Oiseau de nuit

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Je n’ai cure de la froidure,
Car j’ai mon beau plumage gris ;
L’oiselle dont je fus épris
Trouvait belle cette parure.

Quelques rongeurs je me procure,
Que Dieu nous offre à petit prix ;
Je les extrais de leurs abris,
Je mets fin à leur vie obscure.

Je ne fais le mal ni le bien,
Je n’entretiens guère de liens,
Mais ne vis pas en solitude.

J’ai vécu sans rien acquérir,
Et cependant, sans dépérir,
Malgré quelques incertitudes.

Cochonfucius

Dauphin des Pyrénées

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J’ai baigné dans une eau verte
Mon corps lourd comme du plomb ;
En franchissant les surplombs
Les humains me déconcertent.

Rive de neige couverte,
Dont le dégel sera long ;
Allons vers la source, allons,
La boisson nous est offerte.

En amont résonne un cor,
L’écho lui fait des accords ;
Roncevaux de gris se voile.

C’est la nuit, ma bonne étoile
Chante une chanson de toile ;
Cette complainte m’endort.

Cochonfucius

Ange d’ombre

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Mon âme est de faux or,
Mon esprit est fait d’ombre ;
J’aime les endroits sombres,
Où rôde Belphégor.

Même en vie, je suis mort,
Mon coeur n’est que décombres ;
Tu vois, je suis du nombre
Des fantômes sans corps.

Voulant planer, je tombe
Vers un terrain maudit
Où s’ouvrira ma tombe.

D’ailleurs, je le mérite,
Un criquet me l’a dit ;
Car je fus sybarite.

Cochonfucius

Papillon de janvier

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Je vole en plein hiver, et j’ai froid, c’est banal,
J’ai perdu ma vigueur et ma peine est profonde ;
Il serait temps pour moi d’aller en inframonde,
Je ne reverrai point les jours de Germinal.

Je ne sais pas sortir de ce songe hivernal,
J’en parle au Créateur, mais sans qu’il me réponde ;
J’éprouve une douleur à nulle autre seconde,
Un sombre désespoir, un tourment infernal.

Un rimeur en veut faire un sonnet, c’est obscène,
Je suis bien dégoûté par cette oeuvre malsaine ;
Mais je ne vole plus, tout cela va finir.

J’ai regret du nectar, j’ai regret des caresses ;
Mais je ne pense pas que ça vous intéresse,
Je ne resterai pas dans votre souvenir.

Cochonfucius

Distillateur d’étang

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Le Sorcier Grenouille, un jour en Floride,
A plongé dans l’eau le soleil d’été ;
Monte la vapeur de ce monde humide
Et se refroidit sans trop s’agiter.

On ne garde point les dépôts solides,
La liqueur d’étang gagne en qualité ;
Il reste à trouver quelques tonneaux vides
Ayant contenu des jus fermentés.

Le Maître Grenouille en son écuelle
A versé sa part de boisson nouvelle ;
Alors, il pourra dîner aux flambeaux.

Une jeune ondine est là, sous son charme,
Ce sage penseur l’émeut jusqu’aux larmes ;
Son pouvoir est grand, son discours est beau.

Cochonfucius

Exosquelette

image de l’auteur

L’escargot de jardin, sur un mur endormi,
Progresse lentement dans l’onirique espace ;
Son rêve le transforme en animal fugace,
Capable d’échapper à tous ses ennemis.

Sa coquille l’abrite, et jamais ne frémit,
Ses jours coulent heureux dans ce petit palace ;
Le sombre cauchemar jamais ne le tracasse,
Morphée lui veut du bien, Hypnos est son ami.

Une muse lui parle en un songe, il l’écoute,
Elle veut éclairer son coeur de mécréant ;
Malgré ce beau discours, il conserve ses doutes.

La sirène pour lui quitte son Océan
Afin de disserter sur l’Être et le Néant ;
Mais l’escargot répond « Ça ne tient pas la route. »

Cochonfucius

Barde-blaireau

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Ce petit carnivore aime les ritournelles,
Pour en imaginer son talent se déploie ;
Grâce aux bénédictions dont la Muse l’ondoie,
Il peut s’aventurer dans des terres nouvelles.

La poésie n’est pas sa langue naturelle,
Aussi, dans ses écrits, des lacunes se voient ;
Mais son coeur est présent dans les mots qu’il emploie,
Poursuivant son labeur auprès d’une chandelle.

Il n’usera jamais de phrases raffinées,
Il ne tracera point de lettre enluminée ;
Sobre il demeurera, telle est sa destinée.

Il n’abordera point l’horreur ni le mystère,
Il n’appliquera point de principes austères ;
Son modeste logis n’est pas un monastère.

Cochonfucius

Planète Segonzacandra

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Le cosmos m’interloque,
Cet insondable ciel ;
Rien de providentiel,
Des formes équivoques.

Sur un astre baroque
Vit un peuple cruel ;
Noirs sont leurs rituels
Qui des humbles se moquent.

Brumeuse est leur lumière,
Insipide leur bière ;
Leur vie n’est que tourments.

Pour eux, le firmament
N’est que vile poussière,
Tourbe inhospitalière.

Cochonfucius

Une flamme

image de l’auteur

Un fauve en travers du sentier,
Porteur d’une flamme qui brille ;
Lui, qui n’a rien d’un joyeux drille,
Est un prédateur sans pitié.

Il ne fera pas de quartier,
Pas même à des petites filles ;
Il désolera les familles
Dans ces parages forestiers.

Bergers, gardez bien vos troupeaux,
Sinon le monstre aura leur peau ;
De massacrer, ça l’émoustille.

De ses proies restent des lambeaux
Qu’il offre à ses amis corbeaux ;
Leur ventre plein, ils s’éparpillent.

Cochonfucius

Monstre hivernal

image de l’auteur

Créature bancale,
Je marche dans la nuit ;
Une lune amicale
Sur mon errance luit.

Pour guetter la vestale
Je reste auprès du puits ;
Dans l’ombre je m’installe,
Un arbre est mon appui.

Or, Cupidon délaisse
Les gens de mon espèce ;
J’irai vierge au tombeau.

Je resterai pudique
Au moment fatidique,
J’éteindrai mon flambeau.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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