Presque une chantefable

Toile de Tim Probert
Robert tire un alligator
Par les cheveux ; il a donc tort,
Car les alligators sont chauves.
Aussi l’alligator se sauve…
___
Il va manger l’aligot tard
Dans un troquet du Saint-Gothard.
C’est noté dans le Cahier Mauve,
Contresigné par l’aigle fauve,
___
Et publié dans ce recueil.
Robert, ne perds pas ton orgueil,
Nous aimons bien tes Chantefables ;
___
Alligator, chauve-souris,
Sardine, tortue et fourmi,
Tant d’animaux impérissables !

Chanson dure

Toile de Picasso

On nous a dit de la boucler ;
À part ça, tout va bien, merci,
Si l’assaut continue ainsi,
On va se prendre une volée.

Combien resterons-nous ce soir,
Allongés au champ de bataille,
La mort qui nous fauche et nous taille
Nous troue aussi comme passoires.

La mort nous tranche et nous lapide,
C’est pour exalter notre nom ;
Or, que ce nom soit noble ou non,
C’est celui d’un homme intrépide.

Puisque nous sommes des humains,
Nous aimons mourir à la guerre ;
Le sang qui imprègne la terre
Lui donne de beaux lendemains.

Si la victoire n’est pas sûre,
Reste en nos coeurs ce bel espoir
Qu’un chanteur chante notre histoire :
Voilà qui vraiment nous rassure !

Cochonfucius

Une danseuse

Toile Zeta Phi Beta

Sous une lune bleue dansait une inconnue,
Elle était jeune et pâle, énigmatique et nue,
Le fleuve lui baignait à peine les mollets ;
Tout en la contemplant, mon esprit s’envolait.

On ne m’a jamais dit ce qu’elle est devenue,
Et je ne savais pas d’où elle était venue,
Comment elle vivait, ni ce qu’elle voulait.
Le fleuve sur ses pieds doucement s’écoulait.

Hélas, de ce grand livre il faut tourner les pages
En survolant de loin les plus charmants passages,
Et peu de temps après, il faut le refermer.

La lune reviendra sur ce fleuve paisible,
Et la danseuse aussi, mais plus imprévisible,
Notre esprit, de nouveau, en sera désarmé.

Cochonfucius

Minuscule et discret

Toile Elena Buftea

J’ai rêvé que j’étais, voyageant dans l’espace,
Une étrange entité aux saveurs de néant.
Mille franchissements d’interstices géants
Me faisaient dériver, allant de place en place.

Et je rêvais ainsi, immortel ou fugace,
Ne sachant si j’étais assemblage pesant
Ou simple vibration, murmure évanescent
N’exerçant nulle force et ne laissant de trace.

La chaleur des soleils me tenait en alerte ;
Je traversais aussi des matières inertes,
Et je voyais parfois miroiter des anneaux.

Pourquoi allais-­je ainsi de façon subreptice,
Comme sous une porte un insecte se glisse ?
Vous l’aviez deviné, j’étais un neutrino.

Cochonfucius

Blason des sept jours

Composition de l’auteur

Beau vendredi d’azur, que les choses vont mieux
Quand sur le pays vient ta lumière sereine !
Samedi de sinople, achevant la semaine,
C’est le jour qui convient pour flâner sous les cieux.

Dans le dimanche d’or, nous offrons à nos yeux
L’éclat d’un frais jardin, où les heures se traînent ;
Vient le lundi de sable où les labeurs nous prennent,
Aussi longtemps, du moins, que l’on n’est pas trop vieux.

Brave mardi d’hermine, où nous cherchons fortune,
Tu escortes la nef en route sous la lune
Et tu cèdes la place au mercredi d’argent,

Respectant chaque fois l’ordre chronologique ;
Puis de gueules surgit le jeudi nostalgique,
Vers le doux vendredi enfin se dirigeant.

