Déclin d’Ysengrin

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Le grand loup prend de l’âge et son poil devient gris,
La louve le cajole et lui sourit encore ;
Il lance dans la nuit des appels moins sonores,
Mais de ses sentiments le flot n’est point tari.

Des saveurs de la vie il est toujours épris,
Et de celles surtout qu’en rêve l’on explore ;
Aussi, de ces sonnets qu’un rimeur élabore,
Même quand je lui dis qu’ils sont de peu de prix.

L’inframonde l’attend, qui de démons fourmille,
Je crois qu’il en fera sa nouvelle famille ;
Il espère trouver d’autres loups en enfer.

Lui qui ne fut jamais une bête rusée,
D’aucun forfait majeur n’est son âme accusée ;
Calme fut son automne, et calme est son hiver.

Cochonfucius

Voracité

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Mon appétit est grand, mon âme est affamée,
J’avalerais un boeuf, sans vouloir me vanter ;
Des bestiaux, cet endroit n’étant pas fréquenté,
La chose est utopique, et n’est pas programmée.

En mon corps cependant la fringale allumée
N’est certainement pas bonne pour ma santé ;
Des images d’orgie viennent mon coeur hanter,
Ce ne sont que vapeurs, ce ne sont que fumées.

Un gros boeuf bien rôti, quoi de plus savoureux ?
Il faut qu’il soit fort gras et plutôt vigoureux,
C’est alors qu’il est beau et que les gens l’admirent.

J’arrête d’en parler, cela me rendrait sot ;
Je m’en vais consommer les quelques bas morceaux
Que les hasards du temps dans mon assiette mirent.

Cochonfucius

Planète Trisolaris

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Nous gravitons autour de trois soleils ardents,
À nous désorienter la gravité s’active ;
Aussi nous n’avons point d’espérance fictive,
Ce système est atteint d’un désordre évident.

Nous cherchons le remède en un jeu transcendant,
C’est pour l’apaisement de nos âmes craintives ;
Nous voulons éviter la folie collective
Qui se propagerait même à nos descendants.

À nous quelques Terriens, semble-t-il, s’intéressent,
En termes bienveillants à nos chefs ils s”adressent ;
Dans de savants calculs nous nous sommes plongés.

Allons-nous donc chez eux nous rendre, en fin de compte ?
C’est un meilleur endroit, selon ce qu’ils racontent,
C’est un recours auquel nous n’avions pas songé.

Cochonfucius

Batraciens près de la Sorgue

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La grenouille à l’eau vive une eau calme préfère,
Elle dont la paresse est le moindre travers ;
Elle trône, immobile, en son bel habit vert,
Savourant le plaisir de n’avoir rien à faire.

L’amphibien ne vaut pas moins que le mammifère,
Lui qui, au long du jours, ne fait rien de pervers ;
Il anime la mare, il crée une atmosphère,
Il s’active en été, puis s’endort en hiver.

Ne dénigre donc pas la modeste grenouille,
Ne lui demande pas d’aller chanter ailleurs
Et ne l’accable pas de tes propos railleurs.

Avec aucun voisin cet être ne se brouille,
Son coeur n’est pas connu pour être batailleur ;
Aucun mauvais penchant sa pureté ne souille.

Cochonfucius

Humble amuseur

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C’est un bouffon modeste, il n’est pas envieux,
Tu ne le verras point se prendre pour un Prince ;
De tous ses jeux de mots, la matière est fort mince,
Car plus d’un à-peu-près fait l’affaire, à ses yeux.

Il eut quelque talent, mais il est un peu vieux,
D’ailleurs il est allé s’installer en province :
Il aime désormais se promener à pinces,
Et c’est pour traverser toujours les mêmes lieux.

Il profite, bien sûr, de ses petits voyages
Pour aller retrouver sa tavernière sage,
Elle lui verse alors un vin couleur de sang.

Il sait que ce n’est pas une bonne habitude,
Mais c’est quand même mieux que boire en solitude ;
Il sourit aux présents, mais il pense aux absents.

Cochonfucius

Ambassadeur en inframonde

Composition de l’auteur

Voilant la face d’ange, un masque d’or, qui luit,
Accrédite Michel en l’inframonde antique ;
Un empereur-démon, placide ou frénétique,
Attend, dans le sous-sol, pour parler avec lui.

