Notre Père Deux-Cornes

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Ce dieu cornu protège et sauve
Tous les vivants, car il est bon ;
Même en inframonde profond,
Même en de sordides alcôves.

Son père fut un diable mauve,
Un fort charitable démon
Qui refusait, avec raison,
De se conduire comme un fauve.

Notre Père, il est tout-puissant,
Il n’est jamais concupiscent ;
Sa bienveillance, elle est sans bornes.

Il est fort, mais il se fait vieux
Depuis le temps qu’il est aux cieux ;
Son beau sourire devient morne.

Cochonfucius

Fontaine de juillet

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La canicule est accablante,
Ça chauffe comme dans un four ;
À nos plaintes le Ciel est sourd,
La rue Pelleport est brûlante.

La promenade est éprouvante,
Invivables sont nos séjours ;
Les nuits sont pires que les jours,
Ce dont nos âmes s’épouvantent.

Le soleil n’est jamais lassé,
Semble-t-il, de nous menacer ;
Je ne sais quel démon l’y mène.

Pourtant, ce fléau passera,
Qui de notre ciel s’empara ;
Point n’est la Nature inhumaine.

Cochonfucius

Poisson de Tarkovski

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Je suis plus joli qu’un corbeau,
Je me garde des hérésies ;
Mais je suis plein de fantaisie
Grâce à mon fertile cerveau.

Je sais des chants d’Andalousie,
Quelques anciens, quelques nouveaux ;
Une ondine les trouve beaux,
L’ondin montre sa jalousie.

La rivière a goût de vin blanc,
Ce détail est assez troublant ;
Ce cours d’eau n’est pas ordinaire.

Un faune, au lieu d’aller au bar,
Vient boire ici, quand il est tard,
Sous les naturels luminaires.

Cochonfucius

Penseur nocturne

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Je vois le néant, je vois l’être,
Je les confonds certainement ;
Le doute que cela fait naître
Se transforme en étonnement.

Cette vie n’est pas un roman,
Nous avons peur de disparaître ;
Nous ne savons quand ni comment,
C’est le hasard qui en est maître.

La pensée dissipe l’ennui
Et le rêve embellit la nuit ;
Deux trésors que rien ne remplace.

Mais ce sont des biens virtuels,
Eux qui n’ont rien de factuel ;
Dans les fantasmes je les classe.

Cochonfucius

Saint Bioz

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Je suis fort, j’ai de qui tenir,
Mon père fut céphalophore ;
De ce jour-là, je garde encore
De fort émouvants souvenirs.

C’est Dieu qui, pour nous affermir,
Quelques épreuves élabore ;
Il peut, comme le fit Pandore,
Un lot de tourments nous offrir.

À lui s’en remettent nos âmes ;
Craignant d’inframonde la flamme,
Désirant la félicité.

Une prière est un poème
Dont la force est dans sa beauté ;
Le Créateur aime qu’on l’aime.

Cochonfucius

Sainte Crosse

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D’une prière matinale
Surgit un éclat smaragdin ;
Celui des vertus cardinales
Éclairant le premier jardin.

Lilith, à l’âme virginale,
Prononce des mots anodins ;
Ève se montre originale
En ayant des propos badins.

Réponse d’Adam, bredouillée,
Puis, par un scribe gribouillée,
De quoi faire rire les morts.

En un très vieux livre repose
De ces trois ancêtres la prose
Bénie par une crosse d’or.

Cochonfucius

Bouc gyrovague

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Je suis un bouc, loin d’être un veau,
Ma renommée n’est point surfaite ;
Je suis plus vaillant qu’un poète,
Et puis je n’ai pas peur de l’eau.

J’aime, cela n’est pas nouveau,
Que les chevrettes soient discrètes ;
Et que ma barbe de prophète
Leur confirme que je suis beau.

Ce que raconte La Fontaine
Provient d’une source incertaine ;
Brave lectrice, n’y crois pas.

Comme étalon, je fais merveille ;
Je tiens cela de mon papa,
Dont le fantôme sur moi veille.

Cochonfucius

Oies du Capitole

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Ce sont gardiennes attitrées,
Qui nous furent d’un grand secours ;
Car elles veillent nuit et jour
Sur cette colline sacrée.

« Notre ville en est honorée »,
Dit le maire dans un discours ;
Il leur promit, pour faire court,
Leurs friandises préférées.

Cruels barbares sans merci,
C’est pour vous le temps des soucis ;
En vain priez-vous vos idoles.

Éloignez-vous donc, maraudeurs,
Vous vîntes pour votre malheur ;
Allez plutôt voir l’Acropole.

Cochonfucius

Arbor Felix

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J’ai pour dryade un diable noir
Dont la fourche est toujours brandie ;
Il me garde des incendies,
Ayant un magique arrosoir.

Je crois qu’il a d’autres pouvoirs,
Car son âme est vraiment hardie ;
Sa bravoure est même applaudie
Par le rouge soleil du soir.

Certains soirs, j’entends qu’on l’appelle ;
Ce sont, dans la vieille chapelle,
Des saints de bois qui l’aiment bien.

Saints et diable ensemble parviennent
À la taverne très ancienne
Où la bière est pour presque rien.

Cochonfucius

Oiseau de Spinoza

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Je vis dans le juste milieu,
Jamais dans le vagabondage ;
J’étais savant dans mon jeune âge,
Moins, maintenant que je suis vieux.

Au matin je scrute les cieux,
Au soir je contemple l’herbage ;
Je ne suis pas entomophage,
La coccinelle a dit « Tant mieux ».

Un arbre me dit des légendes ;
Mais sa dryade rit de lui,
Car elle n’en est pas friande.

Je sens que s’approche la nuit,
Au nord, un étrange astre luit ;
Son noir éclat baigne la lande.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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