Trinités marginales

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Ces dieux d’un bizarre modèle,
Ils sentent vraiment le fagot ;
Leur Sacré Livre est en argot,
Ils n’ont presque pas de fidèles.

Leur Pape dit « La mort est belle,
Car elle nous rend tous égaux ;
Un cadavre n’a pas d’ego,
Lui qui n’a plus rien d’un rebelle. »

Leurs églises sont des tripots,
Volontiers j’y vais boire un pot ;
C’est une modeste dépense.

Ce sont des dieux sans dignité,
Mais aussi sans malignité ;
Car jamais à mal ils ne pensent.

Cochonfucius

Volatile

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Pour bien planer, je suis trop lourd,
Je ne suis pas une hirondelle ;
Faibles sont mes battements d’ailes,
Je suis moins adroit qu’un vautour.

Monotones sont mes amours,
De quoi me sert d’être fidèle ?
Dans mon coeur, sombre citadelle,
Se délabrent les vieilles tours.

Traqué par les démons farouches,
Je dors bien mal quand je me couche ;
Bientôt me prendra l’oiseleur.

S’éteindra ma flamme ténue,
Finiront mes mille douleurs ;
La mort est presque bienvenue.

Cochonfucius

Lampe transcendante

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Cette claire lumière
Nous remplit de vigueur ;
C’est un éclat fugueur
D’étoile buissonnière.

Or, de cette manière,
Prend fin notre langueur ;
Notre esprit bourlingueur
Peut quitter les ornières;

Loin du mal, loin du bien,
Le coeur, vois-tu, devient
Léger comme une plume.

Ainsi, jusqu’au tombeau,
Voilà qu’il se consume
Comme font les flambeaux.

Cochonfucius

Auprès de cet arbre

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Cet arbre ne dit rien, cela n’a rien d’étrange,
Il n’est pas babillard, ce n’est pas un serin ;
Son âme est sans tourment, son coeur reste serein,
En guise de dryade il abrite un archange.

Il n’est guère affecté par les saisons qui changent,
Même un feu de forêt, je ne sais s’il le craint ;
La fille du dieu Pan, drôlesse aux pieds caprins,
Cherchant à le charmer, ses blonds cheveux arrange.

Un botaniste vint des plus lointains confins,
Ayant passé la mer sur le dos d’un dauphin ;
Par cet aventurier la drôlesse est ravie.

L’arbre en ses souvenirs la revoit chaque jour
Et cela peut durer tout au long de sa vie ;
Mais il ne dira rien de ces brèves amours.

Cochonfucius

Pont des fantômes

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Les revenants sont mal à l’aise,
Le fleuve et le ciel sont obscurs :
De leur sort, ils ne sont pas sûrs,
D’être mort, la chose est mauvaise.

Ils s’abritent sous un mélèze
En prononçant des mots impurs ;
Ensuite ils traversent un mur,
La lune est là, ça les apaise.

Ils ne quittent point ce rivage,
Parfois même, l’un d’entre eux nage ;
Vif est le courant sous le pont.

La belle ondine se demande
Lequel est celui qui commande ;
Mais aucun d’entre eux ne répond.

Cochonfucius

十四文

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Le tribunal voulut la mort,
Le condamné sa croix transporte ;
Il s’écroule, un Romain l’exhorte,
Sa mère lui dit d’être fort.

Simon prend le relais, alors ;
Véronique se montre accorte,
Mais il tombe auprès d’une porte ;
Il parle aux filles de leur sort.

Il fait une troisième chute,
On lui retire son calbute ;
On fixe son corps sur le bois.

Il parle, il souffre, et puis il meurt ;
On le décloue, c’est du labeur,
On place en un tombeau ce roi.

Cochonfucius

Quartefeuille de janvier

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Nous la découvrons maintenant,
Elle était là depuis l’automne ;
Épargnée par les ruminants,
Elle me sourit, ça m’étonne.

Dans l’univers impermanent
Où, craintif, je me pelotonne,
Ce bon sourire est surprenant ;
Je ne trouve pas qu’il détonne.

Par quel poète du passé
Son portrait fut-il donc tracé ?
Disons, peut-être, Apollinaire.

Les quatre feuilles sous le ciel,
Mille racines sous la terre ;
La fleur, la promesse du miel.

Cochonfucius

Fille du roi

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Notre roi sur son pont
Entend parler sa fille ;
Ce père de famille
Sagement lui répond.

Il voudrait être bon
Comme un soleil qui brille :
Gentiment il babille,
Toujours elle dit « Non ».

Il voudrait être ferme
Et dans la tour l’enferme
Afin de l’avertir.

Dans cette chambre basse
Il croit qu’elle trépasse ;
Il tombe en repentir.

Cochonfucius

Roseau qui chante

image de l’auteur

Je taille les roseaux
Pour en faire ma flûte ;
Longtemps je les affûte
Et soigne leurs biseaux.

Chantant pour les oiseaux,
Dryades, vous leur plûtes ;
Ensuite, vous leur lûtes
Un bel arioso.

Je n’ai rien d’autre à dire ;
Je vais ranger ma lyre
Car le silence est d’or.

Dans une autre aventure
J’ai perdu ma ceinture ;
Je n’en dis rien, je dors.

Cochonfucius

Poisson de Janus

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Ce poisson bicéphale, il n’a pas forme humaine,
Il ferait mieux d’aller se cacher dans un puits ;
Nous n’aimons nullement le rencontrer la nuit,
Il semble un revenant lorsque la lune est pleine.

Il trouble les ondins, il fait fuir les sirènes,
Neptune ne sait pas ce qu’on fera de lui ;
Des démons, sans nul doute, ici l’ont introduit
Pour, une fois de plus, faire une blague obscène.

Aphrodite envers lui n’aura nulle tendresse,
À d’autres elle ira prodiguer ses caresses ;
Il n’a pas ce qu’il faut pour être son vainqueur.

Il sévissait déjà du temps de mon grand-père ;
Il doit bientôt mourir, ou du moins, je l’espère ;
Notre monde ira mieux sans ce vieil arnaqueur.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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