Splendeur des châteaux

Composition de l’auteur

Château de gueules, lourd comme un massif squelette !
Vos murs sont, néanmoins, finement ouvragés.
Vos voisins de sinople, au mépris du danger,
Se tiennent contre vous, à portée d’arbalète.

En inframonde existe une grotte secrète
Où le château d’azur est peuplé d’étrangers
Qui ont pris pour seigneur un baron dérangé :
Pleines de fantaisie sont les lois qu’il décrète,

Sur le cas où, dans l’ombre, un robinet se sauve ;
Sur la jurispridence issue du cahier mauve ;
Sur ce qui se défeuille et ce qui reste vert ;

Sur l’inauguration des nouveaux chrysanthèmes ;
Sur le radieux soleil et sur la lune blême ;
Et, le plus important, comment boire en hiver.

Cochonfucius

Liberté de rêver

Toile de Karl Brullof

Que nul ne soit contraint de combattre sans trêve,
Maint travail se prépare au souffle du dormeur ;
Et s’il ne perçoit pas ce qui, en lui, se lève,
Au moment opportun le connaîtra son coeur.

Laissez-le s’incliner dans son temps qui s’achève,
Il pourra découvrir une autre profondeur.
Puisqu’il n’a plus en lui que cette faible sève,
Épargnez-lui l’effort, épargnez-lui la peur.

Le poète est lui-même au temps de son repos ;
C’est là qu’il sait tenir de plus nobles propos,
Charmer de ses bons mots la lectrice qui l’aime ;

Ou, si cette vie n’est qu’un songe intermittent,
S’il n’est point de serpent, ni d’Ève, ni d’Adam,
Qu’importent nos efforts, qu’importe ce poème ?

Cochonfucius

Arbre de gueules et d’argent

image de l’auteur

De gueules et d’argent est l’arbre d’Apollon,
Il sert à couronner les bons sonneurs de lyre ;
Jamais il n’est coupé pour bâtir un navire,
Jamais on n’en fait d’arcs ou d’instruments félons.

Ne craignant ni Phébus, ni le dur Aquilon,
Il vibre dans le soir aux accents de Zéphire ;
En cas d’orage, il dit : «Ça pourrait être pire»,
Ses branches dans le vent jouent comme des violons.

Ses deux côtés jumeaux l’un contre l’autre vivent
Dans les saisons de l’an qui toujours s’entresuivent
Tout aussi sûrement que le jour et la nuit :

Pour cet arbre, le temps ne s’en va point, il passe
Comme un ouroboros, lui-même se pourchasse :
Car le temps, sans repos, se rejoint et se suit.

Cochonfucius

Simple nef de gueules

Image du blog Herald Dick Magazine

Loin du port aux longues murailles,
La nef rougit comme un brasier ;
Un gars tient le timon d’acier,
Rêvant de gloire et de batailles.

Cette rouge nef de ferraille
Est des mers le fier destrier ;
Sa coque est comme un bouclier
Dont géante serait la taille.

Sous le tonnerre et sous l’éclair,
La voile se gonfle dans l’air
Où les lys sont des oriflammes ;

Rhinocéros prêt à charger,
Rouge monstre au regard figé,
La nef est la terreur des lames.

Cochonfucius

Dans les bois

Toile de Kate Collins

Le renard trouve un os, et doucement le ronge ;
C’est un plat savoureux, c’est une riche part,
Un festin que l’on doit savourer à l’écart,
Comme en méditation, comme au ciel, comme en songe.

Notre esprit, lui aussi, en ses plaisirs se plonge ;
Derrière un petit mur ou derrière un rempart,
Perché sur une branche ainsi qu’un léopard,
Ou, plus perversement, sous couvert d’un mensonge.

Le renard, de ses pairs, est souvent désuni :
Comme larron et traître il est des cours banni,
Sans avoir trop d’espoir du pardon de ses fautes.

Ne ressemblez donc point au renard sans merci,
Ayez des commensaux, sans regret, sans souci :
D’un festin  partagé la saveur est plus haute.

