillon du crépuscule

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J’ignore la mélancolie,
Ma vie s’achève, et ça me va ;
À ce monde rien ne nous lie,
Chacun part comme il arriva.

J’eus des plaisirs, je les oublie,
J’oublie ce qui les entrava ;
Ce corps dont la flamme est pâlie,
Du temps rien ne le préserva.

Adieu, lumière que j’adore,
Adieu, mes cousins doryphores ;
C’est le moment de se quitter;

Sur tout cela, pourquoi m’étendre ?
Je vais partir, paix à mes cendres,
J’assume ma fragilité.

Cochonfucius

Sablier relativiste

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L’un des jumeaux de Langevin
Me prit dans son vaisseau rapide ;
Au travers du cosmos limpide
Il s’éloigna, puis il revint.

L’autre jumeau, le bel Yvain,
Reste dans sa maison, placide ;
Un autre sablier se vide
Auprès de ce buveur de vin.

Ces deux bonshommes, réunis,
Se sont de leurs loupes munis
Pour dénombrer les grains de sable.

Du voyageur le garde-temps
N’en a pas fait tomber autant
Que l’autre, c’est irréfutable.

Cochonfucius

Cinq tours

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L’antique manoir se délabre,
Qui se détache à l’horizon ;
C’est une piteuse maison,
Sinistre sous un ciel macabre.

Les gardes ont vendu leurs sabres
Pour acheter des salaisons ;
Trop frugales sont nos saisons,
Éteints sont tous nos candélabres.

Quand souffleront les vents d’octobre,
Par pauvreté nous serons sobres ;
Nous n’avons vraiment plus d’argent.

Ainsi parlait, d’un ton lugubre,
Le Seigneur des tours insalubres ;
De tels destins sont affligeants.

Cochonfucius

Fruits défendus

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C’est du poison, c’est même pire ;
N’écoutons pas le tentateur ;
C’est un truand, c’est un menteur,
C’est à notre mort qu’il aspire.

Ne soyons pas pris en ses spires,
Que le mal ne soit pas vainqueur ;
Sa parole noircit nos coeurs,
Lui qui triche comme il respire.

Si tu le vois se redresser,
Il te faudra le rabaisser ;
Montrer que c’est toi qui domine.

Qu’il se dessèche au grand soleil,
Il est de ceux qu’on élimine ;
Offre-lui son dernier sommeil.

Cochonfucius

Navigation d’une bouteille

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En mes flancs je porte l’histoire
Du naufrage et du naufragé ;
Car la mer a bien des dangers,
Tu le sais, la chose est notoire.

La vie humaine est transitoire,
Même si tu sais bien nager ;
Comme matelot s’engager
Sur une nef, c’est méritoire.

Mon corps est fait de verre blanc
Qui au cristal est ressemblant ;
Je vais, je maintiens mon allure.

Je n’avale pas les poissons,
Je n’absorbe aucune boisson ;
Je ne porte aucune voilure.

Cochonfucius

Monseigneur Bouffon

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Il a du latin plein la tête,
Qu’il a trouvé dans son pichet ;
Mille citations toujours prêtes
Que dans son enfance il bûchait.

Il est serein dans les tempêtes,
À la crainte il n’est pas sujet ;
Sans se prendre pour un poète,
Il sort des vers du premier jet.

Il connaît des histoires drôles
Et les raconte, c’est son rôle ;
Bien souvent, c’est n’importe quoi.

La blague vaut la poésie,
Ce sont des jeux de fantaisie ;
Blagueur, à ta santé je bois.

Cochonfucius

Floraisons discrètes

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Jardin sur la berge du fleuve,
On y voit de rares passants :
Oiseaux jamais ne se lassant
De chanter, qu’il vente ou qu’il pleuve.

J’y vois cette fleur toute neuve,
Elle qui vivra peu de temps ;
Moi qui ai vu tant de printemps,
Toujours de beauté je m’abreuve.

Auprès du chemin vicinal,
Le pavot, petit cardinal,
Me reconnaît et me fait signe.

De telles fleurs n’ont pas de prix ;
Elles éveillent mon esprit
Comme fait le vin de nos vignes.

Cochonfucius

Invisible musicien

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Parmi les rumeurs citadines,
Un être invisible à nos yeux ;
Il joue d’un instrument très vieux,
Harpe aux sonorités latines.

Les dames des maisons voisines
Prennent ce sonneur pour un dieu ;
Venant d’inframonde, ou des cieux,
Sa mélodie les turlupine.

Ne pouvant plus s’en séparer,
Elles suivent l’homme admiré
Jusqu’à sa maison sur la rive.

Quand je m’approche de ces murs,
Désert est l’endroit, sous l’azur ;
Un écho plane, à la dérive.

Cochonfucius

Grenouille nocturne

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Je ne sors que pendant la nuit
De ma souterraine demeure ;
J’aime les ciels bleus quand ils meurent,
La clarté solaire me nuit.

Je chemine, et nul ne me suit,
Les étoiles me disent l’heure ;
Dans l’onde la sirène pleure
Car son bel ondin s’est enfui.

Ma nourriture préférée,
C’est la libellule dorée
Qui sous la lune se promène.

Chasser dans l’ombre, c’est plaisant,
C’est facile et c’est apaisant ;
Mais toute chasse est incertaine.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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