Ange sénile

image de l’auteur

Je vole assez mal, je suis vieux,
Mon âme n’est plus très sereine ;
Au coeur du brouillard je me traîne,
Loin de la terre et loin des cieux.

Terne est le soleil à mes yeux,
Ternes les yeux de notre Reine ;
Les pauvres défunts me comprennent,
Dans leur tombe ils ne vont pas mieux.

C’est notre commune infortune ;
Anges et démons sous la lune
Semblablement vont s’affligeant.

Il nous faut vieillir, c’est logique,
Qu’importent nos voix nostalgiques ?
Ça n’intéresse pas les gens.

Cochonfucius

Mille racines

image de l’auteur

L’arbre s’étale dans l’espace,
Dont le tronc nous semble une tour ;
De feuilles sont ses beaux atours
Qui la plus fine soie surpassent.

Différente est son autre face,
Occupant un obscur séjour ;
Les racines, sans voir le jour,
Forment une vaste surface.

Les branches montent vers les cieux
Où sont les anges et les dieux ;
C’est grâce à leurs soeurs souterraines.

Le grand arbre les aime bien ;
Il ne les privera de rien,
Lui qui les tient pour souveraines.

Cochonfucius

Idéogramme indéchiffrable

image de l’auteur

Je fis diverses conjectures
Pour lire ce glyphe inconnu ;
Mais je n’y suis point parvenu,
Déroutante est cette écriture.

Ce lieu, c’est une sépulture
Où repose un cadavre nu ;
L’homme qui fut druide chenu
Aux siècles servit de pâture.

Près de lui dort son grand cheval,
Témoin de ses dernières heures ;
Alentour, des fantômes pleurent.

Sous un grand soleil estival,
Les tombeaux gardent leur mystère ;
Que signifie ce caractère ?

Cochonfucius

Escuiruel d’inframonde

image de l’auteur

Un puits s’ouvre sous un rocher,
Mais sans aucune eau, que je sache ;
Évite de t’en approcher,
Un écureuil d’enfer s’y cache.

Avec son sabre, il peut trancher,
Il peut découper une vache ;
Son couteau, de corne emmanché,
La tête et les membres détache.

Il extermine les renards
Et massacre les saint-bernards ;
C’est un démon des plus sauvages.

Ne sois pas son prochain repas,
Qu’il n’ait pas ton sang pour breuvage ;
Ce diable ne pardonne pas.

Cochonfucius

Le dieu Blaireau et le démon Goupil

image de l’auteur

— Renard, tu ne fais que tricher,
Tu veux arnaquer tout le monde ;
Avec moi, tu peux t’accrocher,
Je n’ai pas un cerveau de blonde.

— Blaireau, tu es mal embouché !
Tu me prends pour un être immonde ;
Mais je ne vais pas me fâcher,
Même si ma peine est profonde.

— Tu veux  t’en sortir en plaidant,
Tu crois que j’y serai perdant ?
Démon rusé, tu te berlures.

— Moi, j’ai su tromper Lucifer
Pour ne pas aller en enfer ;
D’un pigeon je n’ai point l’allure.

Cochonfucius

Papillon du crépuscule

image de l’auteur

J’ignore la mélancolie,
Ma vie s’achève, et ça me va ;
À ce monde rien ne nous lie,
Chacun part comme il arriva.

J’eus des plaisirs, je les oublie,
J’oublie ce qui les entrava ;
Ce corps dont la flamme est pâlie,
Du temps rien ne le préserva.

Adieu, lumière que j’adore,
Adieu, mes cousins doryphores ;
C’est le moment de se quitter;

Sur tout cela, pourquoi m’étendre ?
Je vais partir, paix à mes cendres,
J’assume ma fragilité.

Cochonfucius

Sablier relativiste

image de l’auteur

L’un des jumeaux de Langevin
Me prit dans son vaisseau rapide ;
Au travers du cosmos limpide
Il s’éloigna, puis il revint.

L’autre jumeau, le bel Yvain,
Reste dans sa maison, placide ;
Un autre sablier se vide
Auprès de ce buveur de vin.

Ces deux bonshommes, réunis,
Se sont de leurs loupes munis
Pour dénombrer les grains de sable.

Du voyageur le garde-temps
N’en a pas fait tomber autant
Que l’autre, c’est irréfutable.

Cochonfucius

Cinq tours

image de l’auteur

L’antique manoir se délabre,
Qui se détache à l’horizon ;
C’est une piteuse maison,
Sinistre sous un ciel macabre.

Les gardes ont vendu leurs sabres
Pour acheter des salaisons ;
Trop frugales sont nos saisons,
Éteints sont tous nos candélabres.

Quand souffleront les vents d’octobre,
Par pauvreté nous serons sobres ;
Nous n’avons vraiment plus d’argent.

Ainsi parlait, d’un ton lugubre,
Le Seigneur des tours insalubres ;
De tels destins sont affligeants.

Cochonfucius

Fruits défendus

image de l’auteur

C’est du poison, c’est même pire ;
N’écoutons pas le tentateur ;
C’est un truand, c’est un menteur,
C’est à notre mort qu’il aspire.

Ne soyons pas pris en ses spires,
Que le mal ne soit pas vainqueur ;
Sa parole noircit nos coeurs,
Lui qui triche comme il respire.

Si tu le vois se redresser,
Il te faudra le rabaisser ;
Montrer que c’est toi qui domine.

Qu’il se dessèche au grand soleil,
Il est de ceux qu’on élimine ;
Offre-lui son dernier sommeil.

Cochonfucius

Navigation d’une bouteille

image de l’auteur

En mes flancs je porte l’histoire
Du naufrage et du naufragé ;
Car la mer a bien des dangers,
Tu le sais, la chose est notoire.

La vie humaine est transitoire,
Même si tu sais bien nager ;
Comme matelot s’engager
Sur une nef, c’est méritoire.

Mon corps est fait de verre blanc
Qui au cristal est ressemblant ;
Je vais, je maintiens mon allure.

Je n’avale pas les poissons,
Je n’absorbe aucune boisson ;
Je ne porte aucune voilure.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.