Cochonfucius

Newton et Langevin

Pochette d’album Pink Floyd

Jumeaux de Langevin, par votre éloignement,
Le temps d’un seul des deux s’altère et se dilate,
A son retour il eut, la chose nous épate,
Par rapport à son frère, un âge différent.

L’écart est expliqué, bien sûr, par les savants,
Posant les équations, calculant, ils débattent ;
Donc, deux individus nés à la même date
N’ont pas, dans ce cas là, vécu le même temps.

Ainsi en sera-t-il de deux auteurs qui glanent
Dans les mêmes trésors, et aux mêmes cieux planent,
Ils n’en tireront pas même moralité.

Quand Newton de son prisme une lumière brise,
On voit plusieurs couleurs au rayon qui s’irise ;
Mais le soleil, aux cieux, garde son unité.

Cochonfucius

Beffroi

Photographie de Topic Topos

J’aime mon vieux beffroi et le son de ses cloches
Qui au village sont premières à chanter ;
L’église vient après, que l’on entend tinter
Alors que l’eau du ciel délave les toits proches.

Le boucher de la place a sorti ses couteaux
Pour tailler tout le jour la viande en belles tranches,
Le boulanger ouvre un sac de farine blanche,
L’écluse du canal réceptionne un bateau.

Tout le jour, la pluie tombe et berce le silence
Des villageois qui ont espéré le printemps ;
Quelques-uns sont assis au café, méditant
Sur des vers d’Eluard, chargés d’ambivalence.

Cochonfucius

Arbrisseau

image de l’auteur

Au matin printanier, quand les oiseaux s’émeuvent,
La fleur d’un petit arbre exhale son encens ;
Sur mon banc de jardin, confusément, je sens
Que la branche, demain, de la fleur sera veuve.

Ce jardin si changeant, serait-il une preuve
Que tout doit s’altérer, au passage du temps ?
Chaque nouvel avril, les oiseaux sont contents
De rencontrer sur l’arbre une floraison neuve.

Un cloporte, arborant son costume banal,
Traverse un filet d’eau, qu’il prend pour un canal ;
Un plan d’eau minuscule, où ne vogue nul cygne.

De toutes les leçons que ce jardin m’apprit,
Voici celle qui plaît, ce jour, à mon esprit :
Si j’aime le raisin, je dois aimer la vigne.

Cochonfucius

Un apprentissage

Photographie de JBB par Ch. B.

J’ai rêvé qu’on m’avait mis en apprentissage;
C’était pour me former comme poisson bavard.
Me voici apprenant l’algue du boulevard,
Le crabe magnétique et l’huître entomophage,

Les elfes du ressac, les monstres de la plage,
L’hippocampe au sépulcre et son triple avatar,
La baleine invisible et le poulpe tricard,
Rédigeant sur chaque être un rapport de vingt pages.

A l’oral, il fallut parler d’antipodistes,
Du maître en fourberie, de la liste des listes,
Et du stress du homard que l’on fait cardinal.

Si j’ai pendant quatre ans des notes favorables,
Mon statut permettra que, de façon durable,
Je n’aie plus à être homme (ah, l’ignoble animal) !

Cochonfucius

Dieu du petit cours d’eau

image d’Herald Dick

Le dieu du ruisselet rend ses bords fructueux ;
Une ondine, aux jardins, la nuit se fait gardienne.
Ainsi les riverains vivent sans trop de peine,
Arpentant, sans courir, leurs sentiers tortueux.

Le ciel, au long de l’an, n’est pas trop dur pour eux ;
Ils prennent tout leur temps pour récolter des graines,
Pour raconter leur vie auprès d’une fontaine,
Pour échanger, parfois, des propos amoureux.

Combien leur font plaisir, quand elles sont écloses,
Au joli mois de mai, les innombrables roses,
Production foisonnante, à n’en pouvoir choisir.

Et qu’offrent-ils au dieu, pour la bonne eau courante ?
Pas le moindre cadeau, la plus petite rente :
Ils pensent qu’il a fait tout ça pour le plaisir.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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