Simple nef de gueules

Image du blog Herald Dick Magazine

Loin du port aux longues murailles,
La nef rougit comme un brasier ;
Un gars tient le timon d’acier,
Rêvant de gloire et de batailles.

Cette rouge nef de ferraille
Est des mers le fier destrier ;
Sa coque est comme un bouclier
Dont géante serait la taille.

Sous le tonnerre et sous l’éclair,
La voile se gonfle dans l’air
Où les lys sont des oriflammes ;

Rhinocéros prêt à charger,
Rouge monstre au regard figé,
La nef est la terreur des lames.

Cochonfucius

Dans les bois

Toile de Kate Collins

Le renard trouve un os, et doucement le ronge ;
C’est un plat savoureux, c’est une riche part,
Un festin que l’on doit savourer à l’écart,
Comme en méditation, comme au ciel, comme en songe.

Notre esprit, lui aussi, en ses plaisirs se plonge ;
Derrière un petit mur ou derrière un rempart,
Perché sur une branche ainsi qu’un léopard,
Ou, plus perversement, sous couvert d’un mensonge.

Le renard, de ses pairs, est souvent désuni :
Comme larron et traître il est des cours banni,
Sans avoir trop d’espoir du pardon de ses fautes.

Ne ressemblez donc point au renard sans merci,
Ayez des commensaux, sans regret, sans souci :
D’un festin  partagé la saveur est plus haute.

Cochonfucius

Newton et Langevin

Pochette d’album Pink Floyd

Jumeaux de Langevin, par votre éloignement,
Le temps d’un seul des deux s’altère et se dilate,
A son retour il eut, la chose nous épate,
Par rapport à son frère, un âge différent.

L’écart est expliqué, bien sûr, par les savants,
Posant les équations, calculant, ils débattent ;
Donc, deux individus nés à la même date
N’ont pas, dans ce cas là, vécu le même temps.

Ainsi en sera-t-il de deux auteurs qui glanent
Dans les mêmes trésors, et aux mêmes cieux planent,
Ils n’en tireront pas même moralité.

Quand Newton de son prisme une lumière brise,
On voit plusieurs couleurs au rayon qui s’irise ;
Mais le soleil, aux cieux, garde son unité.

Cochonfucius

Beffroi

Photographie de Topic Topos

J’aime mon vieux beffroi et le son de ses cloches
Qui au village sont premières à chanter ;
L’église vient après, que l’on entend tinter
Alors que l’eau du ciel délave les toits proches.

Le boucher de la place a sorti ses couteaux
Pour tailler tout le jour la viande en belles tranches,
Le boulanger ouvre un sac de farine blanche,
L’écluse du canal réceptionne un bateau.

Tout le jour, la pluie tombe et berce le silence
Des villageois qui ont espéré le printemps ;
Quelques-uns sont assis au café, méditant
Sur des vers d’Eluard, chargés d’ambivalence.

Cochonfucius

Arbrisseau

image de l’auteur

Au matin printanier, quand les oiseaux s’émeuvent,
La fleur d’un petit arbre exhale son encens ;
Sur mon banc de jardin, confusément, je sens
Que la branche, demain, de la fleur sera veuve.

Ce jardin si changeant, serait-il une preuve
Que tout doit s’altérer, au passage du temps ?
Chaque nouvel avril, les oiseaux sont contents
De rencontrer sur l’arbre une floraison neuve.

Un cloporte, arborant son costume banal,
Traverse un filet d’eau, qu’il prend pour un canal ;
Un plan d’eau minuscule, où ne vogue nul cygne.

De toutes les leçons que ce jardin m’apprit,
Voici celle qui plaît, ce jour, à mon esprit :
Si j’aime le raisin, je dois aimer la vigne.

Cochonfucius

Un apprentissage

Photographie de JBB par Ch. B.

J’ai rêvé qu’on m’avait mis en apprentissage;
C’était pour me former comme poisson bavard.
Me voici apprenant l’algue du boulevard,
Le crabe magnétique et l’huître entomophage,

Les elfes du ressac, les monstres de la plage,
L’hippocampe au sépulcre et son triple avatar,
La baleine invisible et le poulpe tricard,
Rédigeant sur chaque être un rapport de vingt pages.

A l’oral, il fallut parler d’antipodistes,
Du maître en fourberie, de la liste des listes,
Et du stress du homard que l’on fait cardinal.

Si j’ai pendant quatre ans des notes favorables,
Mon statut permettra que, de façon durable,
Je n’aie plus à être homme (ah, l’ignoble animal) !

Cochonfucius

Dieu du petit cours d’eau

image d’Herald Dick

Le dieu du ruisselet rend ses bords fructueux ;
Une ondine, aux jardins, la nuit se fait gardienne.
Ainsi les riverains vivent sans trop de peine,
Arpentant, sans courir, leurs sentiers tortueux.

Le ciel, au long de l’an, n’est pas trop dur pour eux ;
Ils prennent tout leur temps pour récolter des graines,
Pour raconter leur vie auprès d’une fontaine,
Pour échanger, parfois, des propos amoureux.

Combien leur font plaisir, quand elles sont écloses,
Au joli mois de mai, les innombrables roses,
Production foisonnante, à n’en pouvoir choisir.

Et qu’offrent-ils au dieu, pour la bonne eau courante ?
Pas le moindre cadeau, la plus petite rente :
Ils pensent qu’il a fait tout ça pour le plaisir.

Cochonfucius

Lieu de prière

image de l’auteur

Sous cet autel, mille défunts,
Garde-les, Vierge Souveraine ;
Que nul démon ne les entraîne
Vers l’inframonde aux noirs parfums.

Dehors aussi, sous le sol brun,
Sont quelques dépouilles sereines ;
Marins noyés par les sirènes,
Capitaines hors du commun.

Ce lieu profond comme une grotte,
J’en veux pour mon dernier sommeil ;
Ou bien la friche, c’est pareil.

Le trépas n’a point d’antidote,
Me disait un sage mentor,
Lui qui rarement avait tort.

Cochonfucius

Fleur surprenante

image de l’auteur

Bien étrange est mon corps,
Je suis phénoménale ;
Mon âme est amicale
Envers les êtres forts.

Je suis la fleur d’Armor,
Très rare, et peu banale ;
Au long des matins pâles,
Je prépare ma mort.

De ma chair abolie
Naîtront mille autres vies ;
De beaux fruits ronds et roux.

C’est de ces jolies boules
Que du sucre s’écoule ;
Il n’est rien de plus doux.

Cochonfucius

Ange-lion

Image du blog Herald Dick Magazine

De gueules, l’ange–lion surgit de l’océan,
S’élève dans les airs, franchit les cieux sans nombre,
Puis se laisse flotter au firmament, sans ombre,
Sans bruit, sinon celui de son coeur de géant.

Il plane, loin du sage et loin du mécréant,
Loin de la ville neuve et loin des vieux décombres,
Loin du jour lumineux et loin de la nuit sombre,
Unique voyageur dans le ciel d’or béant.

Il ne regrette point la faune qui moutonne,
Son paisible bonheur n’a besoin de personne,
Pas plus que l’on ne craint d’être seul, quand on dort.

Le jour de ce ciel jaune est comme une nuit calme,
La crinière du lion flotte comme une palme ;
Peut-être, par instants, son coeur bat un peu fort.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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