Partout, dans les couloirs, de redoutables bruits,
Comme dans une ville aux turbulents portiques.
Les échos font trembler les voûtes granitiques,
Disant je ne sais quoi, dans l’éternelle nuit.

L’archange tremble un peu sous sa fringante armure,
Car cette expédition n’est pas dans sa nature :
Il aime les trajets qu’inonde le soleil.

Or, par pitié pour lui, les lunes souterraines
Déversent d’un seul coup leurs clartés souveraines :
Les diables, affligés, contemplent leurs orteils.

Cochonfucius

Celle qui m’a changé de vie

Toile de Pierre Auguste Renoir

Celle qui m’a changé de vie,
Je veux rester dans son regard,
Car ma vie d’errance est finie,
De solitude et de départs.
Notre jardin connaît nos coeurs,
C’est le but de nos seuls voyages,
C’est un ciel ouvert au vogueur
Quand l’amour fait rage.

Mon âme qui était flétrie
Et qui semblait d’un vieux routard
Ne s’endort plus dans les prairies,
Dans les temples, ni dans les bars ;
Bien sûr, j’ai cultivé des fleurs…
Mais j’aime mieux nos jardinages
De grands câlins et de bonheur
Quand l’amour fait rage.

Nous sommes deux anges qui prient,
Non pas au ciel, mais au plumard.
Nous sommes deux gamins qui rient,
Arrivant à l’école en r’tard…
Et plus rien ne nous fera peur :
J’ai mon courage et ton courage
Et ceux de tous les autres coeurs
Où l’amour fait rage.

Princesse, un pauvre chercheur
Maladroit de son langage
Te doit ce mot de valeur :
Que l’amour peut être rage.

Cochonfucius

Planète errante

image de l’auteur

Notre orbite s’égare en des dérives amples,
Comme marche un passant qui abusa du vin ;
S’il arrangeait cela, notre Horloger divin,
Nous récompenserions les prêtres en ses temples.

Un astre vagabond, c’est un mauvais exemple,
Cela rend déplaisants nos soirs et nos matins ;
Toi qui, dans ta sagesse, es Maître du Destin,
Ne peux-tu réparer le mal que tu contemples ?

Aurais-tu promulgué d’aléatoires lois ?
Nous qui fûmes toujours sujets de bon aloi,
Veuille prendre en pitié nos plaintes douloureuses.

Mais s’il nous faut périr, à la grâce de Dieu,
Tu laisseras filer la planète coureuse
Et nos restes mortels iront vers d’autres cieux.

Cochonfucius

Chien sous la lune

image de l’auteur

Marchant sous un nuage et sous la lune basse,
J’entends autour de moi les rumeurs de la nuit ;
L’étoile du Berger devers le Ponant luit,
Je savoure à loisir le goût du temps qui passe.

Nuage et lune sont des êtres peu loquaces,
Je découvre une piste et, pour voir, je la suis ;
Car c’est souvent ainsi que j’échappe à l’ennui,
Mais je n’attrape rien, n’étant point un rapace.

Qui dira les beautés de ce trottoir lunaire ?
Je ne saurais trouver de meilleur luminaire,
La surface éclairée devient une oeuvre d’art.

Aloysius m’observe en prenant quelques notes,
Je lui lèche la main, c’est un de mes vieux potes,
C’est un faiseur de vers, ce n’est pas un soudard.

Cochonfucius

Goupil cynique

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C’est un sage animal, le plus rusé qui soit,
Il dit qu’il peut tromper La Fontaine en personne ;
Ce qu’il ne sème point, souvent il le moissonne,
Il n’a pas mérité tous les biens qu’il reçoit

Le corbeau est fâché, sitôt qu’il l’aperçoit,
Lui qui n’a point pensé que la leçon fût bonne ;
Un tel oiseau n’est pas de ces gens qui pardonnent,
Car il vit dans un monde où c’est chacun pour soi.

Ne suivez donc jamais de ce goupil l’exemple,
Qui, comme un prédateur, ses victimes contemple ;
Ce n’est pas charitable et ce n’est pas bien beau.

Dans les fables, vraiment, ses fautes il peut lire,
Mais, malheureusement, ces textes le font rire ;
Le fabuliste aussi en rit, dans son tombeau.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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