Planète Sadiracandra

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Ici, jamais les gens n’auront l’air d’être vieux,
Comme un rêve est la vie dans ces heureux parages ;
Nul n’y verra jamais la fureur ni la rage,
Leurs coeurs sont aussi purs que leurs paisibles cieux.

Nulle nef ne pourra te conduire en ces lieux,
Tu n’atterriras point parmi leurs frais ombrages ;
D’ailleurs, ce paradis, c’est peut-être un mirage,
Une ruse du Diable, une farce de Dieu.

Or, rêvant d’un tel monde, on s’obstine, on espère,
On peut imaginer qu’un prodige s’opère ;
Nous sommes pourtant loin d’y croire, franchement.

Qu’importe ! Nous aimons ces fantasmes fragiles ;
Nous voulons oublier que la chair est argile,
Donc, nous nous languissons d’une vie sans tourments.

Cochonfucius

Calice au jardin

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Père, je me soumets à votre volonté,
La Loi me le demande, ainsi que les prophètes ;
Mon âme à son devoir jamais ne fut soustraite,
Même si je comprends qu’il faut le redouter.

Je viens me recueillir en ces lieux écartés
Pendant que les Romains leur bois funèbre apprêtent ;
Dans ce monde, toujours, les choses sont bien faites,
Elle suivent le Plan, par vous prémédité.

De peu de poids sera mon humble destinée ;
Ma carrière en ce monde est déjà terminée,
Je me reposerai dès le vendredi soir.

Se peut-il que la Mort soit une épiphanie ?
La route qu’elle croise en est-elle aplanie ?
À traiter ce sujet je ne peux que surseoir.

Cochonfucius

Taureau volant

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Je plane sur la Crète,
Cupidon me conduit ;
Je pense qu’aujourd’hui
Je vais faire la fête.

Je suis la noble bête
Qui les vierges séduit ;
Parfois, cela produit
Un monstre à jolie tête.

Buvant parmi les roses,
Trois pucelles s’exposent ;
C’est fort plaisant à voir.

Dans une danse folle
Leurs scrupules s’envolent ;
J’exerce mes pouvoirs.

Cochonfucius

Oiseau de nuit

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Je n’ai cure de la froidure,
Car j’ai mon beau plumage gris ;
L’oiselle dont je fus épris
Trouvait belle cette parure.

Quelques rongeurs je me procure,
Que Dieu nous offre à petit prix ;
Je les extrais de leurs abris,
Je mets fin à leur vie obscure.

Je ne fais le mal ni le bien,
Je n’entretiens guère de liens,
Mais ne vis pas en solitude.

J’ai vécu sans rien acquérir,
Et cependant, sans dépérir,
Malgré quelques incertitudes.

Cochonfucius

Dauphin des Pyrénées

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J’ai baigné dans une eau verte
Mon corps lourd comme du plomb ;
En franchissant les surplombs
Les humains me déconcertent.

Rive de neige couverte,
Dont le dégel sera long ;
Allons vers la source, allons,
La boisson nous est offerte.

En amont résonne un cor,
L’écho lui fait des accords ;
Roncevaux de gris se voile.

C’est la nuit, ma bonne étoile
Chante une chanson de toile ;
Cette complainte m’endort.

Cochonfucius

Ange d’ombre

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Mon âme est de faux or,
Mon esprit est fait d’ombre ;
J’aime les endroits sombres,
Où rôde Belphégor.

Même en vie, je suis mort,
Mon coeur n’est que décombres ;
Tu vois, je suis du nombre
Des fantômes sans corps.

Voulant planer, je tombe
Vers un terrain maudit
Où s’ouvrira ma tombe.

D’ailleurs, je le mérite,
Un criquet me l’a dit ;
Car je fus sybarite.

Cochonfucius

Papillon de janvier

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Je vole en plein hiver, et j’ai froid, c’est banal,
J’ai perdu ma vigueur et ma peine est profonde ;
Il serait temps pour moi d’aller en inframonde,
Je ne reverrai point les jours de Germinal.

Je ne sais pas sortir de ce songe hivernal,
J’en parle au Créateur, mais sans qu’il me réponde ;
J’éprouve une douleur à nulle autre seconde,
Un sombre désespoir, un tourment infernal.

Un rimeur en veut faire un sonnet, c’est obscène,
Je suis bien dégoûté par cette oeuvre malsaine ;
Mais je ne vole plus, tout cela va finir.

J’ai regret du nectar, j’ai regret des caresses ;
Mais je ne pense pas que ça vous intéresse,
Je ne resterai pas dans votre souvenir.

Cochonfucius

Distillateur d’étang

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Le Sorcier Grenouille, un jour en Floride,
A plongé dans l’eau le soleil d’été ;
Monte la vapeur de ce monde humide
Et se refroidit sans trop s’agiter.

On ne garde point les dépôts solides,
La liqueur d’étang gagne en qualité ;
Il reste à trouver quelques tonneaux vides
Ayant contenu des jus fermentés.

Le Maître Grenouille en son écuelle
A versé sa part de boisson nouvelle ;
Alors, il pourra dîner aux flambeaux.

Une jeune ondine est là, sous son charme,
Ce sage penseur l’émeut jusqu’aux larmes ;
Son pouvoir est grand, son discours est beau.

Cochonfucius

Exosquelette

image de l’auteur

L’escargot de jardin, sur un mur endormi,
Progresse lentement dans l’onirique espace ;
Son rêve le transforme en animal fugace,
Capable d’échapper à tous ses ennemis.

Sa coquille l’abrite, et jamais ne frémit,
Ses jours coulent heureux dans ce petit palace ;
Le sombre cauchemar jamais ne le tracasse,
Morphée lui veut du bien, Hypnos est son ami.

Une muse lui parle en un songe, il l’écoute,
Elle veut éclairer son coeur de mécréant ;
Malgré ce beau discours, il conserve ses doutes.

La sirène pour lui quitte son Océan
Afin de disserter sur l’Être et le Néant ;
Mais l’escargot répond « Ça ne tient pas la route. »

Cochonfucius

Barde-blaireau

image de l’auteur

Ce petit carnivore aime les ritournelles,
Pour en imaginer son talent se déploie ;
Grâce aux bénédictions dont la Muse l’ondoie,
Il peut s’aventurer dans des terres nouvelles.

La poésie n’est pas sa langue naturelle,
Aussi, dans ses écrits, des lacunes se voient ;
Mais son coeur est présent dans les mots qu’il emploie,
Poursuivant son labeur auprès d’une chandelle.

Il n’usera jamais de phrases raffinées,
Il ne tracera point de lettre enluminée ;
Sobre il demeurera, telle est sa destinée.

Il n’abordera point l’horreur ni le mystère,
Il n’appliquera point de principes austères ;
Son modeste logis n’est pas un monastère.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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