Nef d’or

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C’est la nef d’or, portant un prêtre de l’Empire,
Sur l’océan d’argent s’avançant jour et nuit,
Rencontrant le bonheur, rencontrant les ennuis,
Parée à recevoir le meilleur et le pire.

Volent de beaux poissons dans le vent qui soupire,
Plane un lion magicien qui dans la brume fuit ;
La corne d’abondance offre ses bons produits,
Prodiguant son miracle à tout ce qui respire.

La nef n’a pas de mât, mais un clocher bien droit,
Son équilibre vient des vertus de la foi
Et d’un constant recours à la métaphysique ;

Elle va, sur les flots, suivant sa propre loi.
— Quelle destination, prêtre de bon aloi ?
— Je l’improvise au vol, comme on fait, en musique.

Cochonfucius

Planète des aigles

 

 

image de l’auteur

Les aigles vont songeant, bien bref est leur sommeil,
Ils rêvent d’une proie, douce quand on la touche,
Tiède quand, auprès d’eux, son corps vaincu se couche,
Calme, même en versant un flot de sang vermeil.

Nous pouvons observer que leur rêve est pareil
À leur vécu du jour, sur lequel il débouche :
Car, nuit et jour, l’esprit de ces oiseaux farouches
A cette vénerie pour unique soleil.

Jamais ne rêveront d’une licorne pure
Dont la blanche crinière est une chevelure
Illuminant la nuit de sa froide pâleur,

Dansant, dessous la lune, une valse amoureuse,
Chantonnant comme fait une vestale heureuse ;
Jamais ne rêveront qu’ils vont cueillir des fleurs.

Cochonfucius

 

Cracheur de flammes

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De feu ni de chaleur ne suis rassasié ;
J’ai chez moi trois bûchers, que jamais rien ne voile,
Et, si je le pouvais, j’y mettrais les étoiles
Pour les faire glisser dans mon vaste gosier.

Quand s’éveille un volcan, mon coeur extasié
Bat quelque peu plus vite, et même, je me poile
En songeant que nul mur, de granit ou de toile,
Ne saurait contenir ce vivace brasier.

Je suis le noir dragon, simples sont mes pensées,
Chose autre qu’une flamme est par moi délaissée,
Grâce à leur vif éclat, j’échappe au désespoir.

Quand plus tendre se fait la dragonne farouche,
La même combustion réchauffe nos deux bouches :
Le feu croit s’observer dans un ardent miroir.

Cochonfucius

Empereur des reptiles

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De ce grand Empereur, la chair est tiède et blême ;
Ce monarque sans loi ne rend de culte à rien,
Et quand il vit Patrick, un ermite chrétien,
Ce serpent s’éloigna comme du diable même.

Il est doux, cependant, pour les dames qu’il aime ;
Elles vont admirant son auguste maintien.
Il sait récompenser tous ceux qui font le bien,
Pour les autres montrant une rigueur extrême.

Il se souvient d’un prince aux curieux cheveux blonds,
Qui, lui parlant souvent, jamais ne dit son nom ;
Un doux enfant qui fut d’une rose idolâtre.

D’une faveur qu’il fait, nul ne se montre ingrat :
Le prince, le renard, le phénix ou le rat,
Tous, il les aide, un jour, à quitter le théâtre.

Cochonfucius

De gueules au cygne d’argent

Composition de l’auteur

Des basses-cours, le cygne se souvient :
Des vrais canards, avec lesquels on joue,
De la fermière aux abondantes joues,
Du troupeau d’oies qui s’en va et s’en vient.

De cette enfance, il ne lui reste rien,
Cygne et canard d’amitié ne se nouent ;
L’un dans l’eau pure, et l’autre dans la boue,
Entre ces deux ne subsiste aucun lien.

Ce ne doit être un objet de malaise,
Juste une idée, qu’un sombre oubli apaise,
Ni attachés, ni l’un de l’autre épris,

Cygne et canard ont chacun leur domaine ;
Ce ne doit point être cause de peine…
Mais ils pensaient, jadis, s’être compris.