Cochonfucius

Roses, serpent et monstre

Composition de l’auteur

Au sommet du ciel d’or, de gueules sont trois roses ;
Ces trois jeunes beautés tout le jour s’y reposent,
Tu dois aller les voir, tant que c’est le printemps,
Cette douce saison ne durera plus tant.

La douceur prendra fin, viendra la canicule,
Le météorologue aisément la calcule ;
Au pays de sinople est un serpent d’argent,
Il est inoffensif, soyons-lui indulgents.

D’or aussi l’inframonde, où vit un monstre hybride,
Il a trois cent mille ans et pas même une ride ;
Et, d’année en année, son coeur devient plus pur,
Je l’entends palpiter dans son grand corps d’azur.

Cochonfucius

Pour chanter

Toile d’Hélène Fleury

Le long d’une rive, un ondin
Marchait dans la senteur des roses,
Chantant des airs de baladin.

Une rose apprit la chanson
Et dans son coeur la tint enclose,
Bien forcée d’en taire le son.

Un âne survint en ces lieux ;
De la rose il fit sa pitance
(Ce n’est pas ce qu’il fit de mieux).

Maintenant cet âne est chanteur,
Et sur cet air unique, il danse,
Le psalmodiant avec lenteur.

La fée ne veut point vivre avec
Ce quadrupède mélomane :
Elle préfère un joli mec.

Que faut-il pour chanter, le soir ?
Un ondin, une rose, un âne
Et quelques amours sans espoir.

Cochonfucius

Pharamond, roi des Francs

Composition de l’auteur

Dans la nuit du cosmos, galope un batracien,
C’est le vieux roi des Francs sous sa métamorphose ;
Il arrive au jardin où fleurissent les roses,
Le voilà rassuré, ce domaine est le sien.

Sous une pierre blanche, il s’endort sans tarder,
Puis rêve d’un cosmos aux profondeurs obscures ;
Il rêve qu’il galope, amis, quelle aventure,
Puis rêve d’un jardin, je ne puis le farder ;

Dans son rêve, il s’endort, le vieux roi Pharamond ,
Pour rêver, derechef, que tout ça recommence…
Est-ce songe, ou poème, ou sénile démence ?
Peu importe, après tout. Couchons-nous et dormons.

Cochonfucius

La fragilité du corps

Toile de Dalí

Ce corps meurt par fragments et ne se voit mourir,
C’est juste que la vie paraît plus difficile.
Le ton de nos sonnets est toujours juvénile,
Mais, au long des chemins, nous allons, sans courir…

Or, nous le savons bien, qu’il nous faudra périr.
Ce corps que nous avons n’est qu’un vase fragile
Qui au fleuve du temps doit rendre son argile,
Et l’esprit une source en train de se tarir.

Mais si la vie nous donne une force illusoire,
Faisons que cette vie soit une belle histoire,
Que viennent l’illustrer mille pages d’amour.

Les morts ne draguent pas, ne boivent pas non plus
Et ne relisent pas les livres souvent lus :
Buvons donc aujourd’hui notre vin de ce jour.

Cochonfucius

Vocalisations

Toile de Kandinsky

Rat noir, (un blanc), Pli roux, Zut safran, Gros azur,
Nous saurons au jour dit ta polarisation :
Rat, noir galant trapu d’un fatigant patron
Qui culminait autour d’un diagonal du mur,

Culots d’os ; qui, ourdant du mitard ou du rang,
Cartons aux staphylins, pions blancs, chocs d’avachis ;
Pli, carmins, drap du lit, riant ainsi qu’unis
Dans un jupon ou dans un lardoir abondant ;

Zut, grammatisations, ronds alpins du satin,
Pull du marlou qu’ornait son vautour, pull du fin
Sillon qu’un Mishima au burin imprima ;

Gros, finitif dindon aux sautoirs d’abattoir,
Arçons ahurissant Dogons ou Nirvâna,
Gros d’un vautour, rayon jaillissant dans Son Voir !­­

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.