Cochonfucius

César lotophage

image de l’auteur

Jules, pour amortir le trouble de son coeur
Et pour éteindre en lui de sinistres pensées,
Suit des distillateurs la recherche avancée
Qui pourra vaincre, un jour, son âme de vainqueur.

Tant de soulagement à n’être plus penseur,
À fuir le souvenir de sa gloire passée :
Car il préfère à tout la dérive insensée
Qu’apporte le lotus à l’étrange douceur.

Il donne ses trésors de vieux conquérant riche,
Des terrains à bâtir et des jardins en friche ;
Tout cela pour pouvoir s’étendre, et sommeiller.

De la guerre il oublie la meurtrière danse,
La rumeur combative et la marche en cadence :
Il ne sait plus pourquoi il a tant travaillé.

Cochonfucius

Sagesse monastique

Composition de l’auteur

D’un lion de sable usurpant l’apparence,
Un sphinx visite un cloître, en plein hiver.
Piéger un moine et le mettre en enfer,
Tel est son voeu, telle est son espérance.

Il en trouve un, de ceux qui parfois pensent
À la beauté de ce grand Univers,
À la douceur que porte parfois l’air,
Aux belles voix qu’on entend à distance.

— Moine, quittons ce palais de tourments ;
D’une vestale, en te faisant l’amant,
Tu gagneras les plaisirs les plus amples.

— Sphinx, dit le moine, es-tu vraiment si fin ?
De ces biens-là, tu n’en as jamais faim :
Faible orateur, qui ne prêche d’exemple.

Cochonfucius

Splendeur des châteaux

Composition de l’auteur

Château de gueules, lourd comme un massif squelette !
Vos murs sont, néanmoins, finement ouvragés.
Vos voisins de sinople, au mépris du danger,
Se tiennent contre vous, à portée d’arbalète.

En inframonde existe une grotte secrète
Où le château d’azur est peuplé d’étrangers
Qui ont pris pour seigneur un baron dérangé :
Pleines de fantaisie sont les lois qu’il décrète,

Sur le cas où, dans l’ombre, un robinet se sauve ;
Sur la jurispridence issue du cahier mauve ;
Sur ce qui se défeuille et ce qui reste vert ;

Sur l’inauguration des nouveaux chrysanthèmes ;
Sur le radieux soleil et sur la lune blême ;
Et, le plus important, comment boire en hiver.

Cochonfucius

Liberté de rêver

Toile de Karl Brullof

Que nul ne soit contraint de combattre sans trêve,
Maint travail se prépare au souffle du dormeur ;
Et s’il ne perçoit pas ce qui, en lui, se lève,
Au moment opportun le connaîtra son coeur.

Laissez-le s’incliner dans son temps qui s’achève,
Il pourra découvrir une autre profondeur.
Puisqu’il n’a plus en lui que cette faible sève,
Épargnez-lui l’effort, épargnez-lui la peur.

Le poète est lui-même au temps de son repos ;
C’est là qu’il sait tenir de plus nobles propos,
Charmer de ses bons mots la lectrice qui l’aime ;

Ou, si cette vie n’est qu’un songe intermittent,
S’il n’est point de serpent, ni d’Ève, ni d’Adam,
Qu’importent nos efforts, qu’importe ce poème ?

Cochonfucius

Arbre de gueules et d’argent

image de l’auteur

De gueules et d’argent est l’arbre d’Apollon,
Il sert à couronner les bons sonneurs de lyre ;
Jamais il n’est coupé pour bâtir un navire,
Jamais on n’en fait d’arcs ou d’instruments félons.

Ne craignant ni Phébus, ni le dur Aquilon,
Il vibre dans le soir aux accents de Zéphire ;
En cas d’orage, il dit : «Ça pourrait être pire»,
Ses branches dans le vent jouent comme des violons.

Ses deux côtés jumeaux l’un contre l’autre vivent
Dans les saisons de l’an qui toujours s’entresuivent
Tout aussi sûrement que le jour et la nuit :

Pour cet arbre, le temps ne s’en va point, il passe
Comme un ouroboros, lui-même se pourchasse :
Car le temps, sans repos, se rejoint et se suit